En forme de femme


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Compétition: 5K Banque Scotia 2012

Tout était prévu. On confiait le petit à ma mère vers les 7 heures pour filer aussitôt vers le métro, on traversait la ville sur la ligne orange avec nos dossards déjà épinglés à nos chandails et une fois débarqués au parc Jean Drapeau, il ne restait qu’à déposer le sac à la consigne, faire une pause pipi et s’échauffer.

Tout s’est déroulé en accord avec le plan comme jamais ça ne m’était arrivé auparavant. L’énergie était bonne, la météo correcte, l’enthousiasme total.

Puis le départ a été lancé et la masse s’est mise en mouvement. Un bref tour d’horizon m’a fait comprendre que je m’étais fourrée dans le même pétrin que l’an dernier : je me trouvais au milieu des marcheurs. Qu’on se le dise : ceux qui portent des sacs à dos pour un 5K ont rarement l’intention de le courir.

Faufilage, dépassements par la gauche et par la droite, etc.

J’ai finalement trouvé de l’espace, des gens qui courent et mon allure. Coup d’œil sur la montre : 600 mètres. Ouf.

Au fait, à quelle allure est-ce que je devais courir ce 5K? Aucune idée.

J’étais tellement occupée à tout planifier pour me rendre à la compétition que j’ai oublié de penser à la compétition.

Le cerveau s’est joint à la course : « disons que je vise 28’30’’ pour tenter de battre mon meilleur temps », me disais-je comme une nouille qui n’a pas fait ses devoirs. « OK, on va dire 28’30’’. Ça fait donc une allure de… 5 minutes et… 3 minutes 30, divisé par 5… franchement ridicule de faire ces calculs ici et maintenant… 3 minutes font 180 secondes… divisé par 5… 36 secondes… plus… 30 secondes divisé par 5… OK, ça fait une allure de… 5’42’’ par kilomètre. »

Ri-di-cu-le.

Coup d’œil sur la montre : 5’50’’ pour le premier kilomètre. Ça allait.

Les jambes tournaient et tournaient et la musique chantait des complaintes rythmées et disait que les trains couraient eux aussi.

Sans m’en rendre compte, je pointais des yeux un coureur à quelques dizaines de mètres et je le rattrapais. La fille au coupe-vent bleu, le gars au bandeau rouge, l’héroïne dans la soixante-dizaine qui courait comme si de rien n’était. Sans zèle aucun, je les rattrapais, juste parce que les jambes tournaient et que je courais à l’aise.

Trop à l’aise, même. À 2,5 Km, j’ai réalisé que c’était déjà presque terminé. Quoi? Déjà?

J’ai accéléré jusqu’à la fin, mais il était un peu tard, à la mi-parcours, pour me décider à courir. J’ai franchi le fil d’arrivée à toute vapeur et avec la ferme conviction qu’un 5K, je ne sais pas comment courir ça. Tant pis, j’ai d’autres qualités. Et toute la vie pour apprendre.

C’était un modeste mais satisfaisant record personnel : 28’04’’.

Je ne pense pas que mon corps et mon esprit soient destinés au 5K. Je ne suis pas même certaine d’aimer vraiment les courir en compétition. Peut-être que j’apprécierai davantage cette distance quand je saurai la gérer. C’était malgré tout un excellent test pour mon 10K à venir (Ottawa, dans 3 semaines), et aussi la confirmation que je progresse doucement mais sûrement.

On verra si je peux virer ces 5 vilaines secondes la prochaine fois…


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Méli-mélo du dimanche

Soleil!

Vitamide D!

Ce que ça peut faire du bien, quand on en a manqué.

J’ai réussi cette semaine à introduire un peu de yoga dans mon emploi du jour. C’était facile: je n’ai pas fait le ménage. Dix minutes ici, quinze là et hop! j’arrive à deux heures bien pleines sans trop m’en rendre compte. J’ai fait des salutations au soleil, une pratique de yoga Qi revitalisante et un étonnament efficace Power Vinyasa de vingt minutes. Je vous les recommande. C’est le chaos dans la maison, mais je suis tellement zen que ça ne fait pas un pli sur ma conscience.

J’ai aussi enfilé mon maillot et mon bonnet pour la première fois depuis… longtemps. J’étais surprise de ne pas me sentir trop rouillée. Constat utile: il est plus facile de trouver la motivation pour faire du va-et-vient dans un bassin lorsqu’il pleut ou qu’il fait noir.

En prévision de la compétition d’aujourd’hui (5K de la Banque Scotia), j’ai réduit le volume de mon entraînement de course à une petite séance de vitesse (6 x 400 mètres) et une courte sortie tranquille. J’avais les jambes bien fraîches pour courser ce matin. Le résultat de cette compétition est heureux et effrayant à la fois. Heureux, parce qu’il s’agit d’un (bien modeste) record personnel; effrayant, parce qu’il m’oblige à ajuster mes allures pour les quatre semaines d’entraînement qui me séparent du 10K à Ottawa. J’ai mal à simplement regarder les chiffres. Et j’exagère à peine.

En plus de ces petites victoires sur l’inertie, j’ai cuisiné des carrés aux fraises, renoué avec Misteur Vallaire et accouché de quelques pages de thèse. Aucun rapport entre les trois, sauf peut-être qu’ils me mettent dans d’excellentes dispositions.

Le bon coup de la semaine: une liste de lecture soigneusement préparée pour ma course de ce matin. Elle allait comme suit: « Cerveau ramolli » (Lisa Leblanc), « Long Train Runnin’ » (The Doobie Brothers), « Ave Mucho » (Misteur Vallaire), « Art of Almost » (Wilco), « Lightsabre Cocksucking Blues » (McLusky), « The Fever » (The Von Bondies) et « Rock and Roll » (Led Zeppelin). Parfaite!

J’écrirai cette semaine un compte rendu de ce sympathique 5K au Parc Jean Drapeau, mais pour l’instant, je me consacre à la récupération. Zzzzzzzzz.


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Pratiquer et communier contre la montre

Certains pensent qu’on entre dans la communauté des coureurs comme on entre en religion. Il faut bien avouer que le dieu Chronos fait la pluie et le beau temps parmi nous et que la longue course du dimanche est sacrée.

Il faut aussi dire qu’à l’occasion, on a le sentiment d’avoir perdu la foi.

On peut douter de soi, des commandements et des célébrations, on peut vouloir chercher un sens ou remettre en question celui qu’on avait élu, et on peut aussi avoir besoin de recul pour mesurer l’importance du culte.

Pour m’extraire du cul-de-sac vers lequel la rédaction de ma thèse m’avait conduite, j’ai reconfiguré mon horaire et minimisé les distractions durant quelques semaines. Certains changements ont porté fruit, d’autres semblent m’avoir privée d’habitudes chèrement acquises. L’entraînement, entre autres, a souffert. Il a d’abord stagné, il s’est ensuite engagé sur une pente descendante et finalement, je me suis retrouvée un matin à me demander, les yeux fixés sur mon plan d’entraînement, si j’avais encore envie de tout cela.

L’augmentation de mes heures de travail y est pour quelque chose, mais cette semaine, j’ai aussi compris que ma présence fantomatique sur DailyMile et ici même ne sert pas ma cause. Pratiquer ne me suffit plus, j’ai aussi besoin de communier.

Alors voilà, je brasse les cartes une nouvelle fois et je me remets au jeu.

Je sais depuis longtemps qu’en matière de sport, il vaut mieux agir que réfléchir, et c’est précisément pour cela qu’il est nécessaire à l’équilibre de mon quotidien.

Priez pour moi, pauvres pécheurs, car j’ai rendez-vous avec notre Dieu ce dimanche pour ma première compétition de la saison. Un 5K. Je vous raconterai tout, c’est promis.


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Devenir son propre témoin

Mon mari fait briller dans ma personnalité les aspects les plus gentils et les plus doux. Je l’en remercie toutes les fois que j’ai l’occasion de le remarquer, parce que grâce à lui, grâce à son regard, je ne ménage aucun effort pour donner au monde entier le meilleur (bien modeste) de moi-même. Dans ces moments-là, je lui répète comme une vérité qui va de soi : « Tu sais, moi… sans témoin… je ne vaux pas grand-chose ».

En l’écrivant, je trouve ce jugement très dur, d’autant que je m’en suis servi à maintes reprises pour me déjouer, c’est-à-dire pour me donner le coup de pouce ou le coup de pied dont j’avais besoin pour accomplir quelque chose. Lorsque j’ai décidé d’en finir avec la cigarette, par exemple, j’ai annoncé le début de mon sevrage à tout mon entourage plusieurs mois à l’avance. Chacun savait qu’à partir du 1er septembre 2003, je quittais le camp des fumeurs. Peut-être est-ce un peu naïf, mais j’ai la certitude de devoir à tous ces « témoins » une bonne partie de ma détoxification.

Un autre exemple – un peu gênant, je dois l’avouer – est le portrait de mes habitudes alimentaires lorsque je suis seule. Bien que je ne recule devant rien pour garnir notre table de repas nutritifs, appétissants et savoureux, je peux, lorsque mon mari travaille hors de la ville pour quelques jours, dîner aux craquelins et aux raisins secs, souper à la conserve de maïs en grains ou à la brique de fromage, grignoter infiniment par ennui et manger des restes sans prendre la peine de les mettre au four à micro-ondes. Je n’invente rien, même que je garde mes pires menus pour les bas-fonds de mes souvenirs. Si nourrir ma famille au meilleur de mes capacités est non seulement un plaisir, mais un devoir, je n’ai guère plus de considération pour mes propres repas que j’en ai pour l’écureuil de service dans la ruelle.

Lorsque mon mari a quitté pour l’Ouest canadien, lundi dernier, je me suis promise de faire un effort pour manger de vrais repas, chauds s’ils doivent l’être, dans des assiettes comme il faut, et à la table de surcroît. Je réussis plutôt bien jusqu’ici, même s’il me faut résister aux mauvaises habitudes tout au long de la journée. J’aurai encore besoin d’entraînement dans ce domaine, mais j’entrevois l’intérêt, ici et ailleurs, de devenir mon propre témoin.


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Projets de printemps, rêves d’automne

La tempête de neige d’aujourd’hui m’a donné envie de dire quelques mots sur le printemps. Ou plutôt sur ce que j’en ferai. Depuis plusieurs semaines, je suis inscrite au 5K de la Banque Scotia (29 avril) et au 10K d’Ottawa (26 mai). Pas de demi-marathon à l’horizon des bourgeons : j’ai décidé cette année de ne pas programmer une course de longue distance en début de saison.

L’an dernier, j’ai été passablement refroidie par mon expérience au demi-marathon d’Ottawa. Aux prises avec des allergies saisonnières sévères, j’ai enduré les 21,1 Km du parcours plus que je ne les ai courus. Ma confiance en a pris un coup et je n’ai retiré de cette compétition – à laquelle je me suis rendue seule, à regret – qu’une médaille et un souvenir peu reluisant. Ce genre de compétition fait partie de la vie d’un coureur, mais rien ne m’oblige à faire exprès pour les multiplier. Si je devais affronter un épisode d’allergies aussi éprouvant ce printemps, je n’aurais que la moitié de la distance à supporter…

Ma décision a pris un tour plus positif à l’automne, lorsque j’ai couru le 10K du Parc national d’Oka. J’ai eu le sentiment de maîtriser cette distance mieux que le demi-marathon – ce qu’explique mon kilométrage hebdomadaire, encore bien modeste – et cela m’a donné envie d’organiser ma saison 2012 selon un principe de gradation des distances : 5 Km d’abord, 10 Km ensuite, demi-marathon finalement. Une gradation à laquelle s’est greffée, suivant ce train de pensée, la possibilité d’un marathon. Inutile de me faire remarquer que dans ce contexte, j’ai encore moins de chances de maîtriser le marathon que son demi. J’y ai pensé et cela ne m’a pas découragée.

Je rêve d’un deuxième marathon plus qu’il ne le faudrait probablement. Le premier remonte à 2007, il y a 5 ans déjà. Le rêve fait équipe avec les raisons pratiques : le projet d’un deuxième enfant s’organise pour le début de 2013 et les mois d’horaires de travail flexibles sont comptés. Dans cet esprit, mais aussi sur un coup de tête, je dois l’avouer, je me suis inscrite à la loterie du marathon de New York. (Pour les non-initiés, le marathon de New York est un événement qui suscite un tel engouement qu’un tirage au sort est organisé chaque année pour choisir une partie des participants.) Croisons les doigts, donc.

Sinon, ce ne sont pas les marathons d’automne qui manquent pour satisfaire mes fantasmes d’arrière-saison.

Et vous? Je suis curieuse de savoir comment vous organisez votre entraînement cette année, mais surtout de quoi vous rêvez.


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Plan B(aignade)

Enfant, j’ai résisté aux tentatives obstinées de ma mère pour me faire suivre des cours de natation. Ses arguments étaient convaincants, mais j’étais butée. Le crawl et le « swim team », c’était son affaire. En ce qui me concernait, l’idée d’aller et de retourner dans un bassin entre des murs flottants décolorés me paraissait inutile et ennuyeuse. Je n’ai pas fait mes couleurs, si bien que du point de vue de la technique sportive, je n’ai jamais appris à nager.

Je sais quand même comment ne pas me noyer. C’est au moins cela.

J’ai vécu toute mon enfance près d’une rivière. Terrorisée par la perspective d’une noyade accidentelle, ma mère a tôt fait de m’apprendre à me tenir à la surface plus qu’au fond. Je n’avais pas peur de l’eau et, malgré mon refus de porter le bonnet et de m’essouffler de longueurs en longueurs, j’adorais me baigner. À la maison, nous avions une grande piscine ovale, hors-terre mais enfouie à moitié, qui révélait deux pieds de ses parois métalliques au paysage de notre jardin de banlieue. Avec mes amies du voisinage, je composais des chorégraphies – mouvements dansés, culbutes et chandelles synchronisées – que nous exécutions au rythme des hits de l’été.

Durant mes années de collège, j’ai nagé des longueurs de brasse la tête hors de l’eau, dans une piscine des environs où une copine surveillait les baigneurs comme emploi d’été. J’étais sous l’influence de quelques amis nageurs, qui m’avaient donné le goût de m’y mettre à coups d’enlevantes compétitions, livrées devant mes yeux admiratifs. Puis, plus rien.

En 2008, alors que je me mouillais dans l’eau trouble d’un lac du Massachusetts, mon mari m’a demandé si j’avais envie de traverser le lac à la nage avec lui. J’étais désolée de lui dire que je redoutais de n’avoir l’endurance nécessaire pour franchir cette distance. Un peu comme je trouvai dommage, au bord de la mer ligurienne, de ne pas avoir suffisamment confiance en ma force de propulsion pour m’aventurer à plus de quelques dizaines de mètres de la plage. C’était il y a presque deux ans.

J’avais peur plus que je ne voulais le croire et ce handicap me gênait plus que je ne l’aurais pensé. Sans force ni endurance, dans l’eau, il faut toucher au fond ou se tenir au bord. Ma mère avait raison : j’aurais dû faire mes couleurs.

Le problème semble vouloir se régler comme la conséquence heureuse d’un autre problème. Mon genou gauche a montré des signes de fatigue à la fin du mois de janvier et pour éviter le développement d’une blessure durant la basse saison, j’ai décidé de jouer la carte de la prudence et de prendre du repos. L’idée de perdre mes acquis n’étant tout simplement pas une option, je me suis procuré un maillot une pièce – le premier depuis 11 ans –, un bonnet et des lunettes.

J’ai pensé que je trouverais le moyen de me débrouiller une fois dans l’eau et je n’avais pas tort. J’ai été étonnée de me sentir à l’aise avec les mouvements, assez peu efficaces mais pas tout à fait maladroits, et avec la respiration, beaucoup moins difficile que mes souvenirs me laisaient anticiper. Contrairement à la course, que j’ai commencée à partir de rien, et même de moins que rien, j’apprends à nager avec une certaine facilité. Je comprends maintenant l’intérêt d’aller et de retourner au-dessus de la ligne noire, et même que j’en ressens de plus en plus l’attrait, parce que de ces séances de natation, je tire quelque chose de nouveau. De nouveau et de bon. Mais j’y reviendrai une autre fois.

Le plan B, parfois, est celui qu’on ne regrette pas.


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Lecture: Le goût de courir d’Antoine de Gaudemar

Je referme à l’instant un petit livre que j’ai dévoré comme un assortiment de chocolats surfins : Le goût de courir (2011, Mercure de France). Il s’agit d’une anthologie préparée par le journaliste et cinéaste Antoine de Gaudemar, qui rassemble des textes sur la course et ses héros depuis Hérodote jusqu’à Joyce Carol Oates, en passant par Jean-Jacques Rousseau et Lewis Carroll.

On apprend, notamment, que le célébrissime premier marathonien, Philippidès, aurait en fait été un ultra-marathonien, puisqu’il aurait parcouru 250 kilomètres en 36 heures. Et il n’en serait pas mort. On apprend aussi qu’au stade d’Olympie, qui faisait 192 mètres très exactement, les athlètes grecs couraient entièrement nus.

Dans ce petit bijou d’anthologie, quelques textes font sourire, comme la scène du Émile ou de l’éducation de Rousseau, dont voici un extrait :

Les femmes ne sont pas faites pour courir; quand elles fuient, c’est pour être atteintes. La course n’est pas la seule chose qu’elles font maladroitement, mais c’est la seule qu’elles fassent de mauvaise grâce : leurs coudes en arrière et collés contre leur corps leur donnent une attitude risible, et les hauts talons sur lesquels elles sont juchées les font paraître autant de sauterelles qui voudraient courir sans sauter. (p. 30)

D’autres font sourciller, comme celui de Jean Baudrillard :

« I did it! » soupire le marathonien épuisé en s’écroulant sur la pelouse de Central Park.

I DID IT!

Le slogan d’une nouvelle forme d’activité publicitaire, de performance autistique, forme pure et vide et défi à soi-même, qui a remplacé l’extase prométhéenne de la compétition, de l’effort et de la réussite. […]

Le marathon est une forme de suicide démonstratif, de suicide publicitaire : c’est courir pour montrer qu’on est capable d’aller au bout de soi-même, pour faire la preuve… la preuve de quoi? Qu’on est capable d’arriver. (p. 107)

La « course à la Comitarde », dans Alice au pays des merveilles, nous rappelle la nature profondément ludique de la course, et les très spirituelles Notes et maximes sur le sport de Jean Giraudoux sont tout simplement délicieuses :

La piste est l’image de l’infini, sur lequel chaque coureur découpe sa distance favorite. […]

J’aime couper de sprints ma marche vers la mort. […]

Ce n’est pas les uns après les autres que courent les coureurs à pied. La preuve, c’est que jamais il ne leur vient l’idée de toucher ceux qu’ils rattrapent. (p. 99)

Antoine de Gaudemar a divisé son anthologie en trois parties : la première fait état de la course à travers les âges, la deuxième raconte la vie de ses héros, la troisième s’intéresse à la course comme métaphore. S’y côtoient les points de vue des spectateurs et des sportifs, des sprinteurs et des marathoniens, des amoureux et des détracteurs. Je ne saurais reprocher à ce bouquet de textes que d’être trop court; j’en aurais pris plus et pour plus longtemps. Certains titres sont déjà dans ma bibliothèque, d’autres s’y ajouteront bientôt sans aucun doute. Je vous le recommande chaleureusement si vous avez… le goût de courir.

Le goût de courir, textes choisis et présentés par Antoine de Gaudemar, Paris, Mercure de France, coll. « Le petit Mercure », 2011, 134p.