En forme de femme


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Janvier à bras le corps

Chaque mois de l’année 2011 sera l’occasion de proposer un défi pour améliorer nos habitudes de vie et favoriser une meilleure forme physique.  Pour le mois de janvier, j’ai pensé aller à l’essentiel et m’attaquer à notre consommation d’eau.

Nous le savons tous: le corps est principalement composé d’eau et l’être humain ne peut vivre très longtemps s’il en est privé. Dans Boire de l’eau: pourquoi et combien?, Lucie Dumoulin et Marie-Michèle Mantha expliquent clairement et sans jargon le rôle joué par l’eau dans le corps humain. Saviez-vous, par exemple, que l’eau sert de lubrifiant pour les yeux et les articulations?

Selon Dumoulin et Mantha, "les gens qui boivent peu encourent le risque de problèmes au foie, au système digestif et même au coeur, ainsi que d’une perturbation du fonctionnement mental - tous des problèmes liés à une baisse du volume sanguin." Ce qui est le plus étonnant, c’est que nous pouvons être légèrement déshydratés de manière chronique, sans pour autant ressentir des symptômes suffisamment alarmants pour en prendre conscience. En d’autres termes, le mal de tête qui frappe souvent à 16h et que vous attribuez généralement à la fatigue est peut-être un signe de déshydratation.

L’article de Dumoulin et de Mantha propose les principes de base d’une consommation idéale de liquides, mais sur le sujet, les avis sont nombreux et parfois contradictoires. Elles affirment par exemple qu’on ne boit jamais trop d’eau, alors que d’autres spécialistes affirment le contraire. Peu importe le camp dans lequel nous nous rangeons, il est important de prendre conscience de nos besoins en liquides et d’installer dans notre routine quotidienne les habitudes nécessaires à une bonne hydratation.

Cela peut paraître simple, mais boire 2 litres de liquide par jour ne va pas de soi, surtout si le café et le thé sont exclus du calcul. Les raisons pour remettre le prochain verre d’eau à plus tard sont nombreuses: sentiment d’être ballonné, bouteille oubliée, impossibilité d’avoir accès à une salle de toilette pour un certain temps, peu d’attrait pour la saveur de l’eau, etc. C’est là, précisément, le défi. En janvier, j’essaierai de me discipliner à consommer 2 litres d’eau par jour, dans l’espoir que cela devienne une habitude et qu’il ne faille plus y penser.

Si le défi vous appelle, je vous suggère de lire un billet qu’Emilie a publié sur sujet il y a quelques mois. Elle y propose des astuces intéressants, comme celui de coupler une habitude déjà bien installée avec la consommation d’un verre d’eau. Ce truc fonctionne à merveille. Chaque matin, la vitamine gobée sur le pouce est maintenant l’occasion de boire un grand verre d’eau. Je fais une pierre deux coups: après ce verre d’eau, le deuxième café me tente moins.

Pour donner un élan à ce défi – et dans l’esprit de désintoxication qui me prend inévitablement après les étranges orgies du temps des fêtes -, je propose de ne boire que de l’eau pour les 7 premiers jours du mois de janvier. De l’eau, de la tisane et un verre de lait écrémé, rien d’autre. Bannis seront les jus, la caféine et l’alcool. Difficile de penser à une meilleure manière de commencer l’année. Une excellente cure de santé, assurément.

Pour l’année qui vient, je vous souhaite de la santé. Bonne année!


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La vérité sur les DVD: la série

Les puristes disent non et les préjugés sont tenaces: faire de l’exercice devant la télévision est un étrange paradoxe. Certes. Je dois avouer que j’étais plutôt sceptique moi aussi, mais les circonstances (horaire chargé, nouvelle famille) m’ont mené là un peu naturellement.

J’ai commencé à faire des routines d’exercice avec des DVD lorsque j’étais enceinte, surtout parce que mes genoux m’empêchaient de courir et que fréquenter le gym ne me disait rien. Je suivais une leçon de yoga prénatal par semaine et c’était tout ce que mon budget me permettait. C’était l’hiver, il faisait froid, je devais trouver quelque chose pour bouger et me garder en forme. J’ai fait de la recherche en ligne, j’ai lu des commentaires et j’ai commandé deux DVD. L’un était bien, l’autre un peu moins.

Après l’accouchement, mes genoux refusaient toujours de me laisser trotter et mes nouvelles obligations m’empêchaient souvent de sortir de la maison. Les routines à faire à la maison, pendant la sieste du bébé ou à des heures bizarres, m’ont en quelque sorte sauvé la vie. J’ai pris goût à la flexibilité que me donnaient ces "classes" à la maison et je m’en suis procuré d’autres.

Comme la plupart des coureurs amateurs, je consacrais trop peu de temps à la musculation. Les DVD m’ont ainsi réappris à intégrer dans mon régime d’exercice hebdomadaire des séances de musculation. Rien que pour cela, c’était un acquis important. J’avais déjà accumulé un peu d’équipement (des poids libres, une balle de stabilité, un matelas de yoga), alors tout s’est passé sans heurt.

La pratique régulière d’une activité physique est un grand défi. On sait tous que cela est nécessaire à notre santé et pourtant, les meilleures intentions du monde aboutissent souvent à l’échec. Pourquoi est-ce si difficile d’en faire une habitude? Les raisons sont nombreuses, mais tournent surtout autour de ces trois-là: horaires qui débordent, coût de l’abonnement à un gym et, évidemment, manque de motivation.

À cela, les DVD offrent des solutions. Plusieurs proposent des routines courtes (aussi peu que 10 minutes), qui misent sur l’intentsité plutôt que sur l’endurance. Après tout, 10 minutes, c’est mieux que rien du tout. Et il y a des chances pour qu’on ait la piqûre et que l’envie nous prenne d’en faire un peu plus, surtout lorsqu’on commence à ressentir les bénéfices.

Certains DVD demandent de l’équipement de base (un ou deux sets de poids libres et un matelas), mais d’autres proposent des routines où le poids du corps est la seule résistance nécessaire. Dans un cas comme dans l’autre, les coûts demeurent tout de même moins élevés qu’un abonnment au gym.

En ce qui concerne la motivation, il n’y a cependant pas de magie: il faut mettre le DVD dans le lecteur et enfiler des espadrilles. Il faut dire, par contre, que les entraîneurs qui enregistrent des DVD d’exercice sont souvent charismatiques, pleins d’énergie et par conséquent très motivants. (D’autres, on s’en doute, tapent un peu sur les nerfs.)

D’autres avantages? Inutile de se soucier de ce qu’on a l’air: personne ne nous voit. On peut faire une pause quand on en ressent le besoin. L’hiver, on s’évite le transport vers le gym et le frisson du retour, les cheveux encore humides.  Il y a beaucoup de variété: yoga, pilates, musculation classique, danse, cardio de toutes sortes, exercice sans impact, kickboxing, etc. Les entraîneurs expliquent bien la forme des mouvements pour nous éviter de forcer de travers, et ils proposent aussi des mouvements alternatifs, plus difficle ou plus faciles. Un des plus importants avantages: ils nous empêchent de faire et de refaire toujours les même exercices (les mêmes redressements assis, le même 30 minutes d’elliptique), qui, avec le temps et l’habitude, ne mettent plus notre corps au défi.

Deux inconvénients teintent un peu le paysage. Le premier est que la grande majorité de ces DVD proviennent des États-Unis et sont donc enregistrés en anglais. Certains offrent des traductions, mais le français est rarement au menu. Si on comprend l’anglais, cela n’est pas un problème; si on le comprend moins, ce pourrait être une occasion d’apprendre les parties du corps et les différents termes liés à l’exercice. On peu aussi se rabattre sur les DVD enregistrés en français, mais l’avantage de la variété tombe alors.

Deuxième inconvénient: on ne sait jamais trop sur quoi on va tomber, sauf si l’on prend le temps de lire les commentaires des utilisateurs sur différents sites et de les comparer. Et encore. Quel est le niveau de difficulté des routines? Quels types de variations propose le DVD? Doit-on faire la routine d’un bout à l’autre ou peut-on la fragmenter en parties cohérentes? Quel genre de personnalité a l’entraîneur? Quels sont les particularités des routines? Faut-il beacoup de coordination pour en tirer le maximum de bénéfices (certaines personnes en sont dépouvues et cela a pour elles beaucoup d’importance)?

Puisque j’ai déjà fait l’essai de plusieurs DVD et que je suis toujours à la recherche de nouvelles routines, je propose ici d’entamer la série "La vérité sur les DVD", qui répondra à ces questions et à celles qui surgiront en cours de route. Si vous avez envie de combattre vos excuses ou si vous vous décidez enfin à intégrer un peu de musculation ou de cardio à votre régime d’exercice hebdomadaire, cela pourra toujours servir.


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À la courge!

Si vous lui demandiez, ma mère vous dirait que j’ai toujours aimé "les recettes". Lire: j’ai toujours adoré me déchaîner dans la cuisine, essayer des machins compliqués qui demandent des ingrédients obscurs, partir de rien pour faire cuire ce qui se trouve facilement à l’épicerie, déjà tout fait et prêt à manger. Aujourd’hui, cela fait de moi une banale foodie, qui imite tout le beau monde qui s’improvise vedette du fourneau. Céline Galipeau est-elle la seule personnalité médiatique à ne pas animer une émission de cuisine au Québec? Passons.

Les choses à la mode m’ennuient, et je m’ennuie moi-même quand je suis aux prises avec elles. Mais la cuisine, on ne peut pas s’en sortir, surtout lorsqu’il est question d’entraînement. Les gens actifs ne se nourrissent pas seulement d’amour et d’eau fraîche. Quand il fait froid, ils carburent plus que jamais aux bons petits plats et au réconfort.

Les courges sont peut-être une des grandes sources de réconfort de la saison froide. Elles sont économiques, se conservent longtemps (3 mois, dans un endroit frais et sec) et sont pleines de nutriments essentiels. Elles se cuisinent de mille manières et ont des saveurs variées. Personnellement, c’est toujours en soupe qu’elles me font le plus grand bien.

C’est la raison pour laquelle je me laisse aller à partager ma recette de soupe à la courge sans tracas. Votre vie en dépend: c’est une question de vitamine C et d’antioxydants. D’hydratation, aussi, parce que les courges, bourrées de potassium, favorisent la régulation des fluides dans le corps.

Cette recette est si simple que cela en est gênant. Je la fais avec la courge butternut ou avec la courge poivrée. Elle demande environ 4 minutes de préparation et sa texture est merveilleuse. Parfait pour le lunch ou pour un goûter après une course d’hiver, une randonnée de raquette ou une journée difficile.

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Soupe à la courge sans tracas

Couper une courge sur la longueur, épépiner et placer les deux morceaux sur une plaque à biscuit couverte de papier parchemin, chair vers le bas.

Rôtir à 400F durant 50 minutes. Laisser reposer quelques minutes pour tiédir.

Retirer la chair et la mettre au mélangeur. Courvrir à peine de bouillon de poulet ou de bouillon de légumes. Mettre en purée. Assaisonner au goût. Servir, réfrigérer ou congeler.

Bon appétit!


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Demi marathon d’Ottawa: le plan

Crédit photo: Victah Sailor

L’année tire à sa fin, c’est le temps des bilans et des résolutions. J’aime les bilans, qui rappellent nos bons coups et tracent le chemin encore à parcourir – même si dans le processus, se souvenir et espérer comptent peut-être plus que le contenu. J’aime moins les résolutions, parce qu’elles sont si difficiles à tenir. Je les ai boudées durant quelques années, prétextant qu’elles ne sont bonnes qu’à abandonner (ce que les années précédentes n’avaient pas manqué de prouver), mais ce n’est pas l’attitude que je souhaite adopter en faisant mes premiers pas dans l’année 2011.

Avec 365 jours, on peut faire beaucoup, et cette perspective m’enthousiasme énormément. Puisque je suis à mon meilleur dans un contexte bien structuré, j’aime planifier ce qu’il y a à faire. Et cette année, une des choses à faire est le demi marathon d’Ottawa. Je me suis inscrite il y a quelques semaines et depuis, je pense souvent à l’entraînement qui m’y mènera.

Pour préparer le marathon de Philadelphie en 2007 (mon premier et mon seul jusqu’ici), j’ai suivi un plan d’entraînement pour débutant proposé par le magazine Runner’s World. J’étais terrorisée à l’idée de courir 42,2 Km et je doutais franchement de ma capacité à le faire, alors j’ai suivi le plan à la lettre, ou presque, et il a bien rempli ses promesses.

Lorsque je me suis inscrite au demi marathon d’Ottawa en 2008, j’avais meilleure confiance et la distance ne m’effrayait plus (un demi marathon, c’est deux 10Km et un petit sprint, non?) Puisque la vitesse n’a jamais été ce qui m’attachait à la course, les conséquences de cette confiance ont été plutôt négatives. Je n’ai pas suivi le plan, pêché comme son précédent dans les pages du magazine Runner’s World: j’ai sauté beaucoup d’entraînements, je ne me suis pas nourrie comme j’aurais dû, je n’ai pas travaillé avec un véritable but en tête. J’ai terminé la course, mais je n’ai pas rencontré ma victoire.

C’est pour cette raison que j’ai décidé de refaire le demi d’Ottawa en 2011. Je brûle de me remettre à l’entraînement, mais je reviens d’une  pause de deux ans. Je suis redevenue une débutante. Évidemment, j’ai quelques kilomètres dans les jambes et je sais au moins un peu où je m’en vais, mais puisque je reviens de loin, autant dire que je recommence à zéro.

Pour faire de cette course un succès, j’ai décidé de préparer mon propre plan d’entraînement, basé sur mes lectures et ma forme actuelle, mais surtout sur le type d’entraînement auquel j’ai envie de me soumettre. Il s’agit d’un plan de 4 courses par semaine, qui alterne des phases de travail spécifique et des périodes de récupération, et qui intègre des sessions de musculation, la pratique du yoga (dont je ne pourrai plus jamais me passer) et une journée de congé.

Il fait 22 semaines en tout, ce qui peut sembler interminable pour un demi marathon, mais dans ma situation, il faut ajouter les distances avec intelligence pour prévenir les blessures. Mes résolutions pour l’année 2011? Suivre le plan. Faire la course. Sourire en faisant l’un et l’autre. (Et beaucoup d’autres choses, qui n’ont rien à voir avec tout ça.)

Le voici donc, ce plan. (Pardonnez le jargon et l’anglais.) Si vous avez des commentaires ou des suggestions, il me fera plaisir de les lire.

Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche Total
1 5Km 

easy

XT 5Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

5Km 

easy

Rest 

Stretch

20Km
2 5Km 

easy

XT 5Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

6Km 

easy

Rest 

Stretch

21Km
3 5Km 

easy

XT 6Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

7Km 

easy

Rest 

Stretch

23Km
4 5Km 

easy

Core 5Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

5Km 

easy

Rest 

Stretch

20Km
5 5Km 

tempo

XT 6Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

8Km 

easy

Rest 

Stretch

24Km
6 5Km 

tempo

XT 5Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

10Km 

easy

Rest 

Stretch

25Km
7 6Km 

tempo

XT 5Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

10Km 

easy

Rest 

Stretch

26Km
8 5Km 

easy

Core 5Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

7Km 

easy

Rest 

Stretch

22Km
9 6Km 

tempo

XT 5Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

12Km 

easy

Rest 

Stretch

28Km
10 6Km 

tempo

XT 6Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

13Km 

easy

Rest 

Stretch

30Km
11 7Km 

tempo

XT 6Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

14Km 

easy

Rest 

Stretch

32Km
12 6Km 

easy

Core 7Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

10Km 

easy

Rest 

Stretch

28Km
13 8Km 

tempo

XT 6Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

15Km 

easy

Rest 

Stretch

34Km
14 9Km 

tempo

XT 6Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

16Km 

easy

Rest 

Stretch

36Km
15 9Km 

tempo

XT 7Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

17Km 

easy

Rest 

Stretch

38Km
16 10Km 

easy

Core 6Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

13Km 

easy

Rest 

Stretch

34Km
17 10Km 

tempo

XT 6Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

18Km 

easy

Rest 

Stretch

39Km
18 10Km 

tempo

XT 7Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

18Km 

easy

Rest 

Stretch

40Km
19 10Km 

tempo

XT 7Km 

quality

Yoga 5Km 

easy

20Km 

easy

Rest 

Stretch

42Km
20 10Km 

tempo

Core 8Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

15Km 

easy

Rest 

Stretch

38Km
21 6Km 

tempo

Yoga 6Km 

easy

Yoga 5Km 

easy

13Km 

easy

Rest 

Stretch

30Km
22 5Km 

easy

Rest 

Stretch

5Km 

easy

Rest 4Km 

walk

Rest 21.1Km 35Km


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Courir au pays de l’hiver 1 : s’habiller

Du point de vue de l’astronomie, c’est l’automne jusqu’au 21 décembre, jour du solstice d’hiver. Sauf qu’il faut porter une tuque et des gants, et qu’on occupe nos doux dimanche à pelleter des tempêtes de neige. Loin de moi l’intention de m’en plaindre, au contraire, j’aime beaucoup la saison froide. C’est le cas de tous ceux qui pratiquent des sports d’hiver, j’imagine.

Avant l’hiver 2008, mon entraînement de course passait en mode « hivernation » dès que la température allait sous les 5 degrés. Vers la fin de l’automne et pour tout l’hiver, j’allais faire la gazelle sur un tapis roulant. Si d’aventure je croisais un coureur sur la rue en février, je me disais qu’il était soit atteint d’une maladie mentale sévère, soit masochiste.

Les entraîneurs de l’équipe de Team in Training ont été les premiers à me convaincre de courir à l’extérieur entre décembre et avril. Je m’étais joint à l’équipe en vue de courir le demi marathon d’Ottawa, et l’entrainement commençait en janvier. Nous nous réunissions les samedi matin pour la longue course hebdomadaire, et nous la courions ensemble dans les rues de Montréal, beau temps, mauvais temps.

J’avais consenti à suivre le groupe de maso-fous les samedi, mais j’avais tout de même décidé de me rendre au gym pour faire les 4 ou 5 autres courses de la semaine sur le tapis, à une température confortable. Ma première course d’hiver a suffi largement à me faire comprendre mon erreur : le tapis roulant serait réservé aux jours de verglas, de froid glacial ou de grand vent.

Il y a de nombreux trucs et astuces pour rendre la course d’hiver plus agréable, mais une seule chose est absolument nécessaire : se vêtir adéquatement. Trop s’habiller fait suer démesurément et augmente inutilement l’effort à fournir, tandis que trop peu s’habiller fait frissonner et nuit à la performance. Il faut donc porter le bon type de vêtements et en quantité adéquate.

Le printemps, l’été et même l’automne, on peut courir avec ce qui nous tombe sous la main ou ce qui est un peu défraîchi dans notre garde-robe, un t-shirt de coton, des shorts qu’on ne porte plus, etc. L’hiver, il faut toutefois se résigner à porter des vêtements conçus pour l’exercice et fabriqués avec des fibres techniques (le polyester ou le polyuréthane), qui évacuent la sueur et gardent le corps au sec.

Pour assurer confort et chaleur, il faut faire l’oignon, c’est-à-dire superposer des couches de vêtements. La première, dite de base, doit être mince et coller au corps : un chandail sous-vêtement moulant et une paire de leggings, par-dessus quoi on porte, selon les caprices de Dame Nature, une couche isolante (un chandail chaud) et/ou une couche coupe-vent (un manteau et parfois même un sur-pantalon).

Une paire de gants, une tuque et des bas d’hiver couvrent les extrémités. Si le froid coupe le souffle, un cache-cou sur le nez et la bouche réchauffera l’air avant d’entrer dans les poumons. Dans tous les cas, la règle absolue est de renvoyer le coton dans le placard. Les jours ensoleillés, il ne faut pas oublier les verres fumés, puisque la neige rend le soleil particulièrement éblouissant.

Dans les pieds : les chaussures de course.

La peur d’avoir froid pousse tout naturellement à trop s’habiller, alors qu’il faut plutôt, en sortant de la maison, avoir légèrement froid. Dès que la période d’échauffement est terminée, on court alors dans des conditions idéales. L’essai et l’erreur permettront à chaque coureur d’établir la meilleure stratégie vestimentaire pour les conditions météorologiques, mais je propose ici des points de repères à titre de guide. Les gants et la tuque font partie de toutes ces combinaisons.

Vérifiez la météo au moment de sortir et ne considérez que la « température ressentie ». Si le vent souffle à plus de 15Km/h, soustrayez quelques degrés. S’il fait très soleil, ajoutez-en quelques-uns. S’il neige, admirez!

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O °C : base, coupe-vent (veste sans manches)

-7 à -12 °C : base, coupe-vent (manteau)

-12 à -18 °C : base, isolant, coupe-vent

-18 à -23 °C : base, isolant, coupe-vent (manteau, sur-pantalon ou combines sous les leggings, cache-cou sur le nez et la bouche)

-23 à -30 °C: base, isolant, coupe-vent (manteau, sur-pantalon ou combines sous les leggings, cache-cou sur le nez et la bouche, mitaines coupe-vent sur les gants) OU CHOCOLAT CHAUD DANS LE SALON.

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Essayez pour voir, vous adorerez le « scrounch-scrounch » sous vos pieds et le plein d’air frais vous fera sentir bien pour le reste de la journée. De la semaine, même. Êtes-vous convaincus?


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Rencontre avec Otto Dix

Je passe peu de temps dans les musées de Montréal, même s’ils sont à deux pas du boulot et que j’ai encore le privilège (pour peu de temps hélas) de bénéficier d’un tarif étudiant. Les expositions sont à l’affiche pour plusieurs mois, mais ne me demandez pas pourquoi, j’arrive à les laisser filer. Ça été le cas pour Sympathy for the Devil : art et rock and roll depuis 1967, au Musée d’art contemporain de Montréal en 2008, et pour l’exposition des œuvres de Van Dongen, au Musée des Beaux-Arts de Montréal l’année suivante. Cette année, je m’étais promise de ne pas manquer l’exposition des œuvres d’Otto Dix, un artiste que je connaissais peu, mais qui m’intriguait beaucoup.

Otto Dix (1891-1969) est un peintre allemand attaché au courant esthétique de la nouvelle objectivité et considéré aujourd’hui comme un des plus importants artistes du XXe siècle. Né d’une famille modeste près de Dresde, il a pris part aux hostilités des deux Guerres mondiales – la première comme volontaire, la seconde après avoir été mobilisé à l’âge de 53 ans –, en plus d’avoir échappé à l’emprise menaçante du IIIe Reich, qui a condamné (et aussi en partie détruit) son œuvre, la qualifiant d’art dégénéré. Dix avait une prédilection pour la technique des maîtres anciens et travaillait surtout l’huile sur bois, ce qui rend son œuvre difficile à conserver et à déplacer. Cela explique, au moins en partie, la raison pour laquelle son œuvre est assez peu connue.

Il faut dire, aussi, que son esthétique violente et grotesque inspire autant la curiosité que le trouble. Les âmes sensibles pourraient être choquées par la brutalité de ses tableaux, inspirés surtout de l’expérience de la guerre et de la fréquentation des prostituées. Dix représente les soldats dans toute leur monstruosité, criblés de balles au champ de bataille, arborant une attitude de carnassier dans les bordels, défigurés et mutilés au retour du combat, alors même qu’on cherchait, aux lendemains de la Première Guerre mondiale en particulier, à leur dorer une image de héros.

Dans une des premières salles de l’exposition sont présentées 50 gravures qui suscitent déjà un mélange d’horreur et de fascination chez le spectateur. Celles qui ont été réalisées pendant la guerre (la première) représentent surtout les métamorphoses du paysage, comme cette gravure où l’on voit simplement les cratères formés par les projectiles sur les champs de bataille. Les gravures réalisées à partir des années 1920 représentent plutôt l’atroce réalité de la guerre, faisant de Dix un important porteur du discours antimilitariste. L’horreur a pourtant quelque chose de séduisant, et Dix joue sur les contrastes pour donner à ses œuvres une telle ambigüité : vie/mort, lignes fines/lignes grasses, ombre/lumière, etc.

Cet effet est saisissant dans la gravure intitulée Ravitaillement près de Pilkem (1924), où l’on voit, au premier plan, des soldats rampants dans les décombres et dans l’obscurité, alors que l’arrière plan montre un soleil éblouissant, dont les rayons, tracés à la règle comme le font les enfants, hypnotisent le regard et ne peuvent empêcher d’inspirer un sentiment opposé à celui qu’inspirent les soldats et leur environnement en ruines. On ressent le même effet en regardant les nombreux tableaux où le visage lumineux et mystérieux du personnage absorbe pour ainsi dire tout ce qui l’entoure.

Les femmes, comme les soldats, ne font pas bonne figure dans l’œuvre de Dix. Les prostituées, surtout, qui ont été des personnages de prédilection pour l’artiste, passent par le filtre cru et peu flatteur de son regard. Les prostituées, qui animent l’univers de la sexualité de consommation, représentent pour Dix la déshumanisation de l’âge industriel. L’animalisation des figures féminines (et aussi de certaines figures masculines) est d’ailleurs un trait caractéristique de la production artistique de Dix. Le tableau choisi pour l’affiche officielle de l’exposition est un exemple parmi d’autres.

Dans une nudité qui est loin de les mettre en valeur, les femmes des tableaux d’Otto Dix sont au moins flétries et ridées, sinon franchement laides, avec des visages peu harmonieux, des seins pendants, un corps usé et un regard vide. L’esthétique grotesque accentue notamment les bouches, pour faire des prostituées des figures dévorantes, ricaneuses comme des hyènes, ne laissant voir de la beauté et de la délicatesse féminines que très peu de choses.

Quelques figures féminines ne sont pourtant ni risibles ni caricaturales. C’est le cas de la Petite fille devant un rideau (1922), dont l’embarrassante nudité surprend autant que sa naïveté, sa faiblesse et son malaise, qui contrastent avec l’attitude débridée et vorace des prostituées. C’est aussi le cas de deux portraits réalisés par Dix, l’un d’une cantatrice, l’autre d’une jeune fille, qui montrent des femmes correctement habillées et posant sobrement. C’est finalement le cas de la femme et de la fille de l’artiste, représentées dans un autoportrait de famille tendre et sensible.

Si vous n’avez pas encore eu la chance de faire la découverte de cet artiste, je vous conseille vivement d’aller arpenter les salles du Musée des Beaux-Arts de Montréal dans les prochaines semaines. L’exposition se termine le 2 janvier et le Musée est ouvert durant les période des fêtes. Pour vous donner un avant-goût, visitez les pages de l’exposition sur le site du Musée, qui offre plusieurs photographies des œuvres présentées. L’exposition propose de nombreux éléments de mise en contexte historique, qui paraîtront peut-être un peu didactiques à ceux qui ont une certaine connaissance de l’histoire allemande au XXe siècle, mais qui permettront sans doute aux autres de mieux comprendre la place de l’artiste dans son temps.

Allez faire un tour et donnez-m’en des nouvelles.

Photo: Puffmutter (1923), aquarelle, Otto Dix Foundation, Vaduz, Artists Rights Society (ARS), New York/VG Bild-Kunst, Bonn.


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« Relax your face »

C’est en 2008, lors d’une leçon de yoga prénatal, que j’ai entendu cette drôle de phrase pour la première fois. Je faisais mes débuts de yogi(ni) au studio de Clearlight Gerald, et comme toutes les mères en germe de la classe, je tenais une position étrange et inconfortable depuis quelques secondes déjà. Clearlight a dit, le plus simplement du monde: « Relax your face », ce qui m’a semblé pour un instant très bizarre. Aussitôt, pourtant, j’ai pris conscience de toute la tension contenue dans mon visage. J’ai décrispé.

Depuis, cette petite phrase est devenue un mantra, surtout que je me suis aperçue que l’effort physique n’était pas seul à me faire « forcer du visage ». Toutes les occasions sont bonnes, semble-t-il, pour que ma mâchoire se verrouille, que mes sourcils se froncent et que mes lèvres se serrent. Particulièrement le boulot.

Pour lire ces lignes, vous devez être devant votre écran, et si votre situation ressemble à la mienne, il est presque devenu votre meilleur ami tant vous passez du temps avec lui. Une bonne partie de la journée, peut-être, sinon quelques heures. Inutile de rabâcher tout ce que l’on sait sur cette triste situation : votre posture est sans doute mauvaise, vos yeux fatigués, votre corps noué. Votre cou n’est-il pas toujours un peu penché vers l’avant? Vos épaules courbées? Votre dos légèrement voûté?

Le visage n’est pas solitaire dans le joyeux royaume du raide et du tendu. Mon petit doigt me dit même qu’il y a des chances que vous soyez à cent lieux de la flexibilité et du décontracté (sauf les ballerines, les yogis aguerris, les junkies de relaxants musculaires et ceux qui parviennent à faire leur chemin dans le monde d’aujourd’hui sans stress et sans la solide conviction qu’il manque quelques heures à l’horloge – destinées à dormir, évidemment, mais je m’égare.)

Si vous êtes de mon « club », vous avez lu, vu et entendu beaucoup de conseils et de suggestions d’exercices pour étirer vos muscles et rétablir l’équilibre de votre posture au travail. Et comme moi, vous avez réalisé ces exercices d’étirement en moyenne 1 fois.

Puisque je n’inventerai pas la roue aujourd’hui, je vous propose simplement de détendre votre visage en suivant ces deux trucs magiques:

#1   Séparez légèrement les lèvres. Des lèvres qui ne se touchent pas ne se serrent pas et font du verrouillage de la mâchoire un projet. Il s’agit aussi d’une bonne manière de s’assurer qu’on inspire par le nez et qu’on expire par la bouche.

#2    Faire la pose du lion: photo ci-haut. L’exagération de la flexion des muscles  favorise la détente du visage. Essayez, vous verrez. Faites "roar" si vous êtes hardis.

Sinon, je vous propose, ici et maintenant, un petit exercice de détente du visage et du corps qui prendra deux minutes de votre temps. Il suffit de lire lentement ce qui suit et d’apprécier ce petit moment consacré à votre belle machine. (Oui, c’est un peu bizarre. Mais ça fonctionne vraiment, et personne ne saura que vous l’avez fait.)

1.     Décontraction des joues. Mes joues sont maintenant décontractées.

2.     Décontraction du front. Mon front est maintenant décontracté.

3.     Décontraction de la bouche. Ma bouche est maintenant décontractée.

4.     Décontraction de la langue. Ma langue est maintenant décontractée.

5.     Décontraction des yeux. Mes yeux sont maintenant décontractés.

6.     Décontraction des lèvres. Mes lèvres sont maintenant décontractées.

7.     Décontraction des oreilles. Mes oreilles sont maintenant décontractées.

8.     Décontraction de la mâchoire. Ma mâchoire est maintenant décontractée.

9.     Décontraction du cou. Mon cou est maintenant décontracté.

10.  Décontraction des épaules. Mes épaules sont maintenant décontractées.

11.  Décontraction des coudes. Mes coudes sont maintenant décontractés.

12.  Décontraction des poignets. Mes poignets sont maintenant décontractés.

13.  Décontraction des mains. Mes mains sont maintenant décontractées.

14.  Décontraction des doigts. Mes doigts sont maintenant décontractés.

15.  Décontraction de la poitrine. Ma poitrine est maintenant décontractée.

16.  Décontraction du ventre. Mon ventre est maintenant décontracté.

17.  Décontraction des hanches. Mes hanches sont maintenant décontractées.

18.  Décontraction des fessiers. Mes fessiers sont maintenant décontractés.

19.  Décontraction des jambes. Mes jambes sont maintenant décontractées.

20.  Décontraction des genoux. Mes genoux sont maintenant décontractés.

21.  Décontraction des chevilles. Mes chevilles sont maintenant décontractées.

22.  Décontraction des orteils. Mes orteils sont maintenant décontractés.

23.  Décontraction du corps. Mon corps est maintenant décontracté.

24.  Longue inspiration par le nez.

25.  Longue expiration par la bouche.

26.  Longue inspiration par le nez.

27.  Longue expiration par la bouche.

28.  Bonne journée!

Source : Ce petit rituel de relaxation est une traduction libre/adaptation d’un billet de Carole Fogarty.

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