En forme de femme

Décharger le trop plein

13 Commentaires

page 61

Image by D'Arcy Norman via Flickr

Mon silence est d’or, ou quelque chose comme ça.

Je respire les dernières bouffées d’air d’une semaine éreintante. Le boulot prend le meilleur de moi et je ne fais qu’espérer qu’il me laissera un peu d’énergie pour le week-end à venir. Nous célébrons le 2e anniversaire de naissance de mon fils!

La rédaction de ma thèse, maintenant bien enclenchée, siphonne toute ma personne. C’est un étrange sentiment, que d’être vidée ainsi tous les jours depuis quelques semaines. Les pages s’accumulent peu à peu, jour après jour, mais pour tout dire, j’ai le sentiment que dans chacune d’elles je laisse une petite partie de moi-même.

La rédaction est une période envahissante. Je pense à l’articulation d’un paragraphe au déjeuner, je réfléchis à une manière de tourner une idée dans la douche et avant d’aller au lit, tout cela passe et repasse dans ma tête. Peut-être que je suis un peu absente de l’univers, en réalité, il faudrait demander à ceux qui vivent avec moi. La rédaction n’est pas une activité qui va naturellement avec la vie de famille. On peut faire fonctionner cette rencontre moyennant beaucoup d’efforts, mais cela ne va certainement pas de soi.

Heureusement que pour décharger le trop plein je n’ai qu’à enfiler mes Asics et sortir de la maison. Il y a longtemps que la course assure l’équilibre de ma vie entière et tout particulièrement dans ces périodes où ma tête est solicitée à un point tel que mon corps semble trop petit pour la contenir.

Cette semaine, j’ai accompli deux courses exigenantes avec beaucoup de fierté. La première, une course « tempo », était composée d’une période d’échauffement de 25 minutes, d’un segment de 18 minutes au rythme tempo et d’une période de retour au calme. Le rythme tempo est une vitesse à peu près à mi-chemin  entre celle qui est confortable et celle du sprint. On la décrit souvent comme une vitesse de « difficulté confortable ». On peut la tenir pour une certaine période de temps, mais non sans effort. C’est une vitesse qui demande du focus.

Je ne me suis jamais entraînée aussi sérieusement pour mes courses antérieures, parce que mon but était avant tout de franchir le fil d’arrivée. Cette fois-ci, je me suis fixé un objectif précis et je travaille donc en fonction de cet objectif. Avant mercredi, je n’avais jamais couru une si longue distance au rythme tempo et en quittant la maison, je manquais de confiance. Lorsqu’est venu le temps de commencer le segment, je me suis simplement dit: fais de ton mieux, c’est toujours suffisant.

Pour courir ces 18 minutes au rythme tempo, il a fallu que je mette absolument toute mon attention sur mon corps. Me concentrer sur ma respiration, tenir mes épaules bien droites, vérifier tous les 5 pas si des tensions ne s’accumulaient pas dans le haut de mon corps, veiller à ce que mes jambes tournent bien, vérifier si mes yeux n’étaient pas plissés, ma mâchoire serrée, etc. Du focus, je disais.

Je ne portais pas mon ipod et je suis convaincue que c’est en partie parce que je n’étais pas distraite par la musique que j’ai réussi à faire les 18 minutes au programme. J’avoue que j’imagine mal faire 20Km tranquilles sans musique, mais je ne suis pas certaine qu’à l’avenir je remettrai des écouteurs dans mes oreilles pour mes courses de qualité.

Cette course m’a appris que j’étais plus forte que je le croyais et pour cette raison déjà, elle était un merveilleux moment. Elle a aussi déchargé le trop plein, vidé ma tête entièrement pour 18 longues minutes et cela, je vous assure, n’a pas de prix.

La semaine prochaine, je tenterai le coup pour 21 minutes.

Jours 10, 11, 12 et 13

…du défi Embrace:me. Pour prendre soin de moi cette semaine, j’ai fait de l’exercice tous les jours. Rien de plus. Je tâcherai de m’accorder plus d’attention dans les prochains jours.

 

 

Enhanced by Zemanta

13 réflexions sur “Décharger le trop plein

  1. Tout comme toi, lors des sessions exigeantes (intervalles et longs tempos) je laisse le iPod à la maison, question de bien entendre ma respiration, d’être un tant soi peu à l’écoute de mon corps.

    Tu réfléchis à ta thèse lors des courses plus tranquille ou du décroches vraiment?

    • Nan, je ne décroche jamais. Sauf pour les tempos et les fractionnés. Et encore, dans la période de récupération des fractionnés, ça revient à la charge. Mon esprit est « occupé », littéralement.

      • Tu carbures vraiment aux projets intenses.. l’entrainement, la thèse et le bébé en même temps! Petite courbette respectueuse!

  2. Alors n’arrête surtout pas de courir! Ça envahit tes courses plus relax, mais c’est tout de même un bon moyen de soulager le cerveau qui devient… comme en Jello (c’est la sensation que j’avais quand j’étudiais, genre 27 heures par jour). Courage! (Tu prévois combien de temps pour la rédaction de ta thèse?)

    • Tu as raison, Claire. Même si je ne décroche pas complètement, ça me soulage, ça me défoule et ça me divertis. Et mine de rien, puisque je passe la journée devant l’écran, ça me donne une bonne dose de mouvement.

      Pour la rédaction: j’espère déposer la thèse en août 2012.

  3. ah le merveilleux moment de la rédaction de thèse! Je suis passée par là en tant qu’accompagnatrice d’écriveux de thèse et effectivement, ça en devenait obsessif tellement il était tout le temps là-dedans.
    Moi: bla bla bla tu trouves pas?
    Lui: … (bruit d’une mouche à fruit)
    Moi: Babe? tu es toujours avec moi?
    Lui: Penses-tu que si je calcul un Dirac ça serait mieux?
    Moi: hein?
    Lui: ah scuse je viens de flasher, je pense que j’ai trouvé le signe moins qui me gossait.
    Moi: euh…

    Bref, continue de courir😉

    • J’ai bien peur de faire ce sale coup à mon homme… mais j’essaie d’être vraiment présente, autant que possible. Ce qui est encourageant, c’est que ce n’est que pour une certaine période de temps. Et oui, je vais définitivement continuer à courir.

      • Ne t’en fais pas, c’est plus cocasse qu’autre chose. Pour l’entourage immédiat (conjoint, enfants, etc.) c’est une grande fierté de partager la vie de quelqu’un qui met autant de passion et d’effort dans son travail.

  4. J’ai survécu à une rédaction et je sympathise avec toi. Malheureusement, la rédaction c’est 24/24 et 7/7 comme tu le décrits. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a une fin. C’est comme un entraînement marathon, sauf que je recommence à toutes les années.

  5. Moi aussi j’en ai bavé un coup pour la rédaction de ma thèse, en chimie. La tienne, c’est dans quel domaine ? Beaucoup de travail en vue, lâche pas, quand on a le caractère de la course, y’a rien qu’on ne peut pas accomplir !

    • En littérature. Tu as raison de dire que la course forge le caractère. Lorsque j’ai franchi le fil d’arrivée de mon premier (et seul) marathon, j’ai su que je pourrais faire n’importe quoi à l’avenir. C’est un bon sentiment.

  6. Pingback: Méli-mélo du dimanche | En forme de femme

  7. J’ai toujours pensé que la course est la meilleure méthode de s’échapper du stress, même si le sentiment dure pas longtemps. Le fait que tu es entièrement occupée par la rédaction de ta thèse ne m’étonne pas (ça semble faire partie de la chose), et je suis contente que tu aies pu identifier la course comme remède à la pression qui accompagne tout ce processus.

    Courage, et continue de courir!

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