En forme de femme

Compétition: 10K au Parc national d’Oka

8 Commentaires

Je courais hier la dernière compétition de ma saison 2011 au Parc national d’Oka. Le parc offre encore, mais pas pour longtemps, ses couleurs d’automne aux visiteurs; si on a l’occasion de s’y rendre une journée ensoleillée, on profite d’une vue magnifique sur le lac des Deux Montagnes. J’ai fait là-bas du camping lorsque j’étais enfant, de la raquette il y a deux ans et j’étais heureuse, ce samedi, de faire la découverte des sentiers pédestres. Il s’agissait de ma première expérience de compétition sur 10 Km et je suis encore toute grisée par l’expérience.

La course pré-course

Vendredi soir, nous recevions des amis pour le souper et la partie de hockey. Je me suis affairée aux fourneaux, j’ai papoté avec les copines, puis j’ai fait le ménage après le départ des invités. J’ai pris soin de manger comme il fallait et j’ai bu beaucoup d’eau, mais je suis allée au lit un peu tard et, quand le cadran a sonné samedi matin, j’étais la seule de la maisonnée avec du pep dans son soulier.

Je devais prendre une amie au terminus de métro avant de me rendre sur les lieux de l’événement. Avec le métro, l’autoroute, le bandeau introuvable, le petit et le mari qui venaient nous encourager, la poussette à mettre dans le coffre de la voiture et l’excitation, les facteurs de retard se sont multipliés. À proximité du parc, sur la rue principale, il y avait un tel bouchon de circulation que nous craignions de ne pas nous rendre à temps pour le départ de 9 heures. Il n’y avait qu’une seule entrée vers le site, chaque voiture devait s’arrêter à un guichet et le stationnement principal n’était pas adapté pour l’arrivée d’autant de voitures en une si courte période de temps.

Nous n’avions pas encore nos dossards. Il était 8h46.

Mon amie et moi avons joggé de la voiture au chalet, où, à notre grand soulagement, nous avons trouvé la table de distribution des dossards déserte. Les files pour la dernière visite au petit coin, elles, étaient interminables. À 8h52, à plusieurs centaines de mètres de la ligne de départ, nous regardions une vingtaine de coureurs devant nous faire claquer tour à tour la porte des toilettes chimiques. Je me demandais, comme à toutes les fois où je fais la file pour ces lieux d’aisance loin de mettre à l’aise, comment on peut y rester si longtemps. Mais cela est une autre histoire.

La course, la vraie

C’est à 9h06 que le départ a été donné, retard accueilli comme une bénédiction par mon amie et moi, qui sommes passées des cabinets bleus aux tapis de chronométrage d’un trait et légèrement paniquées. Un échauffement peu orthodoxe, c’est le moins qu’on puisse dire.

Les trois premiers kilomètres du parcours sillonnaient les bois en un sentier pittoresque étroit, qui, à un certain moment, débouchait sur une étendue marécageuse. Le sentier était asphalté sur presque toute la longueur, ce qui aurait pu nous dispenser complètement de prendre garde où nous mettions les pieds si ce n’avait été du tapis de feuilles qui le recouvrait. À plusieurs reprises, j’ai dû risquer la surface inconnue en bordure pour dépasser des coureurs plus lents ou des murs de coureurs – ces petits groupes de quatre ou cinq copains qui courent côte à côte. Plutôt que de m’énerver, ces manœuvres m’amusaient; je me réjouissais d’être en mesure de faire ces dépassements et je me savais trop peu échauffée pour me sentir véritablement ralentie par les autres. Je placotais avec mon amie et je crois bien que cela l’a aidée à se détendre, elle qui était si nerveuse à l’idée de prendre part à la première compétition de sa vie de coureuse. Ma montre GPS, qui n’avait pas eu le temps de trouver son satellite avant le départ, s’est réveillée comme par un parfait hasard quelques mètres avant le marqueur du premier kilomètre.

Avant le Km 4, nous avions rejoint la route, assez mal entretenue et pleine de trous. La vigilance était de mise. Mais puisque nous avions quitté les bois nous nous retrouvions aussi sous un ciel bleu de son plus joli bleu et un soleil éclatant. C’est à ce moment que j’ai trouvé mon rythme et que j’ai laissé mon amie prendre le sien. J’avais un objectif en tête (62 minutes) et je savais qu’il n’était pas à la portée d’une course de socialisation. Le contexte, mon humeur, la fraîcheur et la réponse de mes jambes me laissaient croire que je pourrais pousser et, peut-être, me surprendre. J’ai démêlé les écouteurs de mon iPod et je me suis branchée sur ma musique et ma compétition.

J’étais encouragée par le fait que mis à part les coureurs du 21 Km, qui nous rejoignaient vers la mi-parcours, je ne faisais que des dépassements dans le peloton. Mon allure augmentait progressivement et prudemment, ce qui peut paraître une étrange stratégie de compétition pour certains, mais me réussit bien physiquement et mentalement. Tout juste avant la marque du Km 7 s’est érigée devant moi une côte imposante, que j’appréhendais depuis le début. J’ai gardé le rythme, détendu les épaules, le cou et le visage, j’ai maintenu mon attention sur ma respiration et j’ai grimpé sans marcher et sans mantra. Au sommet, j’étais déjà convaincue de passer l’arrivée sous les 62 minutes.

Les deux derniers kilomètres du parcours reprenaient le chemin des sentiers et j’ai accueilli l’ombre avec plaisir. Si cela n’avait été de mon dossard épinglé en quatre points, j’aurais noué mon coupe-vent à ma taille. Je me suis contentée de faire glisser la fermeture éclair, de descendre mon bandeau dans mon cou et de plier mes gants dans mes poches. Il y avait sur cette portion du parcours des plaques de glace dissimulées sous les amas de feuilles. J’ai senti mon pied patiner deux fois avant de me mettre à zigzaguer pour éviter les mauvaises surprises. Je regardais ma montre souvent, signe que je commençais à être fatiguée, mais à chaque fois j’avais la force de me dire que je ne faisais qu’une bouchée des 1300 mètres, que je courais des 850 mètres comme je faisais des muffins, que je sprintais les 400 mètres comme si ma vie en dépendait, que 250 mètres ne faisaient que le 1/40 du parcours, que 60 mètres c’était comme des poussières de distance et qu’enfin il ne restait que quelques pas. Et déjà, c’était fini.

Grâce aux spectateurs, absents sur toute la longueur du parcours mais massés et bruyants au fil d’arrivée, j’ai même donné un dernier coup de mollet pour la finale. À cause du premier kilomètre sans chronomètre, je ne pouvais savoir quel était mon temps officiel, mais je me doutais qu’il était quelque part entre 60 et 61 minutes. À la maison, j’ai appris avec satisfaction que j’avais couru ce premier 10 Km en 60 minutes 14 secondes. Joie! Fierté!

Conclusions

J’ai toujours beaucoup aimé, en entraînement, les sorties de10 Km. Mais j’avoue que cette compétition a été une sorte de révélation. Je pense bien que je suis d’abord une coureuse de fond, mais en même temps, j’ai senti ce week-end que je maîtrisais véritablement cette distance et que je pouvais, pour cette raison, me donner l’occasion de pousser en confiance et en force. Un excellent sentiment. Deux choses, donc : la barre des 60 minutes ne perd rien pour attendre et je tâcherai de mettre tout en œuvre pour parvenir au même sentiment sur le demi-marathon. Mon prochain marathon, de cela je suis maintenant convaincue, ne sera que pour 2013.

Une autre chose est certaine : la course du Parc national d’Oka est déjà sur ma liste de compétitions pour la saison 2012. Serez-vous là?

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8 réflexions sur “Compétition: 10K au Parc national d’Oka

  1. Merci pour ton billet. Tu nous as fait vivre ta course comme si nous y étions. Vraiment une belle course d’automne !

  2. Ton compte rendu est très détaillé et bien écrit. Un plaisir de lire que tu as fait une belle course sur ce 10 km. Un record perso c’est toujours motivant. Félicitation.

  3. Ah que c’était plaisant revivre cette belle course avec toi! 🙂 Tu as une belle plume Sonia. Moi aussi, Oka est définitivement sur ma liste pour 2012!

  4. Tu as raison sur toute la ligne, c’était magnifique et c’était également un plaisir de t’y voir! Bravo pour la côte, moi je ne m’attendais pas à ça et j’ai dû la marcher en partie. Ton billet est encore une fois tellement agréable à lire et j’ai bien ri lors du passage  »mathématiques appliquées », on te reconnait bien!
    La course d’Oka sera assurément sur ma liste de 2012 (À moins que je ne gagne la loterie pour le Marathon de New York).

  5. Bonjour Sonia,

    Tout d’abord, bravo pour ton blog et bravo également pour ton 10km dans le Parc d’Oka. J’y étais également pour mon premier 5 km à vie. Je l’ai fait en 32:01. J’aurais bien aimé brisé la barre du 30 mais ce sera pour une prochaine fois.
    J’ai pu constater que tu as déjà plusieurs courses à ton actif. Je trouve cela très motivant. Qui sait, peut-être aurons-nous le plaisir de se croiser sur les parcours un jour.
    Je me suis donné pour objectif de courir le marathon en 2013 et j’ai également mis un blog sur pied pour m’accompagner dans la poursuite de ce but 😉

    http://www.jogging-evolution.com

    Au plaisir de te lire à nouveau

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