En forme de femme


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Inspire, expire

A breath mark

Image via Wikipedia

Respirer. On n’a pas besoin d’y penser parce que ça se fait tout seul. Ou presque.

Ma condition d’asthmatique m’a appris le contraire. Pour ceux qui ont la chance de n’avoir jamais vécu les crises d’asthme, sachez qu’elles donnent l’impression d’avoir la partie inférieure d’un sablier à la place des poumons: l’espace vide rétrécit peu à peu et menace de disparaître complètement. C’est inconfortable et paniquant.

J’ai appris à respirer vers l’âge de 18 ans. La mère d’une amie m’a enseigné une technique de respiration pour contrôler mes crises d’asthme et je dois dire que c’est grâce à elle si je ne traîne plus de bronchodilatateur dans mon sac à main et si je cours ainsi aujourd’hui. (Merci Raymonde!) Cette technique était toute simple. Je devais m’assoir bien droite, les pieds ancrés dans le sol et les mains sur les cuisses, inspirer par le nez durant deux secondes et expirer par la très petite ouverture formée par mes lèvres pincées jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’air dans mes poumons. Surtout, je devais me calmer.

Les premières fois, j’ai mis une bonne heure à reprendre mon souffle, mais avec le temps, j’ai réussi à contrôler mes crises plus rapidement. J’applique aujourd’hui cette technique à la course qui, même après plusieurs années, demeure un défi pour ma respiration. J’essaie de me concentrer sur ma posture (le regard vers l’horizon, le visage et les épaules détendus), de rythmer les inspirations et les expirations et surtout de rester calme. En général, j’expire plus que je n’inspire. Mon principe est que pour remplir les poumons, il faut d’abord les vider.

Avec le temps, j’ai compris que la force ou la vitesse importaient peu; c’est l’ampleur de la respiration qui compte véritablement. Plus elle est calme et plus elle est efficace. Lorsque l’effort s’intensifie, on a tendance à crisper et à retenir le souffle, alors que c’est précisément à ce moment qu’il faudrait se détendre et respirer profondément. Remarquez que certains prétendent que le 100 mètres gagne à être couru en apnée, et que la plupart des femmes qui accouchent font aussi la poussée en apnée.

Le yoga m’a aidée à bien coordonner mon effort avec ma respiration et surtout à traverser la difficulté calmement et rythmiquement. Lorsque mes quadriceps et mon tronc entier chauffent dans la posture de la chaise, dans le Revolving Crescent Lunge ou dans la posture de la chandelle, j’ai besoin de ma respiration pour gérer l’effort et pour occuper mon esprit (qui voudrait bien aller voir ailleurs s’il y est.) Courir sans musique a également amélioré l’ampleur de ma respiration et le contrôle de mon allure; j’attribue le succès de mes sorties tempo à cet abandon (peut-être définitif).

Je n’aurais jamais cru pouvoir dire une telle chose, mais il me semble aujourd’hui que ma faiblesse respiratoire est une bénédiction. Elle m’a obligée à travailler dur et à me mettre en accord avec une fonction vitale de mon corps. Qui sait si j’aurais compris l’importance d’inspirer et d’expirer autrement?

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