En forme de femme


7 Commentaires

Course à obstacles

Il y a déjà 2 ans, mon mari, mon fils et moi déménagions dans les Basses-Laurentides. Pour ma part, il s’agissait d’un retour aux sources, littéralement, puisque nous avons fait l’achat de la maison dans laquelle j’ai grandi. Après 10 ans de vie urbaine, ce retour a été (et continue d’être) à la fois confortable et étrange. Tout m’est familier, ici, dans la maison comme aux alentours. Les virages se font naturellement, les petits raccourcis n’ont plus de secrets depuis longtemps, et la maison est remplie de souvenirs. Durant les premiers mois, par contre, j’avais l’impression d’être revenue à la case départ et d’être en voie de me fossiliser dans mon code postal natal. Je me suis rapidement rendue à l’évidence: on n’habite pas les lieux de la même manière lorsqu’on a 8, 20 ou 30 ans.

Un des principaux avantages qui se sont présentés à moi dès notre arrivée ici a évidemment été ma nouvelle piste de course. J’ai pu dire adieu aux trottoirs et aux feux de circulation pour accueillir les collines, les rues désertes et les sentiers. Le long des berges de la Rivière des Mille-Îles sur le territoire de la ville de Rosemère, on peut se balader sur trois sentiers d’environ un kilomètre chacun. Il s’agit de tronçons tout à fait charmants, d’autant que deux d’entre eux passent dans les marais et sont donc tracés par des ponts en bois.

Mercredi dernier, j’ai couru un peu plus au Nord dans un sentier aménagé (pavé et entretenu par la municipalité), mais qui donne tout de même l’occasion de se trouver sous l’ombre des arbres, dans l’air des bois et hors du contexte urbain ou résidentiel (j’avoue qu’à certains moments on pouvait entendre l’autoroute, mais rien pour briser le charme complètement). J’ai adoré l’expérience au point d’être soudainement hantée par un autre sentier, un vrai celui-là: dans la forêt et dans les montagnes. Une amie m’en a un jour montré l’accès près de chez elle, à Sainte-Anne-des-Lacs. Je ne m’étais pas résolue à l’essayer… jusqu’à aujourd’hui. Le plan indiquait 6 Km avec des répétitions de côtes, c’était une occasion rêvée.

Pour une première sortie en forêt, je n’ai pas choisi un parcours facile. Le sentier est défriché, mais il est étroit, parfois boueux et toujours jonché de racines et de roches (je crois comprendre qu’elles y sont mises intentionnellement pour décourager les véhicules motorisés). Et que dire des côtes? Il s’agit, grosso modo, d’un parcours qui monte et qui descend continuellement. Je n’étais peut-être pas préparée pour une telle course à obstacles, mais je suis sans aucun doute tombée amoureuse des sentiers en montagne. L’expérience est très différente de la course sur route: l’esprit est entièrement mobilisé, car les accidents de terrain sont de véritables dangers; l’allure est variable et dictée par le parcours, qui force à bifurquer, à sauter et à affronter des montées ou des descentes parfois spectaculaires. Voici le détail du dénivellé de ma sortie:

J’ai eu chaud! J’ai fait des pauses de marche lorsque le terrain était impraticable à la course, lorsque mon rythme cardiaque était aux sommets et aussi lorsqu’est venu le temps d’enjamber pour la deuxième fois un joli ruisseau. Le paysage était magnifique et l’air était bon, mes quadriceps et mes fessiers ont travaillé dur, comme tous les muscles stabilisateurs de mon corps d’ailleurs, et je suis même rentrée avec des trophées de sentier: des égratignures et des piqûres. Je présume que demain certains muscles dont j’ignorais l’existence se manifesteront. Et je pense bien que dans mon patelin où je croyais tout connaître, j’ai encore bien des chemins à découvrir.

Publicités