En forme de femme


20 Commentaires

Compétition: 5K Banque Scotia (17 avril 2011)

Une nouvelle médaille pour ma modeste collection: j’ai complété le 5K Banque Scotia ce matin en 28 minutes 56 secondes.

Je n’aurais pu prévoir l’agréable tournure des événements ni ce chrono satisfaisant. Hier, j’étais un peu grognonne. On annonçait de la pluie et de grands vents, je traînais un mal de tête et j’avais aussi mal à la jambe droite. Un accident idiot a eu lieu dans l’avant-midi: en sortant mon fils de son siège de bébé, mon vélo a glissé et m’a écorché le tibia dans sa chute. J’ai clopiné durant une bonne heure, frustrée qu’une chose aussi bête arrive la veille d’une compétition.

Pour être tout à fait honnête, c’est surtout la météo qui me rebutait. Se lever à 6h un dimanche matin pour aller courir à l’autre bout de la ville sous la pluie et contre des vents qui souffent à plus de 30Km/h? Vraiment? On était pourtant 967 au rendez-vous, sans compter les 2162 participants du 21K.

J’ai mal dormi et lorsque le cadran a sonné, il était trop tôt à mon goût. Heureusement que mon mari avait décidé de venir m’encourager avec notre fils et qu’il était, lui, très motivé. Comme ces jours où je n’ai pas envie de sortir, j’ai simplement mis mon corps et mon esprit en mode automate. Douche, déjeuner, café, effets personnels, déni de ce qu’il y a de l’autre côté de la fenêtre. À partir de là, tout a été sur des roulettes.

J’ai eu la chance d’être invitée à participer à cette course en tant que membre de l’équipe « Team media ». Tous les journalistes de l’équipe se disputaient deux prix de 1000$, destinés à un organisme de charité de leur choix. Trois prix de 250$ seront également tirés au sort parmi les moins rapides, j’ai donc encore la chance de contribuer à une cause qui me tient à coeur. J’ai choisi de courir pour le Refuge pour les femmes de l’Ouest de l’Île, qui aide les femmes victimes de violence conjugale. Je vous tiens au courant de l’issue de cette pige.

En plus de me permettre de courir pour une bonne cause, faire partie de l’équipe des médias m’a donné la chance d’avoir un traitement VIP. Il y avait une salle réservée à l’équipe, du café, des muffins et une salle de toilettes sans file d’attente. Une chance en or, si vous voulez savoir, parce qu’il y avait toute une foule massée au Complexe aquatique du Parc Jean-Drapeau.

J’étais un peu nerveuse en me dirigeant vers le départ. Mon objectif était de terminer en 30 minutes, c’est-à-dire de tenir une allure de 6 min/Km. Il s’agissait d’un objectif prudent et sans véritable ambition, en raison de ma récente douleur au genou gauche. Ce n’était tout simplement pas le moment de jouer l’héroïne. La compétition qui m’occupe depuis janvier est un demi marathon; il aura lieu le 29 mai et j’ai l’intention d’être à mon meilleur à ce moment-là. J’ai donc fait un échauffement d’environ 8 minutes et, au coup de fusil, déjà bien mouillée, je me suis lancée avec confiance sur le parcours.

Je ne m’étais pas avancée très près de la ligne de départ parce que je n’aime pas le mouvement de foule au début d’une compétition. J’avais mal prévu le coup, cependant (j’aurais dû regarder autour de moi): j’étais au beau millieu des marcheurs. Les premiers 250 mètres ont donc été joggés en zig-zag pour les dépasser. Une excellente chose, en définitive, parce que cela m’a évité de partir trop rapidement. Ce premier vingtième de la course a donné le ton, puisque tout au long des 5 Km, je n’ai fait que dépasser les participants devant moi.

J’avais une stratégie en tête et c’est celle qui me réussit le mieux jusqu’ici: accélérer progressivement et prudemment. Ma machine prend un peu de temps à tourner bien rond, alors l’allure constante n’est pas la meilleure option dans mon cas. Cela s’est donc déroulé comme suit: 6′06″; 6′00″; 5′50″; 5′32″; 5′10″. (Pour les initiés: mon allure tempo est entre 6′00″ et 6′20″ et mon allure d’endurance active est autour de 5′40″.)

Si je suis heureuse de ma « performance », c’est moins parce que j’ai dépassé mon objectif que parce que je l’ai fait sans tout donner. C’était le plan, après tout, de ne pas brutaliser mes jambes. J’ai avant tout cherché à maintenir une bonne forme et à tester ma zone de contrôle en contexte de compétition. Dans le meilleur des mondes, je transposerais les 5 Km que j’ai couru ce matin à la fin de mon demi marathon à Ottawa. On verra.

Voulez-vous savoir la meilleure? J’ai trouvé que les conditions météorologiques d’aujourd’hui étaient parfaites pour une compétition. Cela m’a fait penser à mon marathon à Philadelphie en 2007: une petite pluie, un vent frais, pas de soleil pour éblouir et une sorte de calme dans la couleur du ciel. Les coureurs du demi marathon sont ceux qui ont livré le véritable combat, puisque c’est contre eux que le vent s’est levé.

Et si vous voulez rire, je peux aussi vous parler de la performance de mon mari. Il ne m’a pas entendu, semble-t-il, lui préciser que le parcours du 5 Km finissait où il commençait. Pour ne rien manquer de ma glorieuse arrivée, il s’est donc lancé à la recherche de la fin du parcours dès le coup de fusil. On plaidera ici le demi sommeil, parce que c’est tout simplement trop drôle pour être vrai. À la suite des participants, il s’est lancé sur le parcours avec notre petit dans la poussette, pensant qu’il verrait éventuellement où se terminait la course.

Le petit s’est endormi rapidement. Le grand, lui, cherchait la ligne d’arrivée. Il a vu les marqueurs passer les uns après les autres, 1 Km, 2 Km, 3 Km, 4 Km… et c’est à ce moment (oui, à ce moment seulement!) qu’il a compris qu’il ne verrait pas la ligne d’arrivée avant de l’avoir franchie lui-même. Il m’a dit qu’il avait dépassé des participants tout au long du parcours et qu’il marchait d’un bon pas. À l’arrivée, il a passé dans l’entonnoir avec les autres, mais il n’a pas reçu de médaille. Il a marché tout le parcours!

J’étais déçue de ne pas le voir à mon arrivée, surtout que je sais combien ça lui fait plaisir de me voir réussir une course. Sur le coup, j’ai pensé que quelque chose avait cloché avec le petit, mais quand j’ai appris l’histoire (j’étais déjà changée, réchauffée et j’avais un café à la main),  j’ai ri de bon coeur. C’est tellement lui.

Bravo à tous ceux qui étaient au Parc Jean-Drapeau aujourd’hui et à ceux qui ont couru à Nice aussi. Nos yeux seront rivés sur le Marathon de Boston demain!