En forme de femme


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Pratiquer et communier contre la montre

Certains pensent qu’on entre dans la communauté des coureurs comme on entre en religion. Il faut bien avouer que le dieu Chronos fait la pluie et le beau temps parmi nous et que la longue course du dimanche est sacrée.

Il faut aussi dire qu’à l’occasion, on a le sentiment d’avoir perdu la foi.

On peut douter de soi, des commandements et des célébrations, on peut vouloir chercher un sens ou remettre en question celui qu’on avait élu, et on peut aussi avoir besoin de recul pour mesurer l’importance du culte.

Pour m’extraire du cul-de-sac vers lequel la rédaction de ma thèse m’avait conduite, j’ai reconfiguré mon horaire et minimisé les distractions durant quelques semaines. Certains changements ont porté fruit, d’autres semblent m’avoir privée d’habitudes chèrement acquises. L’entraînement, entre autres, a souffert. Il a d’abord stagné, il s’est ensuite engagé sur une pente descendante et finalement, je me suis retrouvée un matin à me demander, les yeux fixés sur mon plan d’entraînement, si j’avais encore envie de tout cela.

L’augmentation de mes heures de travail y est pour quelque chose, mais cette semaine, j’ai aussi compris que ma présence fantomatique sur DailyMile et ici même ne sert pas ma cause. Pratiquer ne me suffit plus, j’ai aussi besoin de communier.

Alors voilà, je brasse les cartes une nouvelle fois et je me remets au jeu.

Je sais depuis longtemps qu’en matière de sport, il vaut mieux agir que réfléchir, et c’est précisément pour cela qu’il est nécessaire à l’équilibre de mon quotidien.

Priez pour moi, pauvres pécheurs, car j’ai rendez-vous avec notre Dieu ce dimanche pour ma première compétition de la saison. Un 5K. Je vous raconterai tout, c’est promis.

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Une simulation

L’idée de simuler une compétition de 10 Km m’est venue il y a 6 semaines, alors que je me demandais quoi faire de ce qu’il restait d’automne avant mon repos annuel.

Après de longs mois à me préparer pour le demi-marathon d’Ottawa et pour le demi-marathon de Montréal, j’ai été séduite par le programme court qui m’a mené au 5 Km du Parc La Fontaine et au 10 Km du Parc national d’Oka. C’est la compétition d’Oka qui m’a fait rêver : en franchissant les 10 Km en 60 minutes 14 secondes, je me suis mise à imaginer descendre sous la barre des 60 minutes. Il me semblait possible d’y croire puisque j’avais pris ce départ tranquillement et qu’à la fin, j’avais eu assez d’énergie pour sprinter, ce qui me laissait croire que j’avais encore du carburant en arrivant. J’ai épluché la fin du calendrier 2011 sur courir.org et j’ai dû me rendre à l’évidence : les compétitions se font rares en saison froide, à moins de pouvoir voyager. Il me faudrait attendre jusqu’au printemps pour tenter ma chance.

À moins que… j’organise une compétition « maison ».

Pour courir 10 Km sous les 6’00’’/Km, j’ai élaboré un programme de 6 semaines à partir d’un plan tiré de la revue Canadian Running. Mon intention était d’abord d’ajouter de l’intensité à mes entraînements. J’ai choisi de maintenir mon kilométrage hebdomadaire à environ 30 Km/semaine, pour intégrer sans risque deux séances d’entraînement fractionné (intervals). J’aime beaucoup la longue course du dimanche, mais je l’ai troquée facilement pour des séances de vitesse; lorsqu’on alterne des segments rapides et des segments de récupération, le temps passe en flèche. J’ai aussi décidé de mieux structurer la musculation, c’est-à-dire de la faire plus régulièrement. Même si j’adore faire de la musculation, il m’arrive souvent de la sacrifier si je dois choisir entre elle et une pratique de yoga. C’est comme ça. On ne peut pas toujours tout faire.

Six semaines plus tard, après avoir complété quasi religieusement mon programme, je me suis retrouvée (c’était hier) à douter. En ce sens, on peut dire que la simulation était réussie. Mercredi, j’ai couru avec 3 copines de DailyMile plus vite que je n’aurais dû et ces 6 Km de plaisir amical au Jardin Botanique m’ont parus bien difficiles à 6’30’’/Km. Courir 10 Km à moins de 6’00’’/Km me semblait tout à coup trop ambitieux. Et puis il y avait mon sommeil, difficile et court depuis deux mois, mon hydratation douteuse depuis des semaines, et aussi cette deuxième bière que je venais de m’enfiler, à 23h30, en cuisinant de la pâtisserie pour mes cadeaux de Noël. Ce n’était pas les dispositions idéales pour tenter de faire un record personnel sur une distance de 10 Km.

Quand j’y pense maintenant, je me demande si je ne m’inventais pas des excuses pour ne pas tenter le coup, ou si je ne programmais pas la défaite à l’avance – la psychologie humaine peut être bien étrange. Heureusement, le corps est parfois plus malin que la tête, et je me suis réveillée en forme dans ce qui s’annonçait déjà une magnifique journée ensoleillée. J’aurais pu plaider ceci ou cela pour me soustraire à ce projet, qui de toute façon m’appartenait entièrement et pour lequel je n’étais liée par aucun engagement, mais j’aurais eu du mal à me convaincre de l’honnêteté de ce désistement. Impossible de réussir sans essayer.

Je suis sortie avec mon attirail d’hiver, une gourde, un Gu et le iPod. Je me suis dit : « On verra comment ça va ». Après un kilomètre d’échauffement en direction de la piste cyclable, j’ai décidé d’essayer. Un clic sur ma montre GPS et c’était parti. J’ai choisi la piste cyclable parce que sa surface est parfaite et que son parcours est plat et sécuritaire; peu de voitures la traversent et très peu de cyclistes l’occupent. D’un bout à l’autre, elle fait exactement 3,5 Km. Pour m’en tenir à cette piste, il me faudrait donc faire des demi-tours.

Les 6 premiers kilomètres se sont enchaînés sans problème. La musique me divertissait et j’étais dans le vide habituel de mon esprit. J’ai franchi le premier kilomètre en 6’15’’, le second en 6’10’’, le troisième en 6’03’’ et puis j’ai trouvé mon rythme au quatrième kilomètre : 5’56’’. C’est celui que j’ai maintenu jusqu’à la fin, sauf qu’à partir du sixième kilomètre, il était de plus en plus difficile à tenir. Au terme de ce sixième kilomètre, toutes les variations du verbe « abandonner » se sont présentées à mon esprit avec une créativité effrayante. J’avais plus de la moitié derrière moi, mais j’avais aussi presque la moitié encore devant. Là, j’ai su que la bataille serait avant tout mentale et qu’il me faudrait garder le cap. Tenter un record personnel sans l’adrénaline de la compétition et l’euphorie d’un événement organisé, ça ne peut pas être donné tout cru dans le bec.

Outre la disqualification systématique des chansons qui ne contribuaient pas directement à ma performance, ma principale préoccupation, à partir de ce moment-là et jusqu’à la fin de cette course, a été l’économie d’énergie. Je ne pensais qu’à détendre mes épaules, mes mains et mon visage, et je m’assurais de la régularité de mon pas et de ma respiration. Dès que mon cerveau générait le début d’une idée, je la repoussais pour me concentrer sur le mouvement de mes jambes ou sur mon expiration. Je vérifiais périodiquement mon allure sur ma montre GPS pour m’assurer que je ne m’emballais pas (ce que je faisais à l’occasion, évidemment).

Le huitième kilomètre a été le plus difficile parce que mes jambes étaient fatiguées et que je devais déployer beaucoup d’énergie mentale afin de ne pas me laisser décourager par les kilomètres qu’il me restait à parcourir. Le neuvième a été celui de l’espoir (la fin était proche), tandis que le dixième a été celui de la souffrance. Je dis souffrance parce que si je n’avais pas eu un objectif en tête, j’aurais arrêté ou ralenti. J’étais épuisée et chaque pas était une offense au bon sens. Mais cette souffrance n’était pas idiote. Elle avait un sens et, étrangement, faisait du bien. J’ai poussé jusqu’au bout et je n’ai jamais abandonné, et c’est de cela dont je suis le plus fière.

Et aussi des 59 minutes 30 secondes qu’affichait ma montre lorsque j’ai atteint le dernier mètre de 10 000.

C’est ainsi que se termine ma saison 2011, c’est-à-dire merveilleusement. Je prends deux semaines de congé et elles sont bien méritées.


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3 choses que j’ai apprises en courant cette année

1. Le plaisir de courir en bonne compagnie

L’idée de parler en courant m’avait toujours paru farfelue : courir est déjà un défi pour l’asthmatique que je suis. Il ne s’agissait pourtant que de trouver mon allure et… des compagnons. J’ai été choyée. Plusieurs amis qui me sont chers se sont mis à la course et j’ai rencontré sur DailyMile des coureurs exceptionnels qui ont bien voulu partager quelques kilomètres avec moi. Certains sont venus m’accompagner sur mes parcours habituels, d’autres m’ont fait découvrir les leurs. J’ai eu la chance de participer à une compétition de 5 Km avec ma petite sœur, j’ai fait des dizaines de sorties avec mon amoureux et j’ai aussi chanté l’alphabet un nombre incalculable de fois en poussant mon petit prince dans le Babyjogger. J’ai toujours aimé l’aspect solitaire et méditatif de la course, mais je suis ravie de pouvoir enfin profiter de son pan social.

2. Courir comme un enfant

J’ai couru en ville pendant des années, sur les trottoirs et dans les parcs. Cette année, j’ai fait mon baptême de course dans les sentiers. Un véritable coup de cœur. Si la course est déjà le purgatif de tous mes maux, elle est particulièrement apaisante lorsque je longe le bord de l’eau ou que je me faufile entre des masses d’arbres. En même temps, la surface irrégulière et souvent semée d’obstacles met mon esprit sur le qui-vive comme jamais la route ne le fait. J’ai le sentiment de jouer dehors.

3. Viser juste

Je pense avoir un sens plus aiguisé de la manière avec laquelle je dois fixer mes objectifs, tant à l’échelle de la compétition qu’à celle de la saison. Après mon difficile demi-marathon à Ottawa, j’ai en effet voulu comprendre les raisons « profondes » qui me jettent plusieurs fois par semaine sur la route. J’ai conclu que l’ambition me réussit mal. En vérité, la course est peut-être le seul secteur de ma vie dans lequel je ne ressens pas une impulsion d’excellence; je considère qu’il s’agit d’une activité gratuite dont l’unique fonction est de me faire du bien. Me fixer des objectifs ambitieux et générer l’impératif de la performance est donc la pire direction que peut prendre ma pratique. Je suis une coureuse bienheureuse, tout simplement. Certains trouvent dans la course l’occasion de se dépasser; j’y ai plutôt découvert un moyen d’apprécier ma place au soleil.


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La pluie dont vous êtes le héros

Rain, Rainy weather

Image via Wikipedia

Le bonheur de courir sous la pluie est un secret bien gardé. C’est du moins ce que me laisse croire l’air perplexe des gens dont je croise le regard en trottant dans les flaques. Certains automobilistes me prennent en pitié et me font d’inhabituelles politesses; d’autres m’éclaboussent sans gêne. Ainsi va la vie. Il pleut encore, certes. Il fait gris, oui. Mais on n’est pas coincé entre quatre murs pour autant.

Samedi, j’ai eu le plaisir de rencontrer un échantillon de la sympathique communauté de DailyMile au Parc Maisonneuve. Sylvie a gentiment organisé le rassemblement et c’est ainsi que j’ai eu l’occasion de faire connaissance avec des gens que je côtoie virtuellement depuis un petit moment. Ç’aurait pu être étrange ou décevant, mais j’ai trouvé l’expérience étonnamment plaisante. Il pleuvait, ce qui ne m’a pas empêché de mettre le petit dans le Babyjogger (couvert de la toile parapluie) et de courir mes 8 Km confortablement. Le petit a roupillé bien au sec, tandis que je profitais du temps gris et des gouttelettes pour tempérer mes ardeurs.

Un autre plaisir pluvieux m’attendait aujourd’hui, puisque mon mari participait ce matin à sa première compétition. Même s’il a des prédispositions plus-que-favorables et qu’il a pratiqué différents sports auparavant, il est, techniquement, un débutant. Il s’est mis à la course en janvier seulement et durant 18 semaines, il s’est préparé à courir ce 10 Km. Je crois qu’il a tiré le meilleur de son entraînement: un chrono de 43 minutes 30 secondes et, je crois le deviner, une nouvelle passion. Lorsque je l’ai vu arriver en flèche (le 12e!), la femme et la coureuse en moi étaient gonflées de fierté.

Il pleuvait. Plutôt que d’attendre sous la pluie et dans le vent l’arrivée de ma douce moitié, j’ai décidé de participer à l’épreuve du 5 Km. Je savais que je terminerais avant lui et que je pourrais ainsi l’accueillir en grandes pompes. Je n’avais aucune intention de courser (je poussais le petit dans le Babyjogger et je suis en période d’affûtage), mais il me semblait simplement que la pluie et le vent frais seraient plus agréables en mouvement. J’ai terminé en 33 minutes 3 secondes, ce qui a complété une semaine d’entraînement satisfaisante et raisonnable.

À 14 jours du demi marathon d’Ottawa, j’accueille tranquillement les papillons dans mon ventre. Je me sens prête et en même temps j’ai un peu peur, mais le dosage de confiance et de nervosité me semble parfaitement sain.

Cette semaine : 34 Km de course, 1h de yoga, beaucoup de plaisir entre amis et sous la pluie.

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Petit guide du coureur débutant

Run free

Image by Today is a good day via Flickr

Certains disent que les coureurs forment une sorte de secte. Je ne sais pas si l’on devient coureur comme on entre en religion, mais ce qui est certain, c’est que plusieurs adeptes de la course à pied y trouvent un sens. Le printemps et l’automne sont les saisons de prédilection pour tomber amoureux de la course et puisque depuis quelques temps, des gens autour de moi posent des questions, j’ai pensé concocter un petit guide du coureur débutant.

La plupart des non-initiés pensent que s’ils ne peuvent pas courir plus de quelques minutes maintenant, ils ne pourront jamais le faire. C’est faux. Que l’on se mette à la course à 3 ans ou à 53 ans, on commence tous et chacun par alterner quelques minutes de course et quelques minutes de marche, pour augmenter la longueur des segments de course jusqu’à ce que l’on puisse courir sans pause. Lorsque j’ai fait mes débuts, je faisais moins de 10 minutes d’exercice par semaine depuis des années, je ne pouvais pas courir plus de 200 mètres sans déclencher une crise d’asthme, je fumais un paquet de cigarettes par jour et ma charpente portait environ 60 livres en trop. J’ai travaillé à partir de mes 200 mètres, puis au fil du temps, j’ai pris de l’assurance et de la force, tant et autant qu’un jour, j’ai franchi la ligne d’arrivée d’un marathon. Rien n’est impossible.

Pour courir, il faut deux choses: (1) vouloir courir et (2) une bonne paire de chaussures de course. Le reste n’est qu’une question de temps. Ceux qui n’ont pas envie de courir n’ont pas à être convertis: il existe des centaines d’autres moyens de mener une vie active.

Les raisons qui motivent les aspirants coureurs sont nombreuses: se remettre en forme, perdre du poids, améliorer la performance d’une autre activité physique, obéir à son médecin ou simplement rêver de faire comme ceux qui courent la semaine et le week-end, lorsqu’il pleut et lorsqu’il neige, comme s’ils étaient légers et que c’était facile. Toutes les raisons sont bonnes.

La course a plusieurs avantages:

  • elle requiert un équipement minimal (des chaussures de bonne qualité et, pour les femmes, un soutien-gorge de sport) et par conséquent n’exige aucun entretien;
  • elle est exportable en voyage et chez la belle-famille;
  • elle se pratique à toute heure du jour ou de la nuit, seule ou en groupe selon les circonstances ou l’humeur;
  • elle peut se pratiquer à l’extérieur 12 mois par année (pour les sceptiques, vous trouverez ici et ici quelques mots sur la course durant la saison froide);
  • elle est un moyen efficace pour atteindre ou maintenir un poids santé, pour améliorer la santé cardiovasculaire, pour gérer le stress et favoriser un sommeil réparateur, de même que pour améliorer la qualité de vie en général;
  • finalement, la progression fulgurante du débutant en fait aussi un sport immédiatement gratifiant et, à moins de se découvrir des gènes kényens au potentiel olympique, n’est pas près d’épuiser les défis.

Il existe plusieurs excellents plans d’entraînement destinés aux débutants. J’en proposerai deux qui me semblent intéressants et efficaces. Le premier est un des plus populaires et a fait ses preuves depuis lontemps: Couch-to-5K (le lien mène vers la version française du programme). Grâce à lui, des miliers de légumes racine sont passés du divan au fil d’arrivé d’une course de 5 Km. Pourquoi pas vous? Le deuxième est issu du dossier spécial débutant d’un numéro de Runner’s World (mai 2008). On le trouve ici, à la page 75. Le dossier complet vaut la peine d’être lu (il commence à la page 71), puisqu’il donne plusieurs conseils utiles.

Avant de commencer, il faut visiter une boutique spécialisée pour se procurer des chaussures adéquates. Ensuite, le premier objectif devrait être d’intégrer 3 sorties par semaine aux activités régulières. Pour devenir un coureur, il faut courir, et si rien ne semble plus évident, la dure réalité ne tarde pas à mettre des bâtons aux roues des meilleures intentions du monde. Que ce soit un week-end hors de la ville, un brunch familial ou une période chargée au bureau, les raisons ne manquent pas pour dire: « Je n’ai pas le temps ». En réalité, rares sont ceux qui ont le temps de faire de l’activité physique de manière régulière. Pour le faire, il faut tout simplement prendre le temps, c’est-à-dire le prendre là-bas, où il ne contribue pas au bien-être et à la santé, pour l’investir ici, où il risque de faire le plus grand bien.

La piqûre de la course vient généralment autour de la quatrième semaine, au moment où le souffle commence à se faire moins court, la foulée se fait plus naturelle et les bienfaits se font sentir: plus d’énergie et plus de force, sans oublier le sentiment d’accomplissement. Persévérer jusqu’à ce point est donc le plus important. En moins de 8 semaines, un débutant parvient généralement à courir 30 minutes en continu, après quoi sky is the limit.

Pour faire en sorte que cela devienne une habitude, pour trouver la motivation semaine après semaine, pour en faire un véritable mode de vie, il faut avant tout faire un choix. Quelques petits astuces aident toutefois à rendre les choses plus faciles:

  • s’inscrire à un événement: une compétition locale est une date butoir qui donne un sens à chaque séance d’entraînement (bonus: la plupart des adeptes contractent leur « dépendance » lors d’une compétition);
  • mettre le plan d’entraînement bien à la vue: imprimer le plan et l’afficher sur le frigo, par exemple, pour se rappeler matin et soir ce qu’il y a au programme;
  • en parler autour de soi: quand on a des témoins, on est plus motivés à tenir parole;
  • joindre un club de course ou courir avec un(e) ami(e): personne n’aime annuler un rendez-vous de course: c’est gênant;
  • joindre DailyMile: une communauté de sportifs amateurs fort sympatique qui permet de partager expérience, entraînements et passion;
  • lire des revues de course et des blogues de coureurs: l’expérience des autres est une source de motivation surprenante;
  • se récompenser: une boule de crème glacée ou une soirée tranquille, les scénarios sont multiples et la satisfaction est garantie!

Je promets que les premières fois ne seront pas faciles, mais avec un peu de persévérance, les bienfaits se feront vite sentir et le plaisir prendra le dessus. Tous les coureurs vous le diront: la course apporte un sentiment de bien-être et de vitalité, en plus de donner envie de bien s’alimenter. On serait fou de s’en passer.

Si ce petit guide vous a encouragé à enfiler des chaussures de course pour la première fois ou à vous remettre sur la route pour de bon, laissez votre témoignage dans la section des commentaires. Bonne course!

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Rien ne sert de courir

Mon genou gauche fait des siennes.

La douleur s’est manifestée vendredi dernier, durant ma longue course de 16 Km. Elle s’est dissipée durant les trois jours de repos qui ont suivis et est réapparue mardi durant ma course tempo. Cette douleur m’a prise par surprise, puisqu’elle n’a été précédée d’aucun signe précurseur et qu’elle survient à une période  où mon kilométrage a été diminué par les rhumes, gastros et autres inconvénients. Elle ne figure pas non plus parmi mon curriculum de blessures sportives — la périostite est en vérité la seule à laquelle j’ai dû faire face — ce qui fait que rien ne m’y préparait.

Aucun déni n’est ici en jeu (les coureurs sauront de quoi il est question), je dirais même que depuis mon entrée dans la sympathique communauté de DailyMile, je suis aux aguets. J’y côtoie virtuellement plusieurs athlètes qui gèrent courageusement des blessures et je sais qu’il ne sert à rien de faire l’autruche: la douleur revient pour sa vengeance.

Mon genou gauche fait des siennes, dis-je, et il me faut réorganiser mon horaire d’entraînement. Encore. Étrangement, je suis moins irritée que je ne l’aurais cru par ce tour du destin. La seule chose à faire est de laisser mon genou prendre du repos et j’ai choisi de ne pas doubler la douleur physique de frustration. J’ai ma petite idée sur l’origine de cette douleur — un mélange de surentraînement, de manque de sommeil et de faiblesse dans les fessiers et les hanches —, je compte donc m’attaquer à la source du problème plutôt qu’à ses effets.

Hier, en revenant du boulot, j’ai décidé fait une ballade avant d’attraper mon train. J’ai quitté le centre-ville en montant l’avenue du Parc, les mains dans les poches et le regard doux derrière mes verres fumés. Le soleil descendait lentement de l’autre côté de la montagne et l’air frais était tout simplement bienvenu dans mes poumons. Je ne pourrais expliquer pourquoi, mais je me suis sentie infiniment jeune et libre. 3 Km plus loin, j’ai attrappé un latté et j’ai sauté dans le bus pour prendre le train.

Aujourd’hui, sous le soleil de midi, j’ai fait une autre ballade de quelques kilomètres. J’ai suivi un parcours qui m’est familier, mais j’ai été surprise de remarquer des détails qui m’échappent normalement en courant. Il m’a semblé que ce rythme me permettait de voir et d’entendre autrement. À vouloir courir toujours plus vite, on peut facilement oublier le plaisir de marcher.

Jusqu’à ce que le genou décide de ne plus se manifester, j’adopterai ce mantra: Rien ne sert de courir.

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Courir au pays de l’hiver 2 : trouver la motivation

Il fait déjà noir, la chaussée paraît un peu glissante et la simple idée de mettre les pieds dehors fait frissonner. Un jour d’hiver comme les autres, finalement. Difficile de trouver la motivation pour sortir courir, faire une promenade ou aller nager. Alors, on fait quoi?

J’ai une petite idée là-dessus, parce que la motivation est mon département. Je suis tombée dedans quand j’étais petite. Ou est-ce que c’est le livre sur Terry Fox et la détermination qui s’est imprimé dans les profondeurs de mon inconscient vers l’âge de 6 ans? (Il a traversé le Canada en courant, ce qui est déjà un exploit, mais il l’a fait avec une seule jambe. Dans le livre, il portait des chaussures de course bleues et elles parlaient. Il n’en fallait pas plus pour marquer mon imaginaire.) Je suis loin d’être une athlète et je suis un escargot de la course à pied, mais de la motivation, je n’en manque pas.

Quand vient le temps de sortir pour courir, j’en ai malgré tout rarement envie. Encore moins l’hiver, qui me donne le goût de manger du ragoût et de regarder des séries télé en continu. J’adore courir et je connais les multiples bienfaits de ces sorties sur ma vie quotidienne, mais je jongle souvent avec l’idée de prendre un jour de congé. C’est le principe de l’inertie : pour mettre un corps en mouvement, il faut appliquer une force sur lui, fournir de l’énergie. À l’inverse, un corps en mouvement tend à maintenir sa trajectoire et sa vitesse. Pour le freiner, il faut appliquer une force opposée.

C’est du moins la manière avec laquelle je m’explique ce phénomène étrange et comique : lorsque je ne cours pas, je n’ai pas envie de courir, et lorsque je cours, je voudrais ne jamais m’arrêter. C’est tout pour la théorie à deux sous. Le point est celui-ci : tout ce qu’il faut, c’est fournir le petit effort initial, c’est-à-dire rassembler ce qu’il faut, s’habiller et franchir la porte.

Au moment précis où j’étudie l’option de ne pas sortir ou de sortir plus tard (ce qui est en fait la même option, plus ou moins bien déguisée), je me rappelle ceci :

  1. une fois dehors, j’aurai toujours le choix de rentrer (ce qui est vrai, mais n’arrive jamais);
  2. les chances pour que je me sente mieux après l’entraînement qu’avant sont de 100%;
  3. courir donne chaud, donc je n’aurai plus froid (syllogisme bancal, mais efficace);
  4. les autres sont sortis, c’est mon tour.

À ce propos, la communauté rassemblée sur DailyMile est d’un secours extraordinaire. Je vais faire un tour quotidiennement sur le site, pour inscrire mes entraînements et voir ce que les autres mijotent. Je ne peux plus compter les fois où l’entraînement d’un autre m’a donné le coup de pied dont j’avais besoin pour faire le mien. La plupart des amoureux de la course sont un peu solitaires et pratiquent ce sport justement parce qu’il fournit un moment avec soi et pour soi. Jusqu’à ce que j’entre dans cette communauté, j’ignorais cependant à quel point la « présence », l’encouragement et les conseils des « coursophiles » sont précieux. Deuxième théorie à deux sous : lorsqu’on a des témoins, on a toujours envie de faire mieux.

Voilà comment je réussis, au jour le jour, à fournir l’effort nécessaire pour mettre ma machine en mouvement. Mais pour que cela fonctionne dans la longue durée, il me faut un plan et un objectif précis. « Je veux me mettre (ou me remettre) en forme » ou « je veux améliorer ma vitesse » sont des objectifs trop vagues, qui fonctionnent pour quelques semaines tout au plus. La précision fait toute la différence quand vient le temps de se battre contre la tendance naturelle à chercher le confort et à fournir un effort minimum, surtout lorsque l’élan initial est parti là-bas voir s’il y était.

S’inscrire à un événement est une manière très concrète de se fixer un but, mais c’est loin d’être la seule. On peut se fixer un objectif pour la régularité des sorties, le kilométrage hebdomadaire ou la vitesse du 5 ou du 10 Km, par exemple. L’important, c’est d’avoir un but, un échéancier et un plan. Le mien est sur le frigo : marathon d’Ottawa, (idéalement) en 2h10, 22 semaines d’entraînement, détaillé dans un tableau minutieusement préparé, que je rature quotidiennement au surligneur. D’un seul coup d’œil je vois le travail déjà accompli, une excellente source de motivation.

Une combinaison d’un peu tout cela me jette presque toujours dehors, parce qu’au fond, même si je n’en ai pas toujours envie, c’est ce que je veux. Jusqu’ici, je n’ai jamais regretté d’avoir appliqué la force nécessaire à mettre mon corps en mouvement.