En forme de femme


3 Commentaires

Simplicité

Le ciel du Québec nous est tombé sur la tête en textures variables toute la journée de vendredi. La pluie, la pluie verglaçante, la grêle et la neige s’alternaient dans le désordre complet, comme si Dame Nature n’était vraiment plus sûre de rien. Dès mon réveil, samedi matin,  j’ai jonglé avec l’idée de faire ma petite course de 5 Km en salle, bien au sec et sur la surface plus-que-parfaite du tapis roulant. J’allais prendre place dans la voiture pour m’exécuter, vers 21 heures, quand j’ai finalement décidé de faire cette sortie à l’air frais. Le temps était doux et la soirée calme, tant pis pour l’hiver qui ne donne pas de répit.

J’aurais manqué tout un spectacle, si j’avais ignoré mon élan de dernière minute. Mon cartier est à l’ombre de grands arbres matures qui, après avoir été recouverts de glace et de neige, formaient dans le soir un paysage féérique. J’ai couru le long de la rue principale au milieu des branches de cristal et des conifères pleureurs, tout simplement heureuse d’être là où j’étais.

Ma montre GPS s’est éteinte avec sa pile avant que je n’atteigne 500 mètres. J’ai d’abord été irritée par ce détail, mais je me suis rapidement ravisée : même si je ne pourrais tirer de cette course aucune donnée précise sur la distance, le temps, mes fréquences cardiaques ou mon allure, et même si elle ne laisserait dans ma montre et dans mon ordinateur aucune trace, je savais déjà qu’elle serait mémorable. Le souvenir d’un moment d’enchantement vaut parfois la peine d’être cueilli en toute simplicité.

C’est d’ailleurs sous le signe de la simplicité que progresse l’ensemble de mon entraînement depuis le début de l’année. J’arrive à la fin du premier tiers de mon programme d’hiver, dont l’objectif est d’élever mon kilométrage hebdomadaire à 40 Km/semaine. L’endurance fondamentale est ma seule préoccupation. Le travail en intensité ne me manque pas, même que j’apprécie tout particulièrement de n’avoir que la distance comme contrainte dans les conditions hivernales qui sont les nôtres. Je roule mes kilomètres et j’avance, tout simplement.

Même scénario sur mon tapis. Le studio de yoga que je fréquentais depuis l’été a fermé ses portes après Noël, j’ai donc profité d’une promotion pour me procurer un abonnement annuel illimité au site Yogadownload.com. Pour moins de 60$, je peux maintenant télécharger toutes les pratiques de yoga offertes, choisir celle qui sied à mon humeur et à ma forme du jour, et dérouler mon tapis à la maison, à l’heure qui me convient et pour une durée que j’ai choisie. Cela veut peut-être dire que là où je pourrais repousser mes limites en classe, je m’en tiens à ce qui est plus confortable, mais je vis bien avec cette paresse relative, qui me semble saine périodiquement. Nul besoin de me dépasser 365 jours par année. Je reconnais la valeur des choses faites sans exploits.

Pendant que je travaille ainsi mon endurance fondamentale, il me semble tout naturel de rechercher un état d’esprit plus posé, à l’écart de l’énergie explosive qui accompagne la préparation à une performance. Qui sait? Peut-être cet état d’esprit, une fois atteint ici, débordera là, dans d’autres sphères de ma vie. J’y crois.

« Our life is frittered away by detail. […] Simplify, simplify, simplify! » – Henry David Thoreau, Walden

Publicités


6 Commentaires

Et je courais, je courais

Le petit nous a fait la vie dure samedi en entier. Cette nuit, il a peu dormi. Je me suis réveillée en peignoir dans son lit d’enfant, les jambes pliées n’importe comment et comme raides de n’avoir pu s’étirer des heures durant. J’ai dû tomber de sommeil près de lui en essayant de le rendormir.

La maison était fraîche et le ciel gris. Le café m’a à peine ranimée. Les huit kilomètres sur mon plan d’entraînement me paraissaient déjà longs et la simple idée de me jeter dans le froid avec un corps fatigué me faisait espérer que la journée s’efface du calendrier par un miraculeux tour de Terre.

Le temps était clément, pourtant. Je me suis habillée tranquillement, mécaniquement. À trop penser on oublie de bouger.

Je savais déjà qu’aucune guitare électrique ne saurait meubler mon petit voyage solitaire, que les motifs mélodiques accrocheurs et les coups de cymbales irriteraient mon esprit vaseux. Un seul refrain cynique m’aurait achevée. J’avais besoin pour déjeuner d’une tartine et de beauté.

La voix de Dietrich Fischer-Dieskau et la touche de Gerald Moore m’ont portée le long de huit kilomètres à la fois apaisants et toniques. Winterreise de Franz Schubert. Voyage d’hiver.

Alors que j’écoutais Die Post et que les « Mein Herz » paraissaient chantés rien que pour moi, les flocons sont apparus. Ils ne tombaient pas, ils papillonnaient. Dodus, je pouvais presque en voir les détails.

Et pendant que Dietrich Fischer-Dieskau me racontait l’histoire du courrier qui ne parvient pas au cœur malheureux, je revoyais les premières pages de Rusty Brown, une bande dessinée signée Chris Ware, qui prend les flocons de neige uniques et éphémères comme métaphore de la solitude.

J’aurais voulu réunir toute cette beauté en un seul moment que je n’aurais pu. Et je courais, je courais.

Die Post

Von der Strasse her ein Posthorn klingt.

Was hat es, dass es so hoch aufspringt,

Mein Herz?

Die Post bringt keinen Brief für dich.

Was drängst du denn so wunderlich,

Mein Herz?

Nun ja, die Post kömmt aus der Stadt,

Wo ich ein liebes Liebchen hatt’,

Mein Herz!

Willst wohl einmal hinübersehn

Und fragen, wie es dort mag gehn,

Mein Herz?

Résumé en français: Le cœur frémit lorsque sonne le cor du postillon. Et pourtant le malheureux sait bien qu’aucune lettre ne saurait l’atteindre, mais l’espérance ne veut pas encore mourir.

Le texte est de Wilhelm Müller, tel que fournit dans le livret d’enregistrement de 1972 chez Deutsche Grammophon.


4 Commentaires

Fêtes, famille et féérie

Le temps des Fêtes nous donne chaque année l’occasion de nous réunir en famille pour jouir des plaisirs de l’abondance. C’est le temps des excès et des traditions, des bilans et des résolutions, et si vos fêtes de Noël ressemblent aux miennes, elles sont toujours sensiblement pareilles, à quelques détails près. Les petits grandissent, les plus vieux se découvrent des bobos, une cousine présente son copain, la tante untel essaie une nouvelle recette de bûche, mais en fin de compte, c’est toujours le même rituel des embrassades, des échanges de cadeau et des repas copieux. À la famille on greffe ou on ampute des membres, et c’est ainsi que joie et chagrin s’entremêlent pendant quelques jours (et pour les plus chanceux quelques semaines) de congé.

Durant les années que je passai à travailler dans des boutiques de centre d’achat, de 9h à 22h, pour des dizaines de jour avant Noël, et que j’endurai la période des soldes et celle, encore plus déprimante, des remboursements, les Fêtes ne parvinrent jamais à rimer avec congé et encore moins avec les plaisirs de l’abondance. Je ne vis à cette époque que la face marchande de Noël, avec son stress et sa part d’absurdité. Depuis que je n’ai plus rien à voir avec les boutiques, mon regard a complètement changé. J’apprécie pleinement le plein-air (hé hé) et je profite enfin du bon temps en famille. Avec notre petit qui aura bientôt trois ans, l’allégresse n’en est que décuplée; elle est même plus simple et naïve que jamais. Et c’est très bien ainsi.

J’avais l’intention de profiter des Fêtes pour faire le point sur 2011 et planifier l’année qui vient. J’ai plusieurs projets en tête et certains d’entre eux entrent en conflit; je devrai donc déterminer mes priorités et établir un plan d’action. La tâche est ardue, d’autant que j’ai le sentiment d’avoir réussi à « décrocher » complètement cette année. Lorsqu’on est en vacances, nos occupations régulières paraissent soudainement insignifiantes… À mi-chemin de ma pause annuelle d’entraînement, je suis loin de ronger mon frein comme je le craignais; je me surprends même à apprécier le relâchement de mes activités et l’absence de structure des jours. Sommes-nous mardi ou mercredi, déjà?

Je ne m’ennuie pas. En plus de butiner les réunions familiales et les buffets bien garnis, mon mari et moi avons passé un après-midi au Spa, quelques soirées à rassembler les 1000 morceaux d’un casse-tête, quelques autres à regarder avec fascination tous les DVD du grand documentaire Planète Terre et d’autres encore à nous tordre de rire, un verre à la main, devant It’s Always Sunny in Philadelphia. Avec le petit, nous sortons tous les jours prendre l’air, deux fois plutôt qu’une la plupart du temps. Marche en sentiers, bataille de balles de neige, course de traîneau dans les rues, bonhomme de neige, nous épuisons le répertoire des activités hivernales avec le plus grand bonheur.

Notre meilleur coup jusqu’ici a certainement été notre promenade de la veillée de Noël. La température est descendue autour de 20 degrés sous zéro ce jour-là, et à peine avions-nous fini de souper qu’il faisait déjà très noir. Les rues étaient désertes. Tout le monde était au chaud dans les maisons. Nous avons mis le petit dans le Babyjogger, bien emmitouflé dans son habit de neige et tous ses accessoires. Nous avons mis nos combines et fait deux tours avec nos foulards. Nous avons eu tant de plaisir à discuter dans le grand froid sur les chemins vides mais éclairés par les jolies lumières multicolores que nous avons décidé d’en faire une tradition. Cela et le casse-tête aussi.

J’ai encore le temps de penser à tout ce que j’ai l’intention d’accomplir en 2012. En attendant, je profite des dernières journées que 2011 a encore à m’offrir.

Meilleurs vœux de santé à vous, chers lecteurs. Que la joie s’accroche à vos souliers pour toute l’année.


6 Commentaires

Une simulation

L’idée de simuler une compétition de 10 Km m’est venue il y a 6 semaines, alors que je me demandais quoi faire de ce qu’il restait d’automne avant mon repos annuel.

Après de longs mois à me préparer pour le demi-marathon d’Ottawa et pour le demi-marathon de Montréal, j’ai été séduite par le programme court qui m’a mené au 5 Km du Parc La Fontaine et au 10 Km du Parc national d’Oka. C’est la compétition d’Oka qui m’a fait rêver : en franchissant les 10 Km en 60 minutes 14 secondes, je me suis mise à imaginer descendre sous la barre des 60 minutes. Il me semblait possible d’y croire puisque j’avais pris ce départ tranquillement et qu’à la fin, j’avais eu assez d’énergie pour sprinter, ce qui me laissait croire que j’avais encore du carburant en arrivant. J’ai épluché la fin du calendrier 2011 sur courir.org et j’ai dû me rendre à l’évidence : les compétitions se font rares en saison froide, à moins de pouvoir voyager. Il me faudrait attendre jusqu’au printemps pour tenter ma chance.

À moins que… j’organise une compétition « maison ».

Pour courir 10 Km sous les 6’00’’/Km, j’ai élaboré un programme de 6 semaines à partir d’un plan tiré de la revue Canadian Running. Mon intention était d’abord d’ajouter de l’intensité à mes entraînements. J’ai choisi de maintenir mon kilométrage hebdomadaire à environ 30 Km/semaine, pour intégrer sans risque deux séances d’entraînement fractionné (intervals). J’aime beaucoup la longue course du dimanche, mais je l’ai troquée facilement pour des séances de vitesse; lorsqu’on alterne des segments rapides et des segments de récupération, le temps passe en flèche. J’ai aussi décidé de mieux structurer la musculation, c’est-à-dire de la faire plus régulièrement. Même si j’adore faire de la musculation, il m’arrive souvent de la sacrifier si je dois choisir entre elle et une pratique de yoga. C’est comme ça. On ne peut pas toujours tout faire.

Six semaines plus tard, après avoir complété quasi religieusement mon programme, je me suis retrouvée (c’était hier) à douter. En ce sens, on peut dire que la simulation était réussie. Mercredi, j’ai couru avec 3 copines de DailyMile plus vite que je n’aurais dû et ces 6 Km de plaisir amical au Jardin Botanique m’ont parus bien difficiles à 6’30’’/Km. Courir 10 Km à moins de 6’00’’/Km me semblait tout à coup trop ambitieux. Et puis il y avait mon sommeil, difficile et court depuis deux mois, mon hydratation douteuse depuis des semaines, et aussi cette deuxième bière que je venais de m’enfiler, à 23h30, en cuisinant de la pâtisserie pour mes cadeaux de Noël. Ce n’était pas les dispositions idéales pour tenter de faire un record personnel sur une distance de 10 Km.

Quand j’y pense maintenant, je me demande si je ne m’inventais pas des excuses pour ne pas tenter le coup, ou si je ne programmais pas la défaite à l’avance – la psychologie humaine peut être bien étrange. Heureusement, le corps est parfois plus malin que la tête, et je me suis réveillée en forme dans ce qui s’annonçait déjà une magnifique journée ensoleillée. J’aurais pu plaider ceci ou cela pour me soustraire à ce projet, qui de toute façon m’appartenait entièrement et pour lequel je n’étais liée par aucun engagement, mais j’aurais eu du mal à me convaincre de l’honnêteté de ce désistement. Impossible de réussir sans essayer.

Je suis sortie avec mon attirail d’hiver, une gourde, un Gu et le iPod. Je me suis dit : « On verra comment ça va ». Après un kilomètre d’échauffement en direction de la piste cyclable, j’ai décidé d’essayer. Un clic sur ma montre GPS et c’était parti. J’ai choisi la piste cyclable parce que sa surface est parfaite et que son parcours est plat et sécuritaire; peu de voitures la traversent et très peu de cyclistes l’occupent. D’un bout à l’autre, elle fait exactement 3,5 Km. Pour m’en tenir à cette piste, il me faudrait donc faire des demi-tours.

Les 6 premiers kilomètres se sont enchaînés sans problème. La musique me divertissait et j’étais dans le vide habituel de mon esprit. J’ai franchi le premier kilomètre en 6’15’’, le second en 6’10’’, le troisième en 6’03’’ et puis j’ai trouvé mon rythme au quatrième kilomètre : 5’56’’. C’est celui que j’ai maintenu jusqu’à la fin, sauf qu’à partir du sixième kilomètre, il était de plus en plus difficile à tenir. Au terme de ce sixième kilomètre, toutes les variations du verbe « abandonner » se sont présentées à mon esprit avec une créativité effrayante. J’avais plus de la moitié derrière moi, mais j’avais aussi presque la moitié encore devant. Là, j’ai su que la bataille serait avant tout mentale et qu’il me faudrait garder le cap. Tenter un record personnel sans l’adrénaline de la compétition et l’euphorie d’un événement organisé, ça ne peut pas être donné tout cru dans le bec.

Outre la disqualification systématique des chansons qui ne contribuaient pas directement à ma performance, ma principale préoccupation, à partir de ce moment-là et jusqu’à la fin de cette course, a été l’économie d’énergie. Je ne pensais qu’à détendre mes épaules, mes mains et mon visage, et je m’assurais de la régularité de mon pas et de ma respiration. Dès que mon cerveau générait le début d’une idée, je la repoussais pour me concentrer sur le mouvement de mes jambes ou sur mon expiration. Je vérifiais périodiquement mon allure sur ma montre GPS pour m’assurer que je ne m’emballais pas (ce que je faisais à l’occasion, évidemment).

Le huitième kilomètre a été le plus difficile parce que mes jambes étaient fatiguées et que je devais déployer beaucoup d’énergie mentale afin de ne pas me laisser décourager par les kilomètres qu’il me restait à parcourir. Le neuvième a été celui de l’espoir (la fin était proche), tandis que le dixième a été celui de la souffrance. Je dis souffrance parce que si je n’avais pas eu un objectif en tête, j’aurais arrêté ou ralenti. J’étais épuisée et chaque pas était une offense au bon sens. Mais cette souffrance n’était pas idiote. Elle avait un sens et, étrangement, faisait du bien. J’ai poussé jusqu’au bout et je n’ai jamais abandonné, et c’est de cela dont je suis le plus fière.

Et aussi des 59 minutes 30 secondes qu’affichait ma montre lorsque j’ai atteint le dernier mètre de 10 000.

C’est ainsi que se termine ma saison 2011, c’est-à-dire merveilleusement. Je prends deux semaines de congé et elles sont bien méritées.


5 Commentaires

Hiver, non merci

A Wild Cherry (Prunus avium) in flower.

Image via Wikipedia

Chaque année, vers la première semaine de mars, un consensus s’établit implicitement dans l’esprit des habitants de notre blanc pays: c’est assez. Quelques journées au vent de printemps suffisent à sceller le pacte, et à partir de ce moment précis, chaque flocon qui tombe est de trop, chaque coup de pelle entre dans un savant calcul de mauvaise humeur. Lorsqu’il fait sous zéro, la patience et la courtoisie disparaissent de l’univers, la bras tombent et les sourires s’effacent. On n’en peut plus, simplement. On veut le printemps.

On rêve de chaleur, de soleil, de la peau à l’air libre.

L’alternance des journées d’hiver et de celles qui augurent la saison des amours me paraît toujours la pire des tortures. Je ne parviens pas tout à fait à me lancer dans l’esprit gai et léger du printemps. Je suis méfiante, parce qu’une année sur deux au mois de mars, une tempête de neige s’abat sur mes rêves de tulipes et de bourgeons.

Quelque chose comme un principe d’accumulation est aussi en cause. Il faut dire que tout l’hiver, je tiens le coup sans me plaindre et je me vêts de bonne attitude. Manteau chaud, sports d’hiver, regard bucolique sur le paysage, etc. Mais cela ne peut durer éternellement. On a beau être en paix avec l’hiver de son pays, on sent aussi que le printemps et l’été, on y a droit.

Je néglige toutefois les raisons biologiques derrière (on me pardonnera l’expression) cette « écoeurantite aiguë ». Plusieurs études ont en effet montré l’existence de la « déprime hivernale », indésirable visiteuse de l’hiver sur son déclin, qui s’invite et colle chez les nordiques jusqu’au printemps. Les spécialistes la rangent parmi les troubles affectifs saisonniers (Seasonal Affective Disorder ou SAD) et la décrivent comme une version atténuée de la dépression saisonnière.

La déprime hivernale et la dépression saisonnière sont liées à la diminution dramatique de la luminosité durant l’automne et l’hiver.

Durant cette période, les journées sont courtes et la luminosité moins intense. Celle-ci passerait de 100 000 lux (unité de mesure de la luminosité) les jours d’été ensoleillés à parfois aussi peu que 2 000 lux les jours d’hiver. […]

En effet, la lumière joue un rôle important dans la régulation de l’horloge biologique interne. Cette « horloge » contrôle plusieurs fonctions du corps suivant des rythmes bien précis, comme les cycles d’éveil et de sommeil et la sécrétion de diverses hormones selon l’heure du jour.

Par exemple, après avoir pénétré dans l’oeil, les rayons lumineux se transforment en signaux électriques qui, envoyés au cerveau, agissent sur les neurotransmetteurs. Un de ceux-ci, la sérotonine, souvent appelée « l’hormone du bonheur », régularise l’humeur et gouverne la production de la mélatonine, une autre hormone responsable des cycles éveil-sommeil. La sécrétion de mélatonine est inhibée durant le jour et stimulée durant la nuit. Les dérèglements hormonaux causés par un manque de lumière peuvent être suffisamment importants pour générer des symptômes de dépression.

Source

Les principaux symptômes de la déprime hivernale sont le manque d’énergie et l’humeur fragile, mais ceux qui sont plus sensibles à ces variations peuvent ressentir de la détresse, de l’angoisse, manifester de l’irritabilité ou même de la colère. Certains souffrent d’insomnie ou au contraire ont tendance à trop dormir, sans toutefois se sentir reposés. La tendance à consommer une mauvaise alimentation serait aussi un des symptômes identifiés.

Environ 18% des canadiens souffriraient de déprime hivernale et entre 3 et 10 % de dépression saisonnière. Les femmes seraient plus touchées dans une proportion de 3 sur 4. Il existe des traitements médicaux contre la dépression saisonnière: la luminothérapie, la psychothérapie et les antidépresseurs. Dans la plupart des cas de déprime hivernale, un ensemble de mesures préventives permettent de diminuer les symptômes.

  • Une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, en oméga-3 et en fer;
  • L’exercice physique, surtout s’il est pratiqué à l’extérieur;
  • L’exposition à la lumière.

Voici donc mes sept conseils chanceux pour lutter contre la déprime hivernale du mois de mars, en attendant l’arrivée du printemps (celui de la météo, parce que celui du calendrier est trop optimiste):

  1. Résister à la tentation de sauter un repas, de le faire livrer, de l’acheter à un comptoir et même de se le faire servir au restaurant. Si quelqu’un d’autre (ou pire, une machine) l’a préparé, il contient probablement trop peu de vitamines et autres guérisseurs de la nature (sans parler du gras, du sel et des sucres).
  2. Tous les jours, manger un fruit dans l’avant-midi et boire un petit verre de jus de légumes (à faible teneur en sel) l’après-midi.
  3. Ajouter un repas de poisson à la planification des repas de la semaine.
  4. Choisir des activités physiques extérieures, si possible. En famille, entre amis, pour le plaisir seulement.
  5. Sortir quelques arrêts de bus avant d’être arrivé au bureau ou à la maison. Marcher pour aller chercher la pinte de lait (salutations à Pierre, qui m’a inspiré celle-là!)
  6. Prendre la pause café dehors, même si ce n’est que pour 5 ou 10 minutes.
  7. À la maison et au bureau, se tenir près des fenêtres autant que possible.

En espérant que la magnifique journée d’aujourd’hui a été l’occasion de faire le plein de lumière, je vous dis en chantant sur un air gai: Quelques semaines avant le doux printemps… la la la… la la la… Quelques semaines, quelques semaines… la la la…

Enhanced by Zemanta


16 Commentaires

Courir au pays de l’hiver 2 : trouver la motivation

Il fait déjà noir, la chaussée paraît un peu glissante et la simple idée de mettre les pieds dehors fait frissonner. Un jour d’hiver comme les autres, finalement. Difficile de trouver la motivation pour sortir courir, faire une promenade ou aller nager. Alors, on fait quoi?

J’ai une petite idée là-dessus, parce que la motivation est mon département. Je suis tombée dedans quand j’étais petite. Ou est-ce que c’est le livre sur Terry Fox et la détermination qui s’est imprimé dans les profondeurs de mon inconscient vers l’âge de 6 ans? (Il a traversé le Canada en courant, ce qui est déjà un exploit, mais il l’a fait avec une seule jambe. Dans le livre, il portait des chaussures de course bleues et elles parlaient. Il n’en fallait pas plus pour marquer mon imaginaire.) Je suis loin d’être une athlète et je suis un escargot de la course à pied, mais de la motivation, je n’en manque pas.

Quand vient le temps de sortir pour courir, j’en ai malgré tout rarement envie. Encore moins l’hiver, qui me donne le goût de manger du ragoût et de regarder des séries télé en continu. J’adore courir et je connais les multiples bienfaits de ces sorties sur ma vie quotidienne, mais je jongle souvent avec l’idée de prendre un jour de congé. C’est le principe de l’inertie : pour mettre un corps en mouvement, il faut appliquer une force sur lui, fournir de l’énergie. À l’inverse, un corps en mouvement tend à maintenir sa trajectoire et sa vitesse. Pour le freiner, il faut appliquer une force opposée.

C’est du moins la manière avec laquelle je m’explique ce phénomène étrange et comique : lorsque je ne cours pas, je n’ai pas envie de courir, et lorsque je cours, je voudrais ne jamais m’arrêter. C’est tout pour la théorie à deux sous. Le point est celui-ci : tout ce qu’il faut, c’est fournir le petit effort initial, c’est-à-dire rassembler ce qu’il faut, s’habiller et franchir la porte.

Au moment précis où j’étudie l’option de ne pas sortir ou de sortir plus tard (ce qui est en fait la même option, plus ou moins bien déguisée), je me rappelle ceci :

  1. une fois dehors, j’aurai toujours le choix de rentrer (ce qui est vrai, mais n’arrive jamais);
  2. les chances pour que je me sente mieux après l’entraînement qu’avant sont de 100%;
  3. courir donne chaud, donc je n’aurai plus froid (syllogisme bancal, mais efficace);
  4. les autres sont sortis, c’est mon tour.

À ce propos, la communauté rassemblée sur DailyMile est d’un secours extraordinaire. Je vais faire un tour quotidiennement sur le site, pour inscrire mes entraînements et voir ce que les autres mijotent. Je ne peux plus compter les fois où l’entraînement d’un autre m’a donné le coup de pied dont j’avais besoin pour faire le mien. La plupart des amoureux de la course sont un peu solitaires et pratiquent ce sport justement parce qu’il fournit un moment avec soi et pour soi. Jusqu’à ce que j’entre dans cette communauté, j’ignorais cependant à quel point la « présence », l’encouragement et les conseils des « coursophiles » sont précieux. Deuxième théorie à deux sous : lorsqu’on a des témoins, on a toujours envie de faire mieux.

Voilà comment je réussis, au jour le jour, à fournir l’effort nécessaire pour mettre ma machine en mouvement. Mais pour que cela fonctionne dans la longue durée, il me faut un plan et un objectif précis. « Je veux me mettre (ou me remettre) en forme » ou « je veux améliorer ma vitesse » sont des objectifs trop vagues, qui fonctionnent pour quelques semaines tout au plus. La précision fait toute la différence quand vient le temps de se battre contre la tendance naturelle à chercher le confort et à fournir un effort minimum, surtout lorsque l’élan initial est parti là-bas voir s’il y était.

S’inscrire à un événement est une manière très concrète de se fixer un but, mais c’est loin d’être la seule. On peut se fixer un objectif pour la régularité des sorties, le kilométrage hebdomadaire ou la vitesse du 5 ou du 10 Km, par exemple. L’important, c’est d’avoir un but, un échéancier et un plan. Le mien est sur le frigo : marathon d’Ottawa, (idéalement) en 2h10, 22 semaines d’entraînement, détaillé dans un tableau minutieusement préparé, que je rature quotidiennement au surligneur. D’un seul coup d’œil je vois le travail déjà accompli, une excellente source de motivation.

Une combinaison d’un peu tout cela me jette presque toujours dehors, parce qu’au fond, même si je n’en ai pas toujours envie, c’est ce que je veux. Jusqu’ici, je n’ai jamais regretté d’avoir appliqué la force nécessaire à mettre mon corps en mouvement.


3 Commentaires

Courir au pays de l’hiver 1 : s’habiller

Du point de vue de l’astronomie, c’est l’automne jusqu’au 21 décembre, jour du solstice d’hiver. Sauf qu’il faut porter une tuque et des gants, et qu’on occupe nos doux dimanche à pelleter des tempêtes de neige. Loin de moi l’intention de m’en plaindre, au contraire, j’aime beaucoup la saison froide. C’est le cas de tous ceux qui pratiquent des sports d’hiver, j’imagine.

Avant l’hiver 2008, mon entraînement de course passait en mode « hivernation » dès que la température allait sous les 5 degrés. Vers la fin de l’automne et pour tout l’hiver, j’allais faire la gazelle sur un tapis roulant. Si d’aventure je croisais un coureur sur la rue en février, je me disais qu’il était soit atteint d’une maladie mentale sévère, soit masochiste.

Les entraîneurs de l’équipe de Team in Training ont été les premiers à me convaincre de courir à l’extérieur entre décembre et avril. Je m’étais joint à l’équipe en vue de courir le demi marathon d’Ottawa, et l’entrainement commençait en janvier. Nous nous réunissions les samedi matin pour la longue course hebdomadaire, et nous la courions ensemble dans les rues de Montréal, beau temps, mauvais temps.

J’avais consenti à suivre le groupe de maso-fous les samedi, mais j’avais tout de même décidé de me rendre au gym pour faire les 4 ou 5 autres courses de la semaine sur le tapis, à une température confortable. Ma première course d’hiver a suffi largement à me faire comprendre mon erreur : le tapis roulant serait réservé aux jours de verglas, de froid glacial ou de grand vent.

Il y a de nombreux trucs et astuces pour rendre la course d’hiver plus agréable, mais une seule chose est absolument nécessaire : se vêtir adéquatement. Trop s’habiller fait suer démesurément et augmente inutilement l’effort à fournir, tandis que trop peu s’habiller fait frissonner et nuit à la performance. Il faut donc porter le bon type de vêtements et en quantité adéquate.

Le printemps, l’été et même l’automne, on peut courir avec ce qui nous tombe sous la main ou ce qui est un peu défraîchi dans notre garde-robe, un t-shirt de coton, des shorts qu’on ne porte plus, etc. L’hiver, il faut toutefois se résigner à porter des vêtements conçus pour l’exercice et fabriqués avec des fibres techniques (le polyester ou le polyuréthane), qui évacuent la sueur et gardent le corps au sec.

Pour assurer confort et chaleur, il faut faire l’oignon, c’est-à-dire superposer des couches de vêtements. La première, dite de base, doit être mince et coller au corps : un chandail sous-vêtement moulant et une paire de leggings, par-dessus quoi on porte, selon les caprices de Dame Nature, une couche isolante (un chandail chaud) et/ou une couche coupe-vent (un manteau et parfois même un sur-pantalon).

Une paire de gants, une tuque et des bas d’hiver couvrent les extrémités. Si le froid coupe le souffle, un cache-cou sur le nez et la bouche réchauffera l’air avant d’entrer dans les poumons. Dans tous les cas, la règle absolue est de renvoyer le coton dans le placard. Les jours ensoleillés, il ne faut pas oublier les verres fumés, puisque la neige rend le soleil particulièrement éblouissant.

Dans les pieds : les chaussures de course.

La peur d’avoir froid pousse tout naturellement à trop s’habiller, alors qu’il faut plutôt, en sortant de la maison, avoir légèrement froid. Dès que la période d’échauffement est terminée, on court alors dans des conditions idéales. L’essai et l’erreur permettront à chaque coureur d’établir la meilleure stratégie vestimentaire pour les conditions météorologiques, mais je propose ici des points de repères à titre de guide. Les gants et la tuque font partie de toutes ces combinaisons.

Vérifiez la météo au moment de sortir et ne considérez que la « température ressentie ». Si le vent souffle à plus de 15Km/h, soustrayez quelques degrés. S’il fait très soleil, ajoutez-en quelques-uns. S’il neige, admirez!

******************

O °C : base, coupe-vent (veste sans manches)

-7 à -12 °C : base, coupe-vent (manteau)

12 à -18 °C : base, isolant, coupe-vent

-18 à -23 °C : base, isolant, coupe-vent (manteau, sur-pantalon ou combines sous les leggings, cache-cou sur le nez et la bouche)

-23 à -30 °C: base, isolant, coupe-vent (manteau, sur-pantalon ou combines sous les leggings, cache-cou sur le nez et la bouche, mitaines coupe-vent sur les gants) OU CHOCOLAT CHAUD DANS LE SALON.

********************

Essayez pour voir, vous adorerez le « scrounch-scrounch » sous vos pieds et le plein d’air frais vous fera sentir bien pour le reste de la journée. De la semaine, même. Êtes-vous convaincus?