En forme de femme


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Pratiquer et communier contre la montre

Certains pensent qu’on entre dans la communauté des coureurs comme on entre en religion. Il faut bien avouer que le dieu Chronos fait la pluie et le beau temps parmi nous et que la longue course du dimanche est sacrée.

Il faut aussi dire qu’à l’occasion, on a le sentiment d’avoir perdu la foi.

On peut douter de soi, des commandements et des célébrations, on peut vouloir chercher un sens ou remettre en question celui qu’on avait élu, et on peut aussi avoir besoin de recul pour mesurer l’importance du culte.

Pour m’extraire du cul-de-sac vers lequel la rédaction de ma thèse m’avait conduite, j’ai reconfiguré mon horaire et minimisé les distractions durant quelques semaines. Certains changements ont porté fruit, d’autres semblent m’avoir privée d’habitudes chèrement acquises. L’entraînement, entre autres, a souffert. Il a d’abord stagné, il s’est ensuite engagé sur une pente descendante et finalement, je me suis retrouvée un matin à me demander, les yeux fixés sur mon plan d’entraînement, si j’avais encore envie de tout cela.

L’augmentation de mes heures de travail y est pour quelque chose, mais cette semaine, j’ai aussi compris que ma présence fantomatique sur DailyMile et ici même ne sert pas ma cause. Pratiquer ne me suffit plus, j’ai aussi besoin de communier.

Alors voilà, je brasse les cartes une nouvelle fois et je me remets au jeu.

Je sais depuis longtemps qu’en matière de sport, il vaut mieux agir que réfléchir, et c’est précisément pour cela qu’il est nécessaire à l’équilibre de mon quotidien.

Priez pour moi, pauvres pécheurs, car j’ai rendez-vous avec notre Dieu ce dimanche pour ma première compétition de la saison. Un 5K. Je vous raconterai tout, c’est promis.


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2012, version réaliste (et version idéale)

Tout le monde ne parle que de bilans et de résolutions depuis quelques jours. On ne saurait trop s’en étonner : le nouvel an est un passage symbolique qui nous incite à prendre du recul sur les événements passés et à imaginer toutes sortes de redressements pour l’avenir. Certains refusent de prendre des résolutions sous prétexte qu’ils ne les tiennent jamais, mais je continue de penser qu’elles m’aident à tirer de moi-même quelques bons coups chaque année, ne serait-ce qu’en me faisant espérer l’amélioration de quelques aspects de ma vie et la réalisation de projets excitants.

Je n’ai pas atteint tous mes objectifs de l’année 2011, mais je suis tout de même grandement satisfaite de ce qui a été accompli, surtout à l’entraînement.

1355 Km de course, soit une moyenne de 30 Km/semaine, et 68 heures de yoga, soit une moyenne de 1h30 par semaine. Je n’ai pas compilé les heures de musculation, mais j’y ai aussi consacré un temps respectable. Ma progression a été constante et je n’ai subi aucune blessure. Au-delà des chiffres, c’est déjà une belle réalisation.

Pour établir mes nouveaux objectifs, j’ai dû garder en tête un fait essentiel : 2012 est l’année durant laquelle j’espère finir d’écrire ma thèse. Il s’agit de la priorité. Je souhaite miser avant tout sur la constance, pour la rédaction et pour l’entraînement, et c’est autour de ce critère que j’ai pensé mes objectifs. Mon calendrier de compétitions n’est pas encore fixé, mais cela n’a guère d’importance à ce point-ci de l’année. Jusqu’à la fin du mois de mars, j’ai l’intention de travailler l’endurance fondamentale; pour les mois subséquents, les idées ne manquent pas. Aucun objectif de performance chrono ne m’appelle particulièrement, même si mon petit doigt me dit qu’en continuant de mettre un pied devant l’autre, je ne risque pas de régresser.

Mes objectifs pour cette année visent à améliorer ma forme en général. J’aimerais augmenter raisonnablement mon volume d’entraînement et porter une attention toute particulière à mon alimentation. Mon intérêt grandissant pour la nutrition m’exhorte à travailler l’application des principes, mais je sais que les changements se font un à la fois et petit à petit. Je suis patiente.

Concrètement, voici comment se traduisent mes objectifs :

  • Cumuler une moyenne de 40 Km de course par semaine;
  • Pratiquer le yoga 2 heures par semaine;
  • Fixer un objectif nutritionnel tous les mois.

Ces objectifs sont spécifiques, réalistes et peu contraignants. Ils répondent à un impératif de concentration (en opposition à la dispersion ou à la distraction) que réclame ma tâche de rédaction. Je compte courir pour méditer et me dépenser, pratiquer le yoga pour délier mon corps et mon esprit, et améliorer mes habitudes alimentaires pour donner à mon corps le carburant et le respect qu’il mérite. Tout cela, je l’espère, m’aidera à travailler et à en finir une fois pour toutes avec mes études universitaires.

Et peut-être que – je dis bien peut-être -, si tout va bien et que les astres sont parfaitement alignés à la fin de l’automne, je tenterai de courir mon deuxième marathon. (J’ai conscience de contredire en partie de ce que je me suis appliquée à écrire plus haut, mais voilà, je rêve d’un marathon comme d’autres rêvent de nouvelles bottes en cuir ou d’un voyage à la mer. Advienne que pourra, dirait ma mère. Je prendrai les mois, les kilomètres et les namaste un à la fois. )

Bonne année! Bonne santé!


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Le point sur janvier

calendrier
Image by strapontins via Flickr

Février est à nos portes, déjà. Avant de mettre les pieds dedans, je crois qu’il est important de faire le point sur janvier. Au début du mois, je me mettais au défi de prendre conscience de mes besoins en liquides et d’installer dans ma routine quotidienne des habitudes favorables à répondre à ces besoins. C’est sans gêne que j’avoue n’avoir relevé le défi que partiellement. Si ma consommation d’eau s’est sans contredit améliorée, elle est encore inégale et insuffisante.

Lundi matin, devant l’évidence de ma difficulté à relever ce défi pourtant simple, j’ai décidé de tenir un « journal des boissons », qui n’était en vérité qu’un bout de papier sur mon bureau. J’ai pensé que de cette manière, je pourrais comprendre ce qui me posait des difficultés et ainsi trouver des solutions. Voici les résultats :

Jour Café Déca Eau Alcool
Lundi 2 1 8
Mardi 2 2
Mercredi 2 6
Jeudi 1 1 4
Vendredi 3 1 5
Samedi 3 4 2
Dimanche 1 1 2

Au moment où j’écris ces lignes, il n’est que 14h, alors la journée de dimanche n’est pas encore perdue. Le problème est surtout la journée de mardi, que j’ai passé à l’extérieur de la maison. Le va-et-vient entre le bureau, la bibliothèque et les réunions est un important obstacle à ma consommation de liquides en général et d’eau en particulier. Au cours des semaines à venir, il me faudra donc porter une attention particulière aux jours où je travaille à l’extérieur.

Peut-être trouvez-vous que mes statistiques sont plutôt bonnes, pour quelqu’un qui prétend avoir échoué. C’est là l’intérêt de la chose : tenir ce « journal » m’a non seulement donné un moyen concret de mesurer ma consommation d’eau, mais m’a aussi encouragé à en boire davantage. La journée de mardi appuie ce constat : en plus de travailler dans un contexte différent, je n’avais pas le bout de papier sous les yeux pour me rappeler, à 16h, que je n’avais pas encore bu un seul verre d’eau de la journée.

Je pense bien me servir de ce petit astuce encore une semaine, pour voir si il continue de me déjouer aussi habilement.

La première phase de mon programme d’entraînement pour le demi marathon d’Ottawa prend aussi fin aujourd’hui. Il s’agissait avant tout des premiers pas vers une base stable sur laquelle je travaillerai plus intensément le moment venu. J’ai complété toutes les courses au programme et ajouté parfois  du travail au centre (core work) et des courtes séances de yoga. J’ai pris le temps de m’étirer après chacunes de mes courses et j’ai fait la routine de stretching tous les dimanche. Tout cela me fait sentir satisfaite et calme, surtout que mon travail a été particulièrement productif et ma vie familliale généreusement remplie. J’accueille donc février à bras ouverts, en espérant qu’il m’en donnera autant que janvier.

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Le temps qu’il faudra

Demain, 3 janvier 2011, nous reviendrons tous à nos moutons. Boulot, garderie, école, tout rentrera dans l’ordre. Mais quel ordre, au fait? Le brouhaha du temps des fêtes nous a étourdis, et rien ne dit que nous voulons reprendre les choses telles qu’elles étaient.

Durant les dernières semaines de décembre, un de nos bons amis s’est battu pour sa vie aux soins intensifs de l’hôpital Sacré-Coeur, à la suite d’une crise de diabète aiguë. Je vous épargne la leçon de vie. Durant ces mêmes semaines, nous avons eu la chance de recevoir et de visiter quatre couples d’amis qui nous sont chers, mais que nous voyons assez peu finalement, avec lesquels nous avons passé de très agréables soirées.

Pour aller droit au but, je dirai que la période des fêtes a été une sorte de wake-up call sur la valeur et l’importance des moments passés entre amis. On s’entend souvent dire qu’avec nos « vrais » amis, on n’a pas besoin de se voir souvent, que tout est là et survit malgré la distance et le temps. C’est vrai. Mais on oublie que le temps passé avec eux est du temps de détente et de partage.

J’ai déjà dit que je prenais des résolutions pour l’année 2011. C’est maintenant le moment de les partager. En vrac:

(1) Suivre le plan d’entraînement pour le demi-marathon jusqu’au 29 mai et  en préparer un autre ensuite, idéalement pour Philadelphie (en novembre);

(2) Entretenir mes amitiés de manière plus soutenue (et pas seulement dans le monde virtuel);

(3) Embrasser tout le temps dont je dispose, plutôt que de regretter le temps imaginaire dont j’ai toujours l’impression d’être dépossédée. En principe, cela constitue surtout un changement d’attitude, mais concrètement, cela revient à mieux planifier et à mieux gérer mon temps;

(4) Travailler à la santé financière de notre famille au meilleur de mes connaissances et de mes capacités;

(5) Désencombrer et organiser toutes les pièces de la maison pour en faire un meilleur environnement;

(6) Recevoir ce que les gens autour de moi ont à m’apprendre, à commencer par mon enfant;

(7) Ne cumuler aucun frais de retard à la bibliothèque (personne au monde n’échoue plus lamentablement que moi à cette simple tâche).

J’ai déjà pensé aux moyens concrets nécessaires à la réalisation de la plupart de ces résolutions. Pour les autres, plus « intérieures », je tâcherai de me les rappeler souvent. Rien ne presse, 363 jours sont encore devant moi. D’une manière ou d’une autre, ces résolutions impliquent toutes un solide ancrage dans le présent. Elles se réalisent dans le temps, à condition, justement, qu’on habite ce temps.