En forme de femme

Avec ou sans OM

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This Statue of Shiva is Approximately 65 feet ...

Image via Wikipedia

Cette semaine, une vieille amie (vieille est l’amitié, jeune l’amie) avec qui je n’avais pas mis les potins à jour depuis un bon moment m’a annoncé qu’elle était plongée dans une formation intensive pour devenir instructeur de yoga. Cette nouvelle m’a fait plaisir parce qu’elle marque un grand tournant dans la vie d’une amie que j’aime beaucoup; elle m’a aussi fait réfléchir au pouvoir réconciliateur et unificateur de cette discipline sur la vie de plusieurs personnes qui m’entourent.

Les raisons qui ont menées mon amie à pratiquer le yoga ne sont pas celles qui m’ont invitées à poser les pieds sur un tapis il y a quelques années, et les bienfaits que cette pratique a sur nos vies sont certainement de nature différente. Je sais par exemple qu’elle est très attirée par le pan spirituel de la discipline, alors que c’est précisément ce qui m’y a fait résister un certain temps. Qu’importe? Nous avons maintenant cette pratique en commun et c’est une nouvelle occasion de partage.

Ma première rencontre avec le yoga a eu lieu durant ma grossesse. Une rencontre très positive dans l’ensemble, puisqu’elle m’a déliée, relaxée et m’a permise de prendre du temps pour moi. Elle m’a réapprise à respirer, aussi, ce qui n’est pas peu de choses. Je me souviens toutefois que dès la première séance, j’ai été mal à l’aise avec les OM. Pour moi, il n’y avait rien de très naturel dans ces chants et je dirais qu’avec le temps, mon sentiment n’a pas beaucoup changé. Je me suis prêtée à l’exercice pour me joindre au groupe, mais ma participation prenait surtout la forme d’un jeu et me faisait sentir hors de mon « élément ».

J’ai fait l’essai d’un autre studio de yoga durant ma grossesse, surtout parce que je sentais le besoin de pratiquer plus d’une fois par semaine. L’instructeur de ce deuxième cours ne nous a jamais invité à chanter des OM. Son cours était aussi plus exigeant physiquement, ce que j’appréciais particulièrement. On pourrait dire que la première classe me remplissait d’énergie et me vidait de mes tensions, tandis que la seconde me faisait travailler physiquement de manière plus intense.

Depuis ce temps, j’ai l’impression (certainement fausse) que le yoga avec OM est moins sportif que le yoga sans OM. Je n’ai pas remis les pieds dans un studio de yoga après les cours de yoga maman-bébé, ce qui veut dire que je n’ai pas eu l’occasion de contredire cette impression, ni de faire des OM d’ailleurs. Ce n’est pas que l’envie de fréquenter les studios de yoga me manque, seulement l’aspect financier de la chose m’en empêche. Je pratique à la maison avec l’aide de quelques DVD, de Yoga Download et de Yoga Today.

Cette semaine, en surfant sur la toile, j’ai lu un article sur le « No OM Yoga ». L’article, pour en faire un très bref résumé, se présente comme un plaidoyer en faveur d’une pratique séculière, dénudée de son pan spirituel et avant tout axée sur l’entraînement et les bienfaits physiques. L’auteur explique que cette pratique sans attaches spirituelles a le mérite d’être plus accessible pour les débutants et pour les sceptiques religieux. Une sorte de démocratisation du yoga, si on veut. Cet article a reçu un accueil très négatif, du moins si on tient compte des commentaires laissés par les lecteurs (certains sont à la limite d’être haineux). Ce grand fossé entre deux pensées, deux types de pratique et deux attitudes m’a choqué et m’a laissé perplexe. Ces deux positions sont-elles irréconciliables?

En toute franchise, à ce stade de ma pratique et de ma vie en général, je cherche encore les mots pour parler de mon expérience. J’ai été amenée au yoga pour la respiration avant tout, mais ce qui m’a véritablement convaincue, c’est l’aspect physique de la pratique. Plus je prends de l’expérience, par contre, et plus je ressens, sans les évoquer ni les attendre, les effets unificateurs et stabilisateurs de ma pratique. Sont-ils spirituels ou ne le sont-ils pas? Je ne sais pas même s’il faut me poser la question. Mes intentions, depuis mes débuts de yogi, ont changées; mon être entier aussi. La transformation continuera certainement aussi longtemps que je mettrai les pieds sur mon tapis. Il me semble que de nier le pouvoir véritable de cette pratique sous prétexte qu’elle est privée de son sens traditionnel est de l’ordre de la mauvaise foi.

L’argument de la tradition évoqué par plusieurs détracteurs du No OM Yoga me semble faible: pourquoi ne pourrait-on pas entrer par la porte séculière et trouver une manière personnelle de réconcilier le corps et l’esprit dans le respect de nos doutes? Je ne connais presque rien de cette tradition, mais quelque chose me dit que cette attitude en est plus près que celle de l’exclusion.

Pratiquez-vous le yoga avec ou sans OM?

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8 réflexions sur “Avec ou sans OM

  1. Il y a quelques années, quand je jouais au football, je cherchais à améliorer ma flexibilité (encore aujourd’hui, je suis aussi souple qu’un bloc de béton). J’avais pensé, à l’encontre de tous mes instincts de mâle amateur de sports violents, que le yoga pourrait m’aider. Quelques mois plus tard, j’ai lu dans le magazine Sports Illustrated un reportage sur des joueurs de football de la NFL qui pratiquaient le yoga bikram (je pense) afin d’améliorer le flexibilité mais aussi pour travailler les muscles stabilisateurs. Ça m’a convaincu d’essayer! Je me suis donc inscrit à un cours de yoga. Finalement je n’ai pas trop aimé, puisqu’il était trop axé sur la relaxation (ce n’était pas du bikram, plutôt une sorte d’introduction au yoga « standard »), mais bref, tout ça pour dire qu’il existe surement suffisamment de variantes de yoga pour plaire à bien des gens.

    • Tout à fait! Et franchement, je ne suis pas étonnée que des joueurs de football pratiquent le yoga, précisément pour les raisons que tu mentionnes. Mon homme, qui était raide comme une barre de fer, s’est aussi mis au yoga. Il aime particulièrement le yoga moksha, qui est pratiqué dans une salle chauffée. Moi non plus je n’étais pas trop convaincue par la pratique « mollo ». J’ai eu la piqûre quand j’ai commencé à faire des séances durant lesquelles je suais à grosses gouttes et mes jambes et mes abdos brûlaient. Tu devrais peut-être réessayer! (L’homme est maintenant raide comme un bâton de bois, ce qui est déjà une nette amélioration!)

  2. Ce n’est pas noir ni blanc. Je comprends les gens de yoga de vouloir protéger un peu le nom car le yoga, c’est avant tout une pratique spirituelle qui fait le pont entre le corps et l’esprit à l’aide de plusieurs disciplines. Les asanas n’en sont qu’une partie, tout comme les mantras, les chants. La question du nom est différente que si on parlait, mettons, d’aqua-forme.

    J’ai un professeur qui a suivi une formation très traditionnelle et pourtant il n’a jamais été question de quel type de yoga nous faisons. Les yogis te diront qu’avec le yoga, de bien petites choses peuvent avoir un effet puissant sur le corps sans qu’on tombe dans une optique athlétique. Ce qui prime et distingue la discipline, c’est ce pont entre le corps et l’esprit par la respiration. C’est, pour moi, ce qui fait du yoga le yoga (PVI, je médite, mais sans mantra ni chants).

    Souvent les cours plus sportifs vont chercher une clientèle qui recherchent d’avantage une activité physique qu’une connexion entre l’esprit et le corps. Est-ce une raison pour exclure tous ceux qui s’intéressent à cet outil merveilleux, qui peut être aussi puissant pour un athlète que pour matante Lisette? Non! Est-ce que leurs besoins sont différents? You bet! Doit-on appeler ça du yoga quand même? Ça dépend. Mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

    C’est à la discrétion de l’étudiant de voir s’il veut compléter sa pratique en approfondissant le volet spirituel ou si le yoga est un prétexte comme un autre à l’activité physique. Dans ce dernier cas, on s’en sacre bien de comment ça s’appelle, il me semble, tant que le client en retire quelque chose et bouge! Bonne pratique!

    • Merci pour ce beau commentaire. La question n’est pas simple et comme tu dis, ce n’est ni noir ni blanc. Je comprends aussi ceux qui veulent préserver une certaine définition du yoga; si on utilise le terme à toutes les sauces, il finit par ne signifier rien du tout. Mais on peut aussi penser que plusieurs chemins peuvent aboutir à la même destination, avec peut-être plus de temps et d’autres moyens. L’activité physique pratiquée avec régularité et, je dirais, une certaine intention ne peut pas être, il me semble, séparée de l’esprit. Et surtout pas sur un tapis de yoga. Chose certaine, je suis loin de me sentir une « cliente »! Bonne pratique à toi aussi!

  3. Un très bon billet, Sonia, comme d’habitude. J’y réponds en anglais puisque la qualité de mon français diminue un peu plus à chaque jour…

    I completely agree with Mlle B and your comments above–it is, of course, necessary to recognize and preserve the spiritual aspect of yoga. This question of whether yoga without the OM actually constitutes yoga seems to be a matter of significant debate these days (I know I’ve seen a few New York Times articles pop up about it), but I can’t help but wonder how anyone who adopts a position that reflects either extreme can really have any claim to yoga to begin with. Yoga, in both its physical and spiritual practice, is about finding a presence and middle ground that is different for each practitioner. Losing sight of that fact and adopting an extreme definition of what yoga must be in order for it to be yoga ultimately ends up being a complete negation of the practice, in my opinion.

  4. Bon…je viens de me rendre compte que je t’ai laissé ce message dans le mauvais texte… Dans Conclusions plutôt que avec on sans OM…Alors je te relaisse le message à la bonne place…

    6 avril:
    Sonia, super intéressant ton article.
    Je pourrais en discuter longtemps avec toi…
    voici un lien pour visionner une entrevue à RDI (émission 109) au sujet du yoga… Ça complète bien le sujet!
    Ils sont venus filmer à notre formation professeur aux Studios Lyne St-Roch, ça passe au début (entre la minute 1 et minute 5 de l’entrevue).
    Tu pourrais voir mes collègues et moi interviewées et filmées! (il y a un 30 secondes de pub avant que ça commence).
    Bon visionnement, si ça t’intéresse! NAMASTE!!xx
    http://www.tou.tv/109/S05E01

    • Merci pour le lien Isabelle! C’était super intéressant, ce reportage. Et que dire de ton apparition! J’ai hâte qu’on s’en reparle, la prochaine fois.

  5. Merci à Isamat pour le très intéressant reportage qu’elle nous a proposé. J’ai adoré. Je fais du yoga depuis plus de sept ans, avec une relation amour-haine. J’en fais très intensivement (trop?) pendant une certaine période et puis j’arrête complètement. Mais j’y reviens toujours. Et plus le temps passe, plus l’aspect spirituel prend de la place. C’est difficile, le yoga, on ne s’en sort pas. Exigeant. Demandant. Les gens sont bien libres de le pratiquer selon la formule qui leur convient, à ce moment-ci de leur vie. Il y en a pour tous les goûts, le reportage le démontre et il est bien qu’il en soit ainsi. Le corps et l’esprit se souviennent et reprennent où on a laissé, pour aller plus loin, toujours.

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