En forme de femme


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Pratiquer et communier contre la montre

Certains pensent qu’on entre dans la communauté des coureurs comme on entre en religion. Il faut bien avouer que le dieu Chronos fait la pluie et le beau temps parmi nous et que la longue course du dimanche est sacrée.

Il faut aussi dire qu’à l’occasion, on a le sentiment d’avoir perdu la foi.

On peut douter de soi, des commandements et des célébrations, on peut vouloir chercher un sens ou remettre en question celui qu’on avait élu, et on peut aussi avoir besoin de recul pour mesurer l’importance du culte.

Pour m’extraire du cul-de-sac vers lequel la rédaction de ma thèse m’avait conduite, j’ai reconfiguré mon horaire et minimisé les distractions durant quelques semaines. Certains changements ont porté fruit, d’autres semblent m’avoir privée d’habitudes chèrement acquises. L’entraînement, entre autres, a souffert. Il a d’abord stagné, il s’est ensuite engagé sur une pente descendante et finalement, je me suis retrouvée un matin à me demander, les yeux fixés sur mon plan d’entraînement, si j’avais encore envie de tout cela.

L’augmentation de mes heures de travail y est pour quelque chose, mais cette semaine, j’ai aussi compris que ma présence fantomatique sur DailyMile et ici même ne sert pas ma cause. Pratiquer ne me suffit plus, j’ai aussi besoin de communier.

Alors voilà, je brasse les cartes une nouvelle fois et je me remets au jeu.

Je sais depuis longtemps qu’en matière de sport, il vaut mieux agir que réfléchir, et c’est précisément pour cela qu’il est nécessaire à l’équilibre de mon quotidien.

Priez pour moi, pauvres pécheurs, car j’ai rendez-vous avec notre Dieu ce dimanche pour ma première compétition de la saison. Un 5K. Je vous raconterai tout, c’est promis.


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Mauvaises habitudes à vendre

Une chose qui m’a toujours fascinée à propos des habitudes, c’est à quel point les bonnes sont difficiles à installer et les mauvaises à déloger. Je sais que les bonnes de l’un sont les mauvaises de l’autre, et qu’en matière d’habitudes, nulle loi ne fait autorité, mais je ne crois pas connaître une personne qui se débarrasse facilement de ses faux plis pour en presser de nouveaux en criant ciseaux.

Lorsque je me lance un défi d’une durée déterminée, je maintiens une discipline de fer sans problème. Mais lorsqu’il s’agit d’introduire un élément étranger à ma routine pour une durée indéterminée, voire illimitée, les choses se compliquent. Des dizaines d’exemples me viennent à l’esprit où mes résolutions sincères n’ont pas réussi l’épreuve du temps.

Le défi Une planche par jour a réveillé ce problème qui me mystifie depuis longtemps. Le premier tiers du défi est derrière moi, et je suis déjà convaincue que je n’oserai pas sauter un jour d’ici le 31 décembre. Ces courtes séances quotidiennes (1 à 7 minutes) me font un grand bien; elles stabilisent mon centre et me donnent l’impression de faciliter tout le reste. Moi qui déteste rentrer d’une course pour me mettre au tapis, j’exécute mes planches sagement après avoir enlevé mes souliers comme si je faisais cela depuis toujours.

Si seulement cela pouvait durer…

Certains affirment qu’il faut 21 jours pour acquérir une nouvelle habitude. Tous les livres de psycho-pop sont placardés de cette idée farfelue, qui ne peut que décevoir ceux qui ont voulu y croire. Je pense plutôt que c’est précisément après trois semaines qu’il faut déployer nos ressources profondes pour ne pas fléchir sous le poids des vieilles manières.

L’ennui, avec les habitudes, c’est qu’elles se disputent un espace limité. Pour en introduire une nouvelle, il faut en renvoyer une autre : pour se lever plus tôt tous les matins, il faut aller au lit plus tôt tous les soirs, ce qui fait deux changements à administrer en même temps. Rien d’étonnant à ce que cela pose autant de difficulté. Mais avec de la détermination, de la patience et du temps, rien n’est impossible. C’est ce qu’on dit.

Je ne me fais aucune illusion sur le destin de mes planches quotidiennes, mais je vais essayer de trouver le moyen d’en glisser quelques unes dans mon horaire après avoir complété le défi. En attendant, je continue à méditer sur les bonnes et les mauvaises habitudes, sur celles que je rêve de faire miennes et sur celles que j’ai mises à vendre depuis belle lurette et qui continuent d’accumuler la poussière dans le grenier.


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Pratique-o-pratique

30.

Image via Wikipedia

J’aurai 30 ans dans moins d’un mois. Soyons honnêtes: je suis terrorisée. Je me sens comme une femme depuis un bon moment – depuis que je traîne avec moi des mouchoirs, plus précisément – et je crois bien me sentir comme un adulte – depuis que j’ai acheté de vrais meubles et que j’ai la responsabilité permanente d’un être humain. Mais… 30 ans? Il me semble que pour cela, je ne suis pas prête. Je n’ai pas eu assez de temps pour réfléchir, pour mettre les choses en place, pour accomplir ce que j’aurais voulu faire, pour devenir ce que j’aurais voulu être.

Ceux qui ont passé ce cap depuis plus ou moins longtemps auront un sourire indulgent à me lancer; peut-être me diront-ils que ce sont là des idées qu’on a, justement, avant 30 ans. Je suis encore jeune. C’est à 30 ans que les femmes sont belles. Toute la vie est devant moi. Rassurez-vous, je connais la chanson. L’ennui, c’est que ce qui me tourmente n’est pas tant ce qui s’en vient que ce que je laisse derrière. Faire la paix avec les chemins que j’ai choisis depuis que je suis en âge de m’orienter, me pardonner mes moins bons coups et me convaincre du destin heureux de mes meilleurs, accepter que cette vie est la seule que j’aurai et que toutes les autres qui s’inventent dans ma prolifique imagination n’auront pas lieu, voilà le défi.

J’ai un peu les blues, donc. C’est ce que me font les bilans. Je sais que le point de vue influence énormément l’issue de ces inventaires périodiques, alors j’essaie de me placer du côté lumineux et, surtout, j’accueille avec gratitude tout ce que me donnent généreusement les membres de ma famille et mes amis depuis quelques temps. Ma vie sociale n’a en effet été aussi active et distrayante depuis au moins 6 ans et, il faut le dire, je vis dans un cocon d’amour à la maison. Qu’ont à faire les chiffres dans tout cela? (Oh, ciel, si c’était si simple.)

Ces tourments intérieurs minent un peu mon organisation et mon sens de la vie pratique, ce qui me donne souvent l’impression d’être dépassée par les choses les plus banales (ou par les listes qui ne font que s’allonger). Je tâcherai donc, cette semaine, de maintenir une bonne discipline. La routine est chez nous un concept étranger, ce qui signifie qu’il est facile de se perdre dans les tâches et les horaires irréguliers. Un peu de structure devrait, je l’espère, m’éviter d’ajouter au reste du stress inutile.

Rendez-vous dans 24 jours: ce sera à mon tour de lancer des sourires indulgents aux effarouchés du 3-0.

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Conclusions

#1 J’aurai 30 ans cet été. Rien de très spécial, on me dira, sauf peut-être que depuis quelques mois, mes amis y passent un à un. Cette semaine seulement, j’ai célébré l’anniversaire de trois d’entre eux (en plus de celui de ma mère). Des amis de longue date, dont la présence me rappelle d’agréables souvenirs et que je me sens privilégiée d’avoir encore près de moi. Pour faire entrer toutes ces festivités dans l’horaire de la semaine, j’ai dû amputer ma semaine de travail de quelques heures, réduire ma charge d’entraînement et me privier d’un dimanche en famille, mais ces concessions vallaient la peine. J’ai ri de bon coeur et pas seulement un peu, ce qui m’a rappellé une fois de plus le pouvoir thérapeutique du rire.

#2 Il faut me rendre à l’évidence: le défi du mois de mars n’était pas un grand succès. L’objectif (ambitieux) était d’ajouter deux séances de musculation à mon programme d’entraînement, mais le mois s’est présenté de telle manière qu’il relevait du miracle de l’atteindre. En survolant mon journal d’entraînement, je constate en effet que j’ai été malade trois semaines sur quatre durant le mois. Mon système immunitaire était certainement à son plus faible et il faut avouer qu’avec un enfant à la garderie, il est difficile de s’en tirer indemne. Je ne conclus pas à l’échec pour autant, puisque je suis tout de même parvenue à intégrer des séances de musculation supplémentaires. Ce qui est dommage, c’est que maintenant que la charge et l’intensité de mon entraînement sont plus importantes, il faudra que je me contente de ma forme actuelle pour me rendre jusqu’au demi marathon.

#3 À propos de lui, justement: j’ai testé un premier scénario lors de ma longue course de cette semaine. La veille, j’ai fait le plein de glucides, je me suis hydratée abondamment et je me suis couchée tôt. Le matin, j’ai pris soin de bien mastiquer mon petit déjeuner de course. J’ai fait un plan mental de ma sortie (allure, parcours, attitude, objectifs, etc.) et j’ai enfilé ma Fuel Belt, remplie de Gatorade au citron et de Gu Chomps à l’orange. Un scénario parfait, que je me promets de répéter lors de ma prochaine longue sortie.

#4 Ma routine n’est plus. Elle s’est évaporée. Cette semaine, je me suis retrouvée à veiller jusqu’à 2h30 du matin à deux reprises, dont l’une au milieu de la semaine, et à passer beaucoup de temps sur la route. Il s’agissait en quelque sorte du point culminant d’un mois instable, durant lequel rien ne se déroulait comme prévu. Puisque je sens que j’en ai déjà beaucoup sur les bras et puisque le mois d’avril en est déjà à sa 4e journée, j’ai décidé de faire du mois d’avril le mois du strict minimum. L’objectif est de ne m’imposer rien de plus que ce qui est nécessaire: pas d’heures supplémentaires au boulot, pas de nouvelle exigence d’entraînement, pas même de défi à relever. Passer au travers des jours, un à la fois, tout simplement. Remettre le train sur les rails et sentir la stabilité du sol sous mes pieds.

#5 Cette semaine marquait la fin du défi Embrace:me. Il s’agissait d’un merveilleux défi (merci Emilie!), puisqu’il m’a obligée à m’accorder plus d’indulgence et à penser à ce qui me ferait du bien à tous les jours. Dans l’ensemble, cela signifiait le plus souvent de m’accorder le droit de me reposer sans culpabilité. Ce défi a marqué une nouvelle étape dans un long processus entamé depuis deux ans, dont l’objectif est de désapprendre à être productive et performante à tout prix. J’ai compris durant ces 30 jours de petits soins quotidiens qu’il faut pour cela introduire  un peu de lenteur dans ma vie. Ceux qui me connaissent savent que l’affaire n’est pas dans le sac.

Au total: 25 Km de course, 1 heure de yoga, 45 minutes de musculation.


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De la flexibilité ou Cette tranche de vie qui est aussi la vôtre

Great Flexibility !

Image by khalid almasoud via Flickr

La flexibilité sur laquelle je suis forcée de réfléchir cette semaine n’est pas celle de mes ischio-jambiers ou de ses frères musculaires, mais plutôt celle de mes objectifs et de mon horaire. Mon vilain rhume de cette semaine et le billet de [kä] m’a rappelé à cette question, simple mais retorse : pourquoi est-ce si difficile de prendre du repos? Lorsqu’on se décide à s’arrêter, pour le plaisir de passer du temps en famille ou avec des amis, ou pour (enfin) écouter les signes lancés par le corps, pourquoi porte-t-on toute cette culpabilité?

Le week-end dernier, j’avais moins d’énergie qu’à l’habitude et je sentais la présence latente d’un mal de tête. Dans la journée de lundi, j’ai fait une course tranquille mais difficile dans la tempête, malgré les débuts d’une congestion nasale. Dans la soirée, j’ai honoré mon défi du mois et fait mes circuits avec la kettlebell, malgré la congestion alors bien établie de tout mon appareil respiratoire. À la fin de la routine, la gorge me brûlait et j’avais du mal à avaler. Il était évident que cela ne tournerait pas très bien.

J’ai passé mardi et mercredi à survivre au travers de mes obligations professionnelles et familiales, les jambes lourdes, la gorge douloureuse, le cerveau au ralenti, les yeux petits et vitreux. Je me suis laissée assommer par des heures de transport en commun, des conférences à n’en plus finir et plusieurs heures de lecture. Ce matin, stressée de voir ma semaine de travail aussi peu avancée, j’ai voulu mettre les bouchées doubles, en forçant mes yeux à lire encore et ma tête à composer des machins intelligibles.

Je ne surprendrai personne en disant que ma manœuvre d’aujourd’hui était inutile, puisque je manquais de concentration et que j’étais fatiguée – la progéniture est aussi malade et dans ces circonstances, les nuits sont interrompues et dramatiquement courtes. À midi, la gardienne m’a demandé de venir chercher mon fils, qui faisait de la fièvre, annonçant du coup la fin de ma journée de travail. Rien de grave, un simple besoin de repos. C’est en le mettant au lit que la sagesse m’est tombée dessus : la sieste, c’est aussi ce qu’il me fallait.

Ce qui est un peu étrange, dans ce récit, c’est que le plus important n’y figure pas. Dans toute cette banale histoire, ce qui m’a le plus dérangé, ce qui m’a le plus affecté est de n’avoir pu faire les entraînements prévus dans mon programme. Au moment où j’écris ces mots (jeudi soir, 20h), je n’ai couru que 5 Km et j’ai sauté quatre entraînements. Le sentiment d’échec est total, la déception est gargantuesque, sans compter le dossier « grosse patate » et son cousin, « pâte molle ».

Mardi et mercredi soirs, j’ai pensé aux manières de réorganiser mon horaire pour faire entrer les 9 entraînements de la semaine en moins de 7 jours, mais ce soir, il faut me rendre à l’évidence : je devrai faire des deuils. Ce qui me frappe, c’est à quel point un détail aussi minuscule et anodin peut monopoliser mon esprit, à quel point ce qui est accessoire se présente à moi comme un écueil. Pour certains, il est peut-être facile d’ajuster un plan et de reprendre l’entraînement le temps venu, que ce soit après un indésirable rhume ou une blessure de course plus importante. Pour moi, c’est toute une histoire.

Le Petit Robert définit la flexibilité comme l’« aptitude à changer facilement pour pouvoir s’adapter aux circonstances ». D’un point de vue pratique, je possède une excellente flexibilité et j’en fais même bon usage dans la vie de tous les jours; d’un point de vue psychologique, si je puis dire, les choses se gâtent. Si rien n’y paraît et que je semble maintenir le cap, en mon for intérieur, je peux rationaliser tant qu’il faut, le sentiment d’échec demeure.

Je ne suis pas certaine de pouvoir expliquer exactement pourquoi ce sentiment a autant de puissance. Je sais cependant que je ne suis pas la seule à le ressentir, puisque d’autres coureurs ignorent leurs malaises, culpabilisent durant les jours de repos et cela, même s’ils sont au programme, se surmènent par divers moyens, rapportent un moral au plancher lorsque les choses ne vont pas comme ils les avaient prévues. Inutile de se lancer dans la psychologie à deux sous ou d’entrer dans un dédale d’hypothèses psychanalytiques pour trouver des explications; comme c’est souvent le cas avec les choses de la vie, les solutions doivent ici nous occuper.

La première piste de solution est évidemment celle de se raisonner. On doit se rappeler que le repos et la convalescence font partie intégrante de la santé en général et de l’entraînement en particulier. Un corps malade ou blessé ne peut performer, peu importe la volonté qui l’anime

Pour se défaire du sentiment d’échec, on peut essayer de miser sur les bons coups. Dans mon cas, cela peut signifier d’aller consulter mon journal d’entraînement, pour lire à propos des entraînements accomplis, pour m’enorgueillir de mon kilométrage total depuis le début de l’année ou pour me rappeler de belles séances de yoga.

Dans la même veine, on peut essayer de relativiser l’échec en l’inscrivant dans un contexte plus large. Pour reprendre mon exemple, je peux me rappeler qu’il s’agit de mes premiers entraînements mis à l’écart depuis 8 semaines et qu’au milieu d’un programme de 22 semaines (plus de 154 séances d’exercice), une course et deux jours de musculation ne feront pas la différence.

Une bonne manière de briser la spirale de déception est d’en parler. Les autres sont toujours efficaces à la tâche de faire comprendre des évidences qu’on se refuse à voir, et une idée (noire) qui quitte l’esprit pour se transformer en mots apparaît souvent moins vraie ou plus petite. Mon exemple : vous êtes en train de le lire.

Finalement, il faut cesser de rabâcher ce qui est passé et porter l’attention sur ce qui vient. En mobilisant nos énergies vers l’avenir, on est à bien d’adopter une attitude plus positive, puisque rien n’y est encore joué, alors que du passé, on ne peut rien changer. Encore moi : demain, je sortirai courir et je décide dès maintenant que ce sera le cœur léger. Je n’aurai peut-être pas oublié les séances d’entraînement non complétées, mais j’en ferai le deuil, en pensant au plaisir que j’aurai de courir le demi marathon d’Ottawa en mai prochain, parmi les tulipes et avec une amie, en me rappelant toute les séances que j’ai, en fait, complétées.

On pourrait appeler cela les exercices d’étirement de ma flexibilité psychologique. En connaissez-vous d’autres?

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Le point sur février

Défi du mois

J’ai dormi, en février. Peut-être plus qu’à l’habitude, peut-être mieux aussi. Le café après le souper ne me manque pas, l’ordinateur avant d’aller au lit non plus. Mes matins sont un peu plus faciles, au moins du point de vue de l’organisation.  L’alarme sonne à 5 heures, mes vêtements sont  prêts, le plan de ma journée est détaillé, la maison est silencieuse et parfois, je suis même un peu réveillée.

Koala sleeping on a tree top

Image via Wikipedia

Le défi était de mettre 7 heures de sommeil au compteur à tous les jours. Du point de vue de la moyenne, c’est réussi. J’ai religieusement noté mes heures de sommeil, tel que promis, et du lundi au vendredi, j’ai aussi évalué mon efficacité sur 5, afin de voir si je pouvais établir un rapport direct entre les deux. Puisque le nombre d’heures de sommeil est du domaine des faits et que l’évaluation est de celui de l’interprétation, je me garde de tirer des conclusions concluantes — pardonnez la tautologie. Le test s’échelonnait aussi sur une trop courte période de temps pour en tirer de grandes vérités.

J’ai attribué 2 aux jours un peu moches, 3 aux journées moyennes (plutôt satisfaisantes mais imparfaites), 4 aux bonnes journées et 5 à celles qui étaient exceptionnelles. Voici les résultats:

Je compte continuer à compiler ces « données » durant le mois de mars, moins pour réduire la marge d’erreur (trop de variables sont en jeu, évidemment) que pour me rappeler l’importance de la quantité et de la qualité de mon sommeil. Je l’ai constaté avec le défi du mois de janvier: noter est encore le meilleur moyen de maintenir mon attention sur un sujet lié à mes habitudes de vie.

Mon gain le plus important est certainement d’avoir pris l’habitude d’ajuster mon heure de réveil à mon heure de coucher. Calcul mathématiques simple: pour me lever à 5h, je devais aller au lit à 22h. Les soirs où je ne pouvais le faire, ceux où je flânais et perdais mon temps et ceux où mon roman me retenait un peu trop, je programmais l’alarme pour 5h30 ou 6h, selon. De cette manière, je sentais immédiatement ce que me coûtait 30 minutes supplémentaires à surfer sur le web ou à m’enfiler un autre chapitre, à savoir 30 minutes de travail le lendemain.

De manière générale, la structure imposée par ces nouvelles habitudes a évacué un peu de flexibilité dans mon horaire et dans mes comportements. S’en tenir à un plan, peu importe lequel, requiert souvent de faire quelques compromis. À l’occasion, cela peut être frustrant, pour moi ou pour ceux autour, mais dans la longue durée, je sais que cela m’évitera une charge de fatigue et de stress inutiles.

Entraînement

J’ai bouclé aujourd’hui la deuxième phase de mon programme d’entraînement pour le demi marathon d’Ottawa. Depuis le début de cet entraînement, il y a 8 semaines, j’ai cumulé 69 séances d’exercice pour un total de 52 heures, et j’ai foulé 181 Km, soit quelques dizaines de plus que la distance entre Montréal et Sherbrooke. J’aime bien y penser de cette manière; cela me donne l’impression que je fais du chemin.

Le mois qui vient sera un mois chargé et stressant pour le boulot. J’ai l’intention de contrecarrer sa difficulté avec un coup d’éclat dans la prochaine phase de mon entraînement. Mais de cela, je vais reparler une autre fois, puisque ce sera l’objet de mon défi du mois de mars.

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Éloge de la tâche unique

Multitasking Kills

Image by Daquella manera via Flickr

Il n’est pas rare d’entendre les gens autour de nous vanter l’efficacité de leur multitasking. Les femmes, surtout, auraient un talent tout spécial pour cette hyperproductivité, dont l’ambition n’est rien d’autre que de greffer quelques heures supplémentaires au corps inflexible des jours, qui, peu importe le dossier, l’examen, la fête d’untel, les déplacements et autres « rétréssisseurs » de temps, n’ont que leurs bonnes vieilles 24 heures à offrir.

Plusieurs recherches sur le multitasking ont déjà montré qu’en effectuant plusieurs tâches à la fois, la durée totale de leur exécution est augmentée et leur qualité diminuée. Je le constate moi-même tous les jours : faire le souper, divertir un bambin de 2 ans et penser à une manière de tourner une idée dans un texte aboutit souvent à une sauce qui colle, un petit garçon impatient et une idée butée, voire gâchée.

L’échec et la contre-productivité d’une vie réglée au multitasking se sont révélés à moi il y a environ un an, alors que je retournais au travail après 9 mois de congé de maternité. Il faut dire que durant ces 9 mois, j’ai assisté à des réunions ici et là, fait de la correction, préparé une conférence, participé à un projet web, lu deux dizaines de bouquins, essayé de me remettre en forme, magasiné une maison, fait l’achat d’une propriété, déménagé et repeint la nouvelle maison. J’en oublie certainement, mais franchement, je ne voudrais essouffler personne. Je l’étais évidemment, d’autant que durant cette période, je ne dormais jamais plus de 3 ou 4 heures de suite. C’était trop, mais je me disais que puisque j’étais en congé, il fallait en profiter.

Sauf qu’en fait, je n’ai profité de rien. En retournant au boulot, j’ai compris que cette situation ne pouvait être viable. Avec un enfant, il est impossible de faire des journées de travail de 10 heures, de remplir les week-ends mur à mur et de tout laisser tomber autour pour un projet urgent. Un enfant demande beaucoup d’attention et de soins, un horaire régulier et surtout du temps. Du temps pour jouer, du temps pour répéter, du temps pour se déplacer (l’hiver, surtout, on ne sort pas de la maison en criant ciseaux), du temps pour ne rien faire, même. J’avais parfaitement conscience de tout cela avant de m’embarquer dans la galère, et pour tout dire, c’est une des raisons pour lesquelles je souhaitais avoir un enfant à ce moment précis de ma vie.

J’avais besoin d’air. Je devais en finir avec le multitasking et le overbooking. C’est que, à rebours, j’ai dû me rendre à l’évidence : le multitasking est le principe organisateur de toute ma vie depuis que j’ai environ l’âge de 15 ans. Les forces centrifuges de ma personnalité font en sorte que je veux tout faire en même temps et que je crois depuis trop longtemps que je peux vivre 3 vies en une. Résultat : dispersion, surcharge, déséquilibre.

Aujourd’hui, dans ma quête idéale (mais non utopique) du 3 fois 8 (8 heures de sommeil, 8 heures de travail et 8 heures de loisirs par jour), je ne suis encore qu’aux préliminaires. L’équilibre me semble un objectif à si long terme que je me demande si l’important n’est pas surtout de chercher à l’atteindre et de trouver bonheur et apaisement dans les petites victoires. Pour moi, la première de ces victoires a été de reconnaître l’importance et la valeur de la tâche unique.

La tâche unique est une tâche qui, peu importe sa nature, mobilise toute mon attention et me procure un sentiment d’accomplissement lorsqu’elle est complétée. Ces deux caractéristiques ont un effet stabilisant et satisfaisant, puisque mon baromètre de stress monte facilement et que ma tendance perfectionniste prend souvent le contrôle de mon bon sens. Faire une chose et avoir le sentiment de la faire bien est pour moi un remède efficace contre tous ces pollueurs d’existence.

Sur le plan professionnel, je crois que cela se traduit en un meilleur ratio qualité de travail/qualité de vie; sur le plan personnel, c’est probablement à une meilleure application du principe populaire de « vivre le moment présent ». Mais je dirais qu’en général, la « pratique » de la tâche unique commence à se présenter à moi comme un art de vivre. Quand on pense que le terme multitasking provient du champ informatique et qu’il désigne la capacité relative d’un processeur à effectuer plusieurs tâches à la fois, le choix de la tâche unique semble une voie plus humaine, moins mécanique ou robotisée.

Pour parvenir à cette petite victoire, qui, du reste, sollicite encore sa part de combat, il m’a fallu faire le ménage. Pour me détourner du multitasking, il me fallait d’abord me libérer du overbooking. J’ai dû apprendre à dire non, faire des choix et quelques deuils, introduire beaucoup de discipline dans mon quotidien et gérer un long processus d’essai/erreur. J’ai dû, par exemple, me résoudre à ne plus faire partie d’un orchestre symphonique amateur auquel je m’étais joint avant ma grossesse. Je me suis enfin convaincue de ne pas prendre du travail supplémentaire (cela faisait environ 3 ans que je luttais contre cette tendance), en refusant toutes les demandes et en n’offrant pas mes services lorsqu’ils n’étaient pas requis. J’ai pris en main l’organisation de mon temps et éliminé de nombreux facteurs de distraction, en planifiant de manière très concrète les repas, le budget, les journées de travail, le calendrier, etc.

Aujourd’hui, je peux dire avec plaisir que si l’équilibre n’est encore qu’une forme aux contours vagues à l’horizon, je n’ai plus le sentiment d’être en retard sur ma vie. Je ne cours plus derrière elle. Elle est là, avec moi, ici et maintenant. Je crois même qu’il y a de la place pour les imprévus. C’est un bon sentiment, que j’ai envie d’attribuer, entre autres, à la tâche unique.

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