En forme de femme


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Trois dimanche

C’est l’histoire de trois courses, de trois dimanche.

La première : 26 mai, Ottawa*.

La chaleur est pesante et le 10K décevant. La contre-performance me plonge dans un questionnement existentiel (rien de moins) : qui suis-je? pourquoi fais-je? comment dois-je? 1h02 sur 10K, franchement. Est-ce le signe qu’il me faut passer à autre chose?

La deuxième : 3 juin, Lorraine.

Ciel couvert, pluie fraîche, ambiance familiale. Je suis là avec mon mari, mon fils de trois ans et la poussette de jogging. Ce n’est pas ma course, ce n’est pas même celle de mon mari – il joue le rôle de lapin (meneur d’allure) pour une copine, qui tente un record personnel sur 10K. J’ai choisi le 5K pour finir avant eux et faire l’hystérique de service à la ligne d’arrivée. Le départ est lancé, je pousse et je cours dans la grisaille, je laisse la fine pluie laver doucement ma sueur et mes doutes. Branchée sur le canal plaisir, je comprends physiquement qu’à force de miser sur l’intensité des entraînements, qu’à force d’accomplir des sorties programmées à la seconde près, j’en ai presque oublié le goût du petit trot et toute la liberté qui l’accompagne. 30 minutes 9 secondes à l’arrivée, 2 minutes 54 de moins que l’an dernier dans des conditions pratiquement identiques. Le monde peut-il se transformer à ce point en sept jours? En une demie heure?

La troisième : 10 juin, Rosemère.

La chaleur rapplique. Une idée a germée depuis mon idylle sous la pluie : prendre ma revanche sur Ottawa. Je connais le parcours de la course de Rosemère par cœur (c’est mon patelin et ma troisième participation consécutive), mon entraînement pour Ottawa ne devrait pas s’être égaré en 14 jours et je suis déterminée. Déterminée, oui, sauf que le soleil est fier lui aussi. Et avant même que le départ ne soit donné, les choses boitent. Les organisateurs sont dépassés par la popularité de l’événement. Il manque de bénévoles pour compléter les inscriptions, on remet des dossards sans épingles et le départ est retardé de plus de 35 minutes.

Il fait chaud et le parcours est vallonné, mais je décide de tenter le tout pour le tout. Je me lance à l’allure prévue, convaincue d’avoir ce qu’il faut de félin en moi pour réussir. Mais dès le kilomètre 4, je craque. Je ralentis, je ralentis encore, et une centaine de pas plus loin, j’entends déjà la voix maudite, cet indésirable démon du courage et de la persévérance, qui me répète que la fête est terminée. C’est beaucoup trop tôt pour l’entendre gémir, celle-là.

Mon mari me rejoint après le cinquième kilomètre. Nous avions prévu qu’il me servirait de lapin sur la deuxième boucle du parcours. Aussitôt est-il près de moi que je lui avoue que c’est foutu, que je n’ai plus rien à donner et que la meilleure chose à faire dans ces conditions serait de dire à la prochaine fois. Non, me répond-il, nous allons terminer ce 10K. Ensemble.

À l’ombre des arbres, j’ai de minces regains d’énergie, mais sous le soleil plombant, il n’y a rien à faire pour contrer l’accablement. Des étourdissements et des sueurs froides me forcent à prendre quelques pauses de marche. Mon mari me devance aux stations de ravitaillement pour remplir ma bouteille d’eau et il me rattrape d’un pas léger. Je m’accroche à sa voix qui ne cesse de m’encourager et au rythme de ses jambes, qui tournent naturellement. J’essaie d’ignorer l’évidence : je ne cours pas pour ça. À l’arrivée, mon corps me prive même de l’euphorie habituelle. 1h02, encore. La revanche est manquée.

Entendez-vous le train des questionnements existentiels qui revient? Moi aussi. Et on ne m’y prend pas deux fois en trois semaines, je suis moins sérieuse que ça. C’est le temps de penser les choses autrement.

Les courses à 35 degrés me font souffrir? Inutile de m’y inscrire. Inutile, aussi, de m’acclimater aux condition caniculaires. Le cadran sonne maintenant à 5h pour me faire profiter des 15 degrés bien doux qui accompagnent le levant. Et pour contrer la lassitude du chrono à viser, j’ai renoué avec l’endurance fondamentale. Avec les pauses de marche aussi, qui me font sentir candide.

J’ai renoué avec l’oisiveté du coureur du dimanche.

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* J’ai triché un peu : la course à Ottawa avait lieu le samedi soir.


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Compétition: 5K Banque Scotia 2012

Tout était prévu. On confiait le petit à ma mère vers les 7 heures pour filer aussitôt vers le métro, on traversait la ville sur la ligne orange avec nos dossards déjà épinglés à nos chandails et une fois débarqués au parc Jean Drapeau, il ne restait qu’à déposer le sac à la consigne, faire une pause pipi et s’échauffer.

Tout s’est déroulé en accord avec le plan comme jamais ça ne m’était arrivé auparavant. L’énergie était bonne, la météo correcte, l’enthousiasme total.

Puis le départ a été lancé et la masse s’est mise en mouvement. Un bref tour d’horizon m’a fait comprendre que je m’étais fourrée dans le même pétrin que l’an dernier : je me trouvais au milieu des marcheurs. Qu’on se le dise : ceux qui portent des sacs à dos pour un 5K ont rarement l’intention de le courir.

Faufilage, dépassements par la gauche et par la droite, etc.

J’ai finalement trouvé de l’espace, des gens qui courent et mon allure. Coup d’œil sur la montre : 600 mètres. Ouf.

Au fait, à quelle allure est-ce que je devais courir ce 5K? Aucune idée.

J’étais tellement occupée à tout planifier pour me rendre à la compétition que j’ai oublié de penser à la compétition.

Le cerveau s’est joint à la course : « disons que je vise 28’30’’ pour tenter de battre mon meilleur temps », me disais-je comme une nouille qui n’a pas fait ses devoirs. « OK, on va dire 28’30’’. Ça fait donc une allure de… 5 minutes et… 3 minutes 30, divisé par 5… franchement ridicule de faire ces calculs ici et maintenant… 3 minutes font 180 secondes… divisé par 5… 36 secondes… plus… 30 secondes divisé par 5… OK, ça fait une allure de… 5’42’’ par kilomètre. »

Ri-di-cu-le.

Coup d’œil sur la montre : 5’50’’ pour le premier kilomètre. Ça allait.

Les jambes tournaient et tournaient et la musique chantait des complaintes rythmées et disait que les trains couraient eux aussi.

Sans m’en rendre compte, je pointais des yeux un coureur à quelques dizaines de mètres et je le rattrapais. La fille au coupe-vent bleu, le gars au bandeau rouge, l’héroïne dans la soixante-dizaine qui courait comme si de rien n’était. Sans zèle aucun, je les rattrapais, juste parce que les jambes tournaient et que je courais à l’aise.

Trop à l’aise, même. À 2,5 Km, j’ai réalisé que c’était déjà presque terminé. Quoi? Déjà?

J’ai accéléré jusqu’à la fin, mais il était un peu tard, à la mi-parcours, pour me décider à courir. J’ai franchi le fil d’arrivée à toute vapeur et avec la ferme conviction qu’un 5K, je ne sais pas comment courir ça. Tant pis, j’ai d’autres qualités. Et toute la vie pour apprendre.

C’était un modeste mais satisfaisant record personnel : 28’04’’.

Je ne pense pas que mon corps et mon esprit soient destinés au 5K. Je ne suis pas même certaine d’aimer vraiment les courir en compétition. Peut-être que j’apprécierai davantage cette distance quand je saurai la gérer. C’était malgré tout un excellent test pour mon 10K à venir (Ottawa, dans 3 semaines), et aussi la confirmation que je progresse doucement mais sûrement.

On verra si je peux virer ces 5 vilaines secondes la prochaine fois…


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Compétition: Classique du Parc La Fontaine (5 Km)

L’histoire d’une compétition commence bien avant le coup de fusil initial. Pour raconter celle du 5 Km de la Classique du Parc La Fontaine, il faut remonter au lendemain du demi-marathon de Montréal*. Je récupérais bien et je me demandais « et maintenant? » Patricia, une copine DailyMile, reluquait la course du Parc National d’Oka, et j’ai trouvé l’idée de courir sur ces jolis sentiers excellente. Je me suis inscrite à l’épreuve du 10 Km.

Après avoir passé en revue différents plans d’entraînement et choisi celui de Hal Higdon, je me suis laissée tenter par la case « test » du programme. La plupart des programmes suggèrent en effet, à quelques semaines de la compétition, de participer à une course de distance intermédiaire pour mesurer la progression du programme, déterminer si l’objectif fixé est réaliste et, s’il le faut, faire des ajustements. J’ai pensé que la Classique du Parc La Fontaine serait parfaite : deux compétitions d’automne plutôt qu’une, on ne peut demander mieux.

L’entraînement allait bon train, l’automne se battait contre l’été qui ne voulait pas décoller, une étape importante de mon programme d’études est devenue chose du passé et un matin, je me suis retrouvée au chevet de mon mari à l’hôpital, dans un corridor de l’urgence entre un mur et une civière. Un chirurgien nous a annoncé qu’il fallait l’opérer et que ça pouvait mal tourner. À peine quelques jours plus tôt, celui qui devant moi se tordait de douleur et attendait de passer au bistouri courait le 10 Km du marathon de Montréal en 45 minutes. C’est une banalité qui n’a pas moins de vérité : la santé tient à bien peu de choses.

J’ai passé sept jours au chevet de mon mari à le soigner comme je le pouvais, ce qui revenait la plupart du temps à être simplement là avec lui. Pas de drame, pas de complications, l’opération s’est bien déroulée et son rétablissement aussi. J’ai dit merci en haut, en bas, à gauche et à droite.

Après ces sept jours de stress durant lesquels je n’ai pas mis les pieds sur mon tapis de yoga ni n’ai couru un kilomètre, mes attentes pour la compétition étaient au plus bas niveau. Mon objectif était avant tout de profiter d’un matin d’automne dans le Parc La Fontaine, près duquel j’ai habité durant plusieurs années, pour courir avec des centaines d’autres coureurs un sympathique parcours de 5 Km.

La journée s’annonçait pluvieuse, venteuse et fraîche, mais la pluie s’est gardée de tomber et, sans elle, le vent et la fraîcheur étaient bienvenus. Quelques amis se trouvaient près de moi à la ligne de départ (d’autres y étaient aussi, mais je n’ai pas eu la chance de les voir). Lorsque la cohue s’est lancée sur le parcours en m’entraînant un peu rapidement, j’ai tout de suite su que ça se passerait bien. Je tenais une allure plus rapide que j’aurais cru en être capable dans les circonstances, mais les sensations étaient bonnes et l’humeur gaie. J’avais, après tout, un petit fan club pour m’encourager : mon mari, notre fils et ma belle-sœur.

J’ai couru sur les sentiers du Parc La Fontaine des années durant, tant de fois que je pouvais me représenter à l’avance les moindres élévations, les tournants et même les endroits où l’eau des averses s’était accumulée. Mon enjambée était naturelle, mon esprit calme. De temps en temps, je jetais un coup d’œil à ma montre GPS et je constatais que je tenais le coup, si bien, en fait, que j’envisageai, vers le troisième kilomètre, faire mon meilleur temps sur cette distance.

Avant de partir de la maison, j’avais agrippé le iPod de mon mari en me disant qu’un peu de musique dans les tympans ferait changement. Mon groupe préféré vient de sortir un nouvel album et la première chanson m’hypnotise. Je l’ai écoutée en boucle de la ligne de départ à la ligne d’arrivée, franchie à 28 minutes et 40 secondes. Mine de rien et sans souffrance, j’ai donc retranché 16 secondes au temps de mon 5 Km de la Banque Scotia de ce printemps. Et en prime, j’ai reçu les encouragements de ma famille à deux autres points du parcours.

J’étais tout sourire. La béatitude du coureur, rien de moins.

* Il y a quelques semaines que je me suis mise à l’écriture de mon récit de compétition du demi-marathon de Montréal. Mais – comment dire? – cette histoire ne se laisse pas raconter comme les autres. L’expérience était complexe et pour cette raison, je ne peux me résoudre à en faire quelque chose de simple. Le récit est déjà long et n’est pas près d’être terminé. Je ne sais encore ce que j’en ferai. Peut-être que j’en publierai ici des morceaux.


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Vous avez dit « plan »?

Je suis tourmentée depuis quelques jours par le problème du plan d’entraînement. J’en ai choisi un (celui de Jean-Yves Cloutier) et j’ai envie d’en faire un autre (celui que j’ai préparé avant de choisir celui de JYC). J’ai commencé le premier lundi et depuis, je ne fais que penser au deuxième.

À propos du plan de JYC, je me disais qu’il était bien balancé et qu’il avait fait ses preuves. De bonnes raisons pour l’adopter, malgré mes appréhensions. Mais si suivre un plan dont on est peu convaincu est dangereux, ignorer celui qui nous fait envie l’est peut-être encore davantage. J’ai décidé d’envoyer valser la raison, donc. J’ai décidé de dire adieu aux promesses de l’entraîneur expérimenté et de faire confiance à mon plan.

Choisir un plan d’entraînement, c’est adopter pour une période déterminée une nouvelle structure, qui vient se superposer à toutes les autres contraintes de la vie. Mieux vaut prendre le temps d’y réfléchir (ou engager un entraîneur personnel). Les critères de sélection sont si personnels qu’il est impossible de faire des généralisations; une chose est sûre, cependant: il faut examiner les plans et les comparer, puis il faut se demander si celui qu’on a dans la mire convient à notre forme actuelle, à notre horaire, à nos objectifs et à notre personalité, pour ainsi dire.

Je recommence donc demain avec mon plan de 15 semaines, qui me mènera au demi-marathon de Montréal. Je me sens en pleine forme, surtout après avoir passé cette excellente semaine:

… bien remplie avec 20 Km de course, 1h45 de yoga et 1h45 de musculation.

Parmi ces 20 Km de course, je compte la compétition d’aujourd’hui, le 5K de Rosemère en santé, que j’ai complété en 30 minutes 30 secondes en poussant le petit dans le Babyjogger. Je me compte chanceuse de pouvoir partager cette activité avec ma famille, dont le chef a fracassé les records avec une performance de 20 minutes 30 secondes. Je suis aussi heureuse de pouvoir y croiser des amis. J’ai fait la sieste, cet après-midi.

Dimanche est ma journée préférée.


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Heureux lendemains

Le mois de juin en est déjà à son cinquième jour, mais puisque j’ai entendu dire qu’il vaut mieux tard que jamais, je lance mon défi mensuel quand-même. Simple et efficace: faire suivre trois entraînements hebdomadaires par une séance de 15 minutes de travail au centre (core work). L’objectif est de stabiliser le corps en entier en solidifiant (dieu que j’aimerais que ce ne soit pas une figure de style) le centre.

Parlant d’objectifs… j’ai eu le temps de penser aux suivants. Je suis inscrite au demi-marathon de Montréal et je compte faire quelques compétitions de 5 et de 10 Km d’ici là. Ça commence ce dimanche au 5 Km de Rosemère en santé, que j’ai l’intention de courir tranquilement. Pour le demi-marathon, mon principal objectif est de finir en force, même si je continuerai de m’entraîner en fonction d’un chrono de 2h15. J’ai décidé de suivre le plan de Jean-Yves Cloutier présenté dans son livre Courir au bon rythme.

En toute franchise, je le trouve ennuyeux, ce plan (le goupe B: Zzzzzzz). Plusieurs aspects me dérangent. Il est peu varié (pas de travail dans les côtes, séances d’intervalles monotones); il fonctionne à partir du temps des sorties plutôt que de la distance (courir 70 minutes plutôt que courir 12 Km, par exemple); il ne compte pas de sorties au rythme de compétition. Mais ce plan a fait ses preuves et je veux m’assurer de faire un entraînement bien balancé. Je commence demain!

Ma semaine de récupétation s’est bien déroulée, mais je me suis rendue à l’évidence: il faut à tout prix que je règle les comptes à cette vilaine dette de sommeil. Première priorité, comme dirait notre premier ministre…


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La pluie dont vous êtes le héros

Rain, Rainy weather

Image via Wikipedia

Le bonheur de courir sous la pluie est un secret bien gardé. C’est du moins ce que me laisse croire l’air perplexe des gens dont je croise le regard en trottant dans les flaques. Certains automobilistes me prennent en pitié et me font d’inhabituelles politesses; d’autres m’éclaboussent sans gêne. Ainsi va la vie. Il pleut encore, certes. Il fait gris, oui. Mais on n’est pas coincé entre quatre murs pour autant.

Samedi, j’ai eu le plaisir de rencontrer un échantillon de la sympathique communauté de DailyMile au Parc Maisonneuve. Sylvie a gentiment organisé le rassemblement et c’est ainsi que j’ai eu l’occasion de faire connaissance avec des gens que je côtoie virtuellement depuis un petit moment. Ç’aurait pu être étrange ou décevant, mais j’ai trouvé l’expérience étonnamment plaisante. Il pleuvait, ce qui ne m’a pas empêché de mettre le petit dans le Babyjogger (couvert de la toile parapluie) et de courir mes 8 Km confortablement. Le petit a roupillé bien au sec, tandis que je profitais du temps gris et des gouttelettes pour tempérer mes ardeurs.

Un autre plaisir pluvieux m’attendait aujourd’hui, puisque mon mari participait ce matin à sa première compétition. Même s’il a des prédispositions plus-que-favorables et qu’il a pratiqué différents sports auparavant, il est, techniquement, un débutant. Il s’est mis à la course en janvier seulement et durant 18 semaines, il s’est préparé à courir ce 10 Km. Je crois qu’il a tiré le meilleur de son entraînement: un chrono de 43 minutes 30 secondes et, je crois le deviner, une nouvelle passion. Lorsque je l’ai vu arriver en flèche (le 12e!), la femme et la coureuse en moi étaient gonflées de fierté.

Il pleuvait. Plutôt que d’attendre sous la pluie et dans le vent l’arrivée de ma douce moitié, j’ai décidé de participer à l’épreuve du 5 Km. Je savais que je terminerais avant lui et que je pourrais ainsi l’accueillir en grandes pompes. Je n’avais aucune intention de courser (je poussais le petit dans le Babyjogger et je suis en période d’affûtage), mais il me semblait simplement que la pluie et le vent frais seraient plus agréables en mouvement. J’ai terminé en 33 minutes 3 secondes, ce qui a complété une semaine d’entraînement satisfaisante et raisonnable.

À 14 jours du demi marathon d’Ottawa, j’accueille tranquillement les papillons dans mon ventre. Je me sens prête et en même temps j’ai un peu peur, mais le dosage de confiance et de nervosité me semble parfaitement sain.

Cette semaine : 34 Km de course, 1h de yoga, beaucoup de plaisir entre amis et sous la pluie.

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Compétition: 5K Banque Scotia (17 avril 2011)

Une nouvelle médaille pour ma modeste collection: j’ai complété le 5K Banque Scotia ce matin en 28 minutes 56 secondes.

Je n’aurais pu prévoir l’agréable tournure des événements ni ce chrono satisfaisant. Hier, j’étais un peu grognonne. On annonçait de la pluie et de grands vents, je traînais un mal de tête et j’avais aussi mal à la jambe droite. Un accident idiot a eu lieu dans l’avant-midi: en sortant mon fils de son siège de bébé, mon vélo a glissé et m’a écorché le tibia dans sa chute. J’ai clopiné durant une bonne heure, frustrée qu’une chose aussi bête arrive la veille d’une compétition.

Pour être tout à fait honnête, c’est surtout la météo qui me rebutait. Se lever à 6h un dimanche matin pour aller courir à l’autre bout de la ville sous la pluie et contre des vents qui souffent à plus de 30Km/h? Vraiment? On était pourtant 967 au rendez-vous, sans compter les 2162 participants du 21K.

J’ai mal dormi et lorsque le cadran a sonné, il était trop tôt à mon goût. Heureusement que mon mari avait décidé de venir m’encourager avec notre fils et qu’il était, lui, très motivé. Comme ces jours où je n’ai pas envie de sortir, j’ai simplement mis mon corps et mon esprit en mode automate. Douche, déjeuner, café, effets personnels, déni de ce qu’il y a de l’autre côté de la fenêtre. À partir de là, tout a été sur des roulettes.

J’ai eu la chance d’être invitée à participer à cette course en tant que membre de l’équipe « Team media ». Tous les journalistes de l’équipe se disputaient deux prix de 1000$, destinés à un organisme de charité de leur choix. Trois prix de 250$ seront également tirés au sort parmi les moins rapides, j’ai donc encore la chance de contribuer à une cause qui me tient à coeur. J’ai choisi de courir pour le Refuge pour les femmes de l’Ouest de l’Île, qui aide les femmes victimes de violence conjugale. Je vous tiens au courant de l’issue de cette pige.

En plus de me permettre de courir pour une bonne cause, faire partie de l’équipe des médias m’a donné la chance d’avoir un traitement VIP. Il y avait une salle réservée à l’équipe, du café, des muffins et une salle de toilettes sans file d’attente. Une chance en or, si vous voulez savoir, parce qu’il y avait toute une foule massée au Complexe aquatique du Parc Jean-Drapeau.

J’étais un peu nerveuse en me dirigeant vers le départ. Mon objectif était de terminer en 30 minutes, c’est-à-dire de tenir une allure de 6 min/Km. Il s’agissait d’un objectif prudent et sans véritable ambition, en raison de ma récente douleur au genou gauche. Ce n’était tout simplement pas le moment de jouer l’héroïne. La compétition qui m’occupe depuis janvier est un demi marathon; il aura lieu le 29 mai et j’ai l’intention d’être à mon meilleur à ce moment-là. J’ai donc fait un échauffement d’environ 8 minutes et, au coup de fusil, déjà bien mouillée, je me suis lancée avec confiance sur le parcours.

Je ne m’étais pas avancée très près de la ligne de départ parce que je n’aime pas le mouvement de foule au début d’une compétition. J’avais mal prévu le coup, cependant (j’aurais dû regarder autour de moi): j’étais au beau millieu des marcheurs. Les premiers 250 mètres ont donc été joggés en zig-zag pour les dépasser. Une excellente chose, en définitive, parce que cela m’a évité de partir trop rapidement. Ce premier vingtième de la course a donné le ton, puisque tout au long des 5 Km, je n’ai fait que dépasser les participants devant moi.

J’avais une stratégie en tête et c’est celle qui me réussit le mieux jusqu’ici: accélérer progressivement et prudemment. Ma machine prend un peu de temps à tourner bien rond, alors l’allure constante n’est pas la meilleure option dans mon cas. Cela s’est donc déroulé comme suit: 6′06″; 6′00″; 5′50″; 5′32″; 5′10″. (Pour les initiés: mon allure tempo est entre 6′00″ et 6′20″ et mon allure d’endurance active est autour de 5′40″.)

Si je suis heureuse de ma « performance », c’est moins parce que j’ai dépassé mon objectif que parce que je l’ai fait sans tout donner. C’était le plan, après tout, de ne pas brutaliser mes jambes. J’ai avant tout cherché à maintenir une bonne forme et à tester ma zone de contrôle en contexte de compétition. Dans le meilleur des mondes, je transposerais les 5 Km que j’ai couru ce matin à la fin de mon demi marathon à Ottawa. On verra.

Voulez-vous savoir la meilleure? J’ai trouvé que les conditions météorologiques d’aujourd’hui étaient parfaites pour une compétition. Cela m’a fait penser à mon marathon à Philadelphie en 2007: une petite pluie, un vent frais, pas de soleil pour éblouir et une sorte de calme dans la couleur du ciel. Les coureurs du demi marathon sont ceux qui ont livré le véritable combat, puisque c’est contre eux que le vent s’est levé.

Et si vous voulez rire, je peux aussi vous parler de la performance de mon mari. Il ne m’a pas entendu, semble-t-il, lui préciser que le parcours du 5 Km finissait où il commençait. Pour ne rien manquer de ma glorieuse arrivée, il s’est donc lancé à la recherche de la fin du parcours dès le coup de fusil. On plaidera ici le demi sommeil, parce que c’est tout simplement trop drôle pour être vrai. À la suite des participants, il s’est lancé sur le parcours avec notre petit dans la poussette, pensant qu’il verrait éventuellement où se terminait la course.

Le petit s’est endormi rapidement. Le grand, lui, cherchait la ligne d’arrivée. Il a vu les marqueurs passer les uns après les autres, 1 Km, 2 Km, 3 Km, 4 Km… et c’est à ce moment (oui, à ce moment seulement!) qu’il a compris qu’il ne verrait pas la ligne d’arrivée avant de l’avoir franchie lui-même. Il m’a dit qu’il avait dépassé des participants tout au long du parcours et qu’il marchait d’un bon pas. À l’arrivée, il a passé dans l’entonnoir avec les autres, mais il n’a pas reçu de médaille. Il a marché tout le parcours!

J’étais déçue de ne pas le voir à mon arrivée, surtout que je sais combien ça lui fait plaisir de me voir réussir une course. Sur le coup, j’ai pensé que quelque chose avait cloché avec le petit, mais quand j’ai appris l’histoire (j’étais déjà changée, réchauffée et j’avais un café à la main),  j’ai ri de bon coeur. C’est tellement lui.

Bravo à tous ceux qui étaient au Parc Jean-Drapeau aujourd’hui et à ceux qui ont couru à Nice aussi. Nos yeux seront rivés sur le Marathon de Boston demain!