En forme de femme


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Fais-le toi-même : pain multigrain

On peut penser que faire son pain est aujourd’hui un grand luxe – un luxe de temps, évidemment –, mais préparer la pâte prend tout au plus 30 minutes et sa cuisson, moins d’une heure. Il s’agit simplement d’entreprendre la préparation de la pâte un matin de congé, puisqu’il faut 4 heures au total pour la faire lever. Je fais depuis quelques années une fournée toutes les 4 semaines. Ce n’est rien de très éreintant. Ce pain multigrain est une excellente source de fibres et de glucides, sa préparation est économique et il emplit la maison de fumets exquis. Tartinez une tranche grillée de tartinade choco-noix et vous voilà au déjeuner des dieux.

Il faut :

½ tasse (125 ml) d’eau tiède

1 c. à thé (5 ml) de miel

1 sachet (11 ml) de levure sèche active

4 tasses (1 L) d’eau tiède

3 c. à soupe (45 ml) de mélasse

1 c. à thé (5 ml) de sel

2 c. à soupe (30 ml) d’huile d’olive

12 tasses (3L) de farine à pain*

½ à ¾ tasse d’un mélange de grains (ce que vous avez: blé dur concassé, graines de lin entières et moulues, graines de sésame, graines de citrouille, graines de tournesol, millet, flocons d’avoine, etc.)

*J’utilise 9 tasses de farine de blé entier à pain et 3 tasses de farine à pain (La Milanaise). Je fais parfois un mélange avec d’autres farines (kamut, épautre, sarasin).

Préparation:

Dissoudre le miel dans ½ tasse d’eau tiède et ajouter la levure. Laisser gonfler 15 minutes ou jusqu’à ce que le mélange double de volume.

Dans un bol, mélanger les farines et les grains. Réserver.

Dans un grand bol, mélanger au fouet le reste de l’eau tiède, la mélasse, le sel et l’huile. Incorporer le mélange de levure et mélanger.

Ajouter la farine, une tasse à la fois jusqu’à la 8e tasse, en mélangeant bien au fouet pour développer le gluten. Continuer l’opération à la cuiller de bois.

Sur un plan enfariné, pétrir la pâte 10 minutes. Ajouter un peu de farine au besoin.

Huiler légèrement un grand bol et y déposer la boule de pâte. Recouvrir d’un linge humide et d’un linge sec et faire lever 2 heures.

Huiler légèrement 4 moules à pain. Séparer la pâte en 4 et déposer une portion dans chacun des moules. Recouvrir d’un linge humide et d’un linge sec et faire lever 2 heures.

Enfourner à 300 degrés F (150 degrés C) pour 55 minutes.

Démouler les pains et les laisser tiédir sur une grille, recouverts d’un linge sec.


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Lecture: Courir au bon rythme de Jean-Yves Cloutier et Michel Gauthier

Au Québec comme partout dans le monde, la course fait de plus en plus d’adeptes. La participation aux compétitions sur route est en constante croissance, les clubs se multiplient, les boutiques spécialisées font de bonnes affaires et, rapidement, une communauté se constitue. La bonne santé de la course au Québec se manifeste aujourd’hui dans la sphère culturelle, avec l’émission Mlle Court, le nouveau magazine Kmag et la publication, aux éditions La Presse, du livre de Jean-Yves Cloutier et de Michel Gauthier, Courir au bon rythme (2011).

Jean-Yves Cloutier est entraîneur et président-fondateur du club d’athlétisme Les Vainqueurs et il est aussi l’entraîneur-conseil du Marathon Oasis de Montréal. Ses programmes d’entraînement figurent sur le site officiel de l’événement et ont la réputation de mener les athlètes, néophytes ou aguerris, vers la réussite de leurs objectifs. La publication de son livre, cette année, a reçu un accueil chaleureux de la part de la communauté des coureurs et contribuera certainement au rayonnement de son travail auprès des athlètes ainsi qu’à la promotion de l’athlétisme.

J’ai lu Courir au bon rythme attentivement et plus d’une fois, mais je n’ai pas suivi un des programmes d’entraînement qu’il propose. Mon commentaire s’attache donc avant tout au contenu du livre et ne prétend pas évaluer l’efficacité des programmes d’entraînement. Je n’écarte pas la possibilité de faire l’essai d’un de ces programmes; si je devais le faire un jour, je commenterai certainement mon expérience.

Jean-Yves Cloutier et Michel Gauthier présentent leur ouvrage comme un manuel pratique qui aurait pu s’intituler, écrivent-ils, Les conseils du coach. Leur mission est de transmettre un savoir pratique avec simplicité et sans jargon aux coureurs de tous les niveaux. L’ouvrage est divisé en trois parties : la première présente une « philosophie de l’entraînement », la seconde propose des programmes d’entraînement pour la mise en forme des débutants et pour la préparation à des compétitions de 5, 10, 21,1 et 42,2 kilomètres, et la troisième, intitulée « Boîte à outils », livre en vrac une variété de conseils sur la souplesse et la musculation, les chaussures, la tenue vestimentaire, les préparatifs en vue d’une compétition, l’alimentation, etc.

La « philosophie de l’entraînement » que développe la première partie du livre fournit un modèle exemplaire de ce qui constitue, selon moi, une saine approche de l’exercice physique. Pour les auteurs, la course n’est pas une rencontre de passage qui sert des objectifs à courts termes (perdre du poids, participer à un événement d’envergure pour soutenir une noble cause, etc.), mais une relation qui s’enracine, se développe dans le temps et rend ses fruits plus longtemps qu’on oserait l’imaginer. « La course », écrivent Cloutier et Gauthier, « contribue au développement de nouvelles habitudes et elle s’intègre parfaitement dans un régime de vie sain. » (p. 35)

La constance et la prudence sont les deux éléments clé de cette philosophie; elles assurent une progression sans heurts et une pratique durable. Le cœur de l’ouvrage est d’ailleurs ce fameux rythme auquel le coureur doit s’entraîner, rythme qui respecte sa forme actuelle plutôt qu’il ne s’aligne sur des objectifs. On le sait : nos ambitions dépassent souvent nos moyens et, si elles sont jumelées à un enthousiasme effréné, elles peuvent mener à des cycles de surentraînement-blessure-arrêt, frustrants et décourageants. Une des premières choses que nous apprend ce livre, c’est que l’on court trop vite trop longtemps ou trop souvent. La sentence est dure : rares sont les coureurs (même débutants) qui consentent aisément à courir plus lentement qu’ils s’en croient capables. Hélas, il le faut, nous disent et nous redisent les auteurs.

Le livre fournit des tableaux dans lesquels on peut déterminer les différents rythmes d’entraînement à utiliser dans les programmes proposés, accompagnés d’explications claires sur la manière de procéder. À titre comparatif, j’ai constaté que ces rythmes sont, à quelques secondes près, les mêmes que proposent les programmes de McMillan et de Pierce, Murr et Ross (Run Less, Run Faster). Il n’y a donc rien d’unique ou de très nouveau dans cette approche, si ce n’est qu’elle tente d’inculquer ces principes dès les premiers printemps de celui ou de celle qui décide de se mettre à la course.

Les programmes d’entraînement proposés couvrent un large spectre qui va d’un objectif de 45 minutes de marche rapide à la réussite d’un marathon. Simples et balancés, ils sont basés sur la durée de l’entraînement plutôt que sur la distance. Cela a l’avantage de rendre les séances d’entraînement faciles à planifier, mais l’inconvénient, selon moi, de créer de grands écarts de kilométrage entre les coureurs plus rapides et les coureurs plus lents. Pour un coureur dont le rythme d’endurance fondamentale est de 7 minutes par Km, par exemple, la plus longue sortie du programme d’entraînement pour un demi-marathon sera de 15 Km, ce qui me paraît assez peu, du point de vue de l’endurance et du point de vue de la confiance. Si le même coureur s’entraîne pour le marathon, sa plus longue sortie sera de moins de 26 Km, ce qui me semble franchement périlleux, encore une fois, physiquement et psychologiquement. Cela m’a peu convaincue. Mais, je le répète: je n’ai pas testé l’efficacité de cette méthode. En revanche, j’ai été ravie par la section qui clôt le chapitre et dans laquelle les auteurs expliquent comment planifier une saison de course, prévoir le repos annuel et établir des objectifs pour différentes compétitions.

Dans le chapitre « Boîte à outils », les auteurs font ce que de nombreux autres ouvrages du même type ont fait avant eux : ils tentent de résumer tous les petits détails qui entourent la pratique de la course. On reste sur notre faim, parce qu’à vouloir tout couvrir de manière synthétique, on finit par en dire assez peu. Moins de 5 pages couvrent ensemble des sujets aussi vastes et importants que la musculation, la souplesse, l’alimentation et l’hydratation. Cette boîte à outils n’est donc pas celle qui est étalée dans le garage de la maison familiale et dont les différents éléments, de qualité, on été acquis au fil des ans; il s’agit de la petite boîte avec laquelle vous avez emménagé dans votre premier appartement. Il faudra tout remplacer, mais vous saurez vous débrouiller pour l’instant.

À l’exception du style, qui est trop familier par moments, qui tolère souvent les anglicismes et, surtout, qui fait un usage excessif du point d’exclamation, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Les auteurs sont de vrais pédagogues : ils ne se gênent pas pour répéter ce qui résiste à pénétrer le coco de leurs élèves et c’est très bien ainsi. Il y a des choses qu’il vaut la peine de se faire rappeler, et Courir au bon rythme en contient des dizaines. Je recommande chaleureusement ce livre à ceux qui souhaitent se mettre à la course, aux coureurs qui s’y sont mis depuis quelques mois et à ceux, plus expérimentés, qui n’en ont jamais assez lu sur leur sport favori.

Jean-Yves Cloutier et Michel Gauthier, Courir au bon rythme. Du débutant à l’expert : s’entraîner avec succès à la course à pied, Montréal, Les éditions La Presse, 2011, 169 p.


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Compétition: Classique du Parc La Fontaine (5 Km)

L’histoire d’une compétition commence bien avant le coup de fusil initial. Pour raconter celle du 5 Km de la Classique du Parc La Fontaine, il faut remonter au lendemain du demi-marathon de Montréal*. Je récupérais bien et je me demandais « et maintenant? » Patricia, une copine DailyMile, reluquait la course du Parc National d’Oka, et j’ai trouvé l’idée de courir sur ces jolis sentiers excellente. Je me suis inscrite à l’épreuve du 10 Km.

Après avoir passé en revue différents plans d’entraînement et choisi celui de Hal Higdon, je me suis laissée tenter par la case « test » du programme. La plupart des programmes suggèrent en effet, à quelques semaines de la compétition, de participer à une course de distance intermédiaire pour mesurer la progression du programme, déterminer si l’objectif fixé est réaliste et, s’il le faut, faire des ajustements. J’ai pensé que la Classique du Parc La Fontaine serait parfaite : deux compétitions d’automne plutôt qu’une, on ne peut demander mieux.

L’entraînement allait bon train, l’automne se battait contre l’été qui ne voulait pas décoller, une étape importante de mon programme d’études est devenue chose du passé et un matin, je me suis retrouvée au chevet de mon mari à l’hôpital, dans un corridor de l’urgence entre un mur et une civière. Un chirurgien nous a annoncé qu’il fallait l’opérer et que ça pouvait mal tourner. À peine quelques jours plus tôt, celui qui devant moi se tordait de douleur et attendait de passer au bistouri courait le 10 Km du marathon de Montréal en 45 minutes. C’est une banalité qui n’a pas moins de vérité : la santé tient à bien peu de choses.

J’ai passé sept jours au chevet de mon mari à le soigner comme je le pouvais, ce qui revenait la plupart du temps à être simplement là avec lui. Pas de drame, pas de complications, l’opération s’est bien déroulée et son rétablissement aussi. J’ai dit merci en haut, en bas, à gauche et à droite.

Après ces sept jours de stress durant lesquels je n’ai pas mis les pieds sur mon tapis de yoga ni n’ai couru un kilomètre, mes attentes pour la compétition étaient au plus bas niveau. Mon objectif était avant tout de profiter d’un matin d’automne dans le Parc La Fontaine, près duquel j’ai habité durant plusieurs années, pour courir avec des centaines d’autres coureurs un sympathique parcours de 5 Km.

La journée s’annonçait pluvieuse, venteuse et fraîche, mais la pluie s’est gardée de tomber et, sans elle, le vent et la fraîcheur étaient bienvenus. Quelques amis se trouvaient près de moi à la ligne de départ (d’autres y étaient aussi, mais je n’ai pas eu la chance de les voir). Lorsque la cohue s’est lancée sur le parcours en m’entraînant un peu rapidement, j’ai tout de suite su que ça se passerait bien. Je tenais une allure plus rapide que j’aurais cru en être capable dans les circonstances, mais les sensations étaient bonnes et l’humeur gaie. J’avais, après tout, un petit fan club pour m’encourager : mon mari, notre fils et ma belle-sœur.

J’ai couru sur les sentiers du Parc La Fontaine des années durant, tant de fois que je pouvais me représenter à l’avance les moindres élévations, les tournants et même les endroits où l’eau des averses s’était accumulée. Mon enjambée était naturelle, mon esprit calme. De temps en temps, je jetais un coup d’œil à ma montre GPS et je constatais que je tenais le coup, si bien, en fait, que j’envisageai, vers le troisième kilomètre, faire mon meilleur temps sur cette distance.

Avant de partir de la maison, j’avais agrippé le iPod de mon mari en me disant qu’un peu de musique dans les tympans ferait changement. Mon groupe préféré vient de sortir un nouvel album et la première chanson m’hypnotise. Je l’ai écoutée en boucle de la ligne de départ à la ligne d’arrivée, franchie à 28 minutes et 40 secondes. Mine de rien et sans souffrance, j’ai donc retranché 16 secondes au temps de mon 5 Km de la Banque Scotia de ce printemps. Et en prime, j’ai reçu les encouragements de ma famille à deux autres points du parcours.

J’étais tout sourire. La béatitude du coureur, rien de moins.

* Il y a quelques semaines que je me suis mise à l’écriture de mon récit de compétition du demi-marathon de Montréal. Mais – comment dire? – cette histoire ne se laisse pas raconter comme les autres. L’expérience était complexe et pour cette raison, je ne peux me résoudre à en faire quelque chose de simple. Le récit est déjà long et n’est pas près d’être terminé. Je ne sais encore ce que j’en ferai. Peut-être que j’en publierai ici des morceaux.

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