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Courir au pays de l’hiver 2 : trouver la motivation

16 Commentaires

Il fait déjà noir, la chaussée paraît un peu glissante et la simple idée de mettre les pieds dehors fait frissonner. Un jour d’hiver comme les autres, finalement. Difficile de trouver la motivation pour sortir courir, faire une promenade ou aller nager. Alors, on fait quoi?

J’ai une petite idée là-dessus, parce que la motivation est mon département. Je suis tombée dedans quand j’étais petite. Ou est-ce que c’est le livre sur Terry Fox et la détermination qui s’est imprimé dans les profondeurs de mon inconscient vers l’âge de 6 ans? (Il a traversé le Canada en courant, ce qui est déjà un exploit, mais il l’a fait avec une seule jambe. Dans le livre, il portait des chaussures de course bleues et elles parlaient. Il n’en fallait pas plus pour marquer mon imaginaire.) Je suis loin d’être une athlète et je suis un escargot de la course à pied, mais de la motivation, je n’en manque pas.

Quand vient le temps de sortir pour courir, j’en ai malgré tout rarement envie. Encore moins l’hiver, qui me donne le goût de manger du ragoût et de regarder des séries télé en continu. J’adore courir et je connais les multiples bienfaits de ces sorties sur ma vie quotidienne, mais je jongle souvent avec l’idée de prendre un jour de congé. C’est le principe de l’inertie : pour mettre un corps en mouvement, il faut appliquer une force sur lui, fournir de l’énergie. À l’inverse, un corps en mouvement tend à maintenir sa trajectoire et sa vitesse. Pour le freiner, il faut appliquer une force opposée.

C’est du moins la manière avec laquelle je m’explique ce phénomène étrange et comique : lorsque je ne cours pas, je n’ai pas envie de courir, et lorsque je cours, je voudrais ne jamais m’arrêter. C’est tout pour la théorie à deux sous. Le point est celui-ci : tout ce qu’il faut, c’est fournir le petit effort initial, c’est-à-dire rassembler ce qu’il faut, s’habiller et franchir la porte.

Au moment précis où j’étudie l’option de ne pas sortir ou de sortir plus tard (ce qui est en fait la même option, plus ou moins bien déguisée), je me rappelle ceci :

  1. une fois dehors, j’aurai toujours le choix de rentrer (ce qui est vrai, mais n’arrive jamais);
  2. les chances pour que je me sente mieux après l’entraînement qu’avant sont de 100%;
  3. courir donne chaud, donc je n’aurai plus froid (syllogisme bancal, mais efficace);
  4. les autres sont sortis, c’est mon tour.

À ce propos, la communauté rassemblée sur DailyMile est d’un secours extraordinaire. Je vais faire un tour quotidiennement sur le site, pour inscrire mes entraînements et voir ce que les autres mijotent. Je ne peux plus compter les fois où l’entraînement d’un autre m’a donné le coup de pied dont j’avais besoin pour faire le mien. La plupart des amoureux de la course sont un peu solitaires et pratiquent ce sport justement parce qu’il fournit un moment avec soi et pour soi. Jusqu’à ce que j’entre dans cette communauté, j’ignorais cependant à quel point la « présence », l’encouragement et les conseils des « coursophiles » sont précieux. Deuxième théorie à deux sous : lorsqu’on a des témoins, on a toujours envie de faire mieux.

Voilà comment je réussis, au jour le jour, à fournir l’effort nécessaire pour mettre ma machine en mouvement. Mais pour que cela fonctionne dans la longue durée, il me faut un plan et un objectif précis. « Je veux me mettre (ou me remettre) en forme » ou « je veux améliorer ma vitesse » sont des objectifs trop vagues, qui fonctionnent pour quelques semaines tout au plus. La précision fait toute la différence quand vient le temps de se battre contre la tendance naturelle à chercher le confort et à fournir un effort minimum, surtout lorsque l’élan initial est parti là-bas voir s’il y était.

S’inscrire à un événement est une manière très concrète de se fixer un but, mais c’est loin d’être la seule. On peut se fixer un objectif pour la régularité des sorties, le kilométrage hebdomadaire ou la vitesse du 5 ou du 10 Km, par exemple. L’important, c’est d’avoir un but, un échéancier et un plan. Le mien est sur le frigo : marathon d’Ottawa, (idéalement) en 2h10, 22 semaines d’entraînement, détaillé dans un tableau minutieusement préparé, que je rature quotidiennement au surligneur. D’un seul coup d’œil je vois le travail déjà accompli, une excellente source de motivation.

Une combinaison d’un peu tout cela me jette presque toujours dehors, parce qu’au fond, même si je n’en ai pas toujours envie, c’est ce que je veux. Jusqu’ici, je n’ai jamais regretté d’avoir appliqué la force nécessaire à mettre mon corps en mouvement.

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16 réflexions sur “Courir au pays de l’hiver 2 : trouver la motivation

  1. Pingback: On Motivation « I came to run

  2. Wow Sonia!!!!! Ce billet est tout simplement formidable!!!! Je suis d’accord à 150% avec tout ce que tu dis, entre autre tes 4 petits rappels qui sont TELLEMENT vrais, et aussi ce que tu dis à propos de dailymile!!!

    Bravo, j’ajouterais que lire ton billet d’aujourd’hui est aussi une belle façon de se motiver.
    Bravo!!!!

  3. « Quand vient le temps de sortir pour courir, j’en ai malgré tout rarement envie. » Tu as tellement raison!!! Foglia, en début d’année, parlait de sa relation au vélo de façon similaire, comment mille fois il revérifiait les pneus, ceci, cela question de remettre le temps du départ un peu… et comment… une fois partie il aimait ça…

    Tout à fait d’accord aussi sur Daily Mile qui est devenu une source importante de motivation!

    Beau texte!

  4. J’ai lu le livre dont tu parles. J’aimais bien cette collection, il y avait Maurice Richard qui parlait à un baton d’hockey et Marie Curie à une éprouvette…

    Je crois que je vais m’inscrire à DailyMile car j’ai de la misère à me motiver. Je me suis inscrit au Demi-Marahton hypodermique et franchement je ne crois pas être prêt.

    Merci pour le texte et la motiviation!

    • J’avais aussi le livre sur Marie Curie! Je me souviens très bien qu’elle parlait à une éprouvette. Viens nous rejoindre sur DailyMile, ça vaut vraiment la peine.

  5. Ce message tombe à point… moi qui ait la motivation de courir au froid plus que chancelante depuis une semaine. Les 2 premiers km je suis tellement gelée, chaque fois j’appréhende. Bref, merci du coup de pied au cul 😉

    • Les deux premiers Km sont les plus difficiles (et pas juste quand il fait froid selon moi). Quand mon corps a régularisé la température et qu’il cesse de percevoir la course comme une agression, ça baigne. Il arrive souvent, pendant les 2 premiers Km, que je me demande pourquoi je me fais ça… mais après 4 ou 5Km, ça me reviens.

  6. C’est vrai que c’est une belle communauté sur Dailymile. Bonne préparation pour ton marathon à Ottawa.

  7. >marathon d’Ottawa, (idéalement) en 2h10
    Ambitieuse , dites-moi !

  8. C’est vrai que l’exploit de Terry Fox, ça frappe l’imagination ! C’est tout un modèle de courage et de persévérance. À tout dire, c’est mon idole. Vaut mieux Terry que « Justin » ou « Lady », si vous voyez de qui je parle ! L’inscription à une course reste pour moi la meilleure motivation. On a une petite déficience à Québec, il n’y a pas de course (que je connaisse) entre le demi de la fin août et celui du tout début mai. Donc je relirai ton article ci-dessus quand j’aurai besoin de me motiver entre, hum… disons septembre et janvier ! Et qui sait, peut-être qu’un jour il y aura un demi-marathon du Bonhomme Carnaval !

  9. Pingback: Petit guide du coureur débutant | En forme de femme

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